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Activité volcanique
1er septembre 2004

La Réunion a un “nouveau” volcan. Dans un grondement assourdissant, le cratère a surgi du sol vers 2 heures hier matin.
"Brusquement il y a eu un bruit impressionnant, le cône s’est formé et il s’est mis tout de suite à cracher de la lave. Les projections s’élevaient à plus de 40 mètres", raconte l’un des gendarmes de faction au poste de sécurité.
"Une quarantaine de visiteurs se trouvaient à ce moment-là sur le sentier et à proximité de la plate-forme. Nous avons fait évacuer tout le monde sans incident", poursuit le gendarme. Le sentier a bien sûr été immédiatement fermé au public.
Le “nouveau” volcan est alimenté par une fissure qui s’est ouverte sous la falaise et donc en dessous du niveau de la mer à environ 200 mètres du cône. Les retombées des projections de lave couvrent un périmètre estimé à 80 mètres aux alentours du cratère.
Selon l’observatoire volcanologique, l’origine de la formation de ce cratère peut s’expliquer, soit par un phénomène de surpression du magma accumulé sous la plate-forme qui en contact avec l’eau aurait formé ce cratère, soit par la formation d’une nouvelle fissure éruptive dont le cône nouvellement formé constitue le point de sortie du magma.
"Ce qui est extraordinaire, ce n’est pas qu’une fissure se soit ouverte, c’est que le cône se soit formé en bord de mer et aussi loin de la première fissure située bien plus haut", notait Thomas Staudacher.
Il précise qu’un phénomène de ce type n’a jamais été rapporté ou enregistré par l’observatoire volcanologique, "et personnellement c’est la première fois que j’assiste à cela" ajoute le volcanologue qui au cours de sa carrière a eu l’occasion d’observer bon nombre de volcans partout dans le monde.
À la question de savoir si d’autres fissures peuvent s’ouvrir dans la zone et générer de nouveaux cônes, Thomas Staudacher ne cache pas "qu’après avoir vu ce que l’on est train de voir, l’on ne peut plus rien exclure". Il est plus catégorique concernant la durée de vie du cratère en bord de mer. "En général, une fois la crise terminée, un cône ne recrache pas une seconde fois. Toutefois un nouveau cône peut se créer à proximité" indique le volcanologue.
Pour des raisons évidentes de sécurité, le spectacle se joue quasiment à huis clos. Il est époustouflant, magnifique, dantesque... Les mots manquent pour qualifier l’œuvre titanesque que la nature est en train de construire.
Par intermittence, sans cycle régulier, le cône gronde et crache. Les projections de lave hautes d’une vingtaine de mètres s’accompagnent d’explosions sourdes. La crise dure entre trois minutes et une demi-heure. Les accès de colère sont aussi brusques que le retour à un calme précaire. "L’activité peut reprendre à n’importe quel moment, c’est loin d’être fini" commentait hier après-midi Jacques Trouvilliez, directeur de l’ONF (Office national des forêts). C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le sentier d’accès au site reste interdit au public.
Cela d’autant qu’un nouveau bras de lave déferle des grandes pentes vers la mer en empruntant, côté Sainte-Rose, le tracé de la précédente coulée encore chaude. Il pourrait traverser la RN2 dans les prochaines heures. Côté Saint-Philippe, cinq cascades de feu liquide continuent de se déverser dans l’océan sous les yeux de centaines de spectateurs. À noter que de nuit, le sentier aménagé par l’ONF est interdit aux visiteurs.
L’activité du trémor restant constante, rien pour le moment ne laisse présager une fin d’éruption. La configuration actuelle semble plus annonciatrice d’un phénomène s’installant dans la durée. En 1998 déjà, le Piton de la Fournaise avait grondé pendant plus de deux mois. L’épisode actuel peut durer encore plus longtemps... Le record en matière de longévité est détenu par l’un des volcans de Hawaï qui est entré en éruption en 1983 et ne s’est jamais arrêté de couler depuis.
Un volcan, deux poids et deux mesures
Le Conseil général, représenté par les vice-présidents Ibrahim Dindar et Daniel Gonthier, et l’ONF ont organisé hier matin un survol du nouveau cratère. Ils ont décidé que l’événement méritait d’être couvert par la presse.
Enfin, par une partie de la presse. RFO, Antenne Réunion et “le Quotidien” en l’occurrence. Ni “le JIR”, ni Imaz Press Réunion, ni “Témoignages” n’ont été invités. L’explication de ce comportement pour le moins antipluraliste est restée nébuleuse et pour le moins embrouillée. Il a été question de tirage au sort, de tirage de la publication... La pleine lune n’a pas été invoquée mais nous n’en étions pas loin.
Ou lorsque même le volcan peut servir de bien fumeux comportements...
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