Changement climatique

La montée du niveau de la mer s’accélère, La Réunion en première ligne

Réchauffement climatique

Manuel Marchal / 16 juin 2018

Orages et records de pluie en France, trois milliards de tonnes de glace évaporées de l’Antarctique en 25 ans : ces nouvelles alertes appellent à renforcer la sécurité du littoral. La première précaution, c’est de ne pas y construire. Ce n’est malheureusement pas ce qui se passe à La Réunion.

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Protéger les maisons menacées sur le littoral et ne plus y construire sont des priorités.

Ces dernières semaines, la France a connu d’importantes précipitations. De nombreuses rivières étaient en crue. C’était le résultat de l’accumulation de la pluie sur des sols saturés d’humidité. Plusieurs victimes sont à dénombrer, et les dégâts matériels sont considérables. Une autoroute a été inondée, tandis qu’une rame de RER a déraillé en raison de l’affaissement de la voie. Cela indique que pour ces accidents, les infrastructures et l’aménagement du territoire ne sont pas adaptés à la nouvelle donne climatique.

Interrogé par « Le Parisien », François Jobard a précisé que « la Scandinavie, les Pays-Bas, l’Allemagne ont tous connu leur mois de mai le plus chaud depuis très longtemps. Il a fait plus chaud début juin à Oslo en Norvège (32 °C) qu’à Toulouse (Haute-Garonne) ». Il indique aussi que « depuis le début du mois de juin, on a comptabilisé 103 000 impacts de foudre. C’est déjà plus que la moyenne d’un mois de juin entier. Et le mois de mai avec déjà été extrêmement foudroyé avec 183 000 impacts. C’est trois fois plus que la moyenne ! ». Les records de pluie ont été battus partout : « en région parisienne, on a connu une intensité de pluies digne des tropiques avec 36 mm en à peine une heure tombés à Orly (Val-de-Marne). Lundi en Ile-de-France, on a battu tous les records de pluie d’un mois de juin. Il est tombé entre 50 et 100 mm d’eau en 24 heures, soit l’équivalent d’un mois et demi de pluie. C’est considérable ». Et de conclure : « on pense que ces épisodes orageux risquent d’être plus intenses du fait de la hausse des températures. Car plus l’atmosphère est chaude, plus elle contient de vapeur d’eau et plus le contenu en eau précipitable est donc important. Or, depuis le 15 mai, on a systématiquement dépassé les 20 °C à Paris, sans rafraîchissement digne de ce nom, ce qui est inédit pour la saison ».

« Cette accélération va continuer »

Mais le plus dur est à venir. C’est ce qu’indique une étude parue dans la revue Nature. Depuis 25 ans, l’Antarctique a perdu 3 milliards de tonnes de glace en raison du réchauffement climatique. Pour les 84 scientifiques auteurs de l’étude, plusieurs centaines de millions de personnes sont menacées, et la prévision de l’élévation du niveau de la mer est donc à réévaluer. Selon le chercheur Jerome Moulinot interrogé hier par « France Infos », « Beaucoup d’études scientifiques montrent que ce retrait des glaciers, cette accélération va continuer, elle est inéluctable. Cette région de l’Antarctique a un fort potentiel pour continuer à contribuer fortement à l’élévation du niveau des mers ». Et de souligner que « si le phénomène s’emballe, on pourrait avoir une élévation très rapide du niveau des océans. Pas catastrophique dans le sens où ce ne serait pas un tsunami, mais ça impacterait directement toutes les populations qui vivent près des côtes, à des altitudes qui sont très basses.

Le littoral menacé

Devant ces données scientifiques, et les conséquences du réchauffement climatique en France, on ne peut qu’être inquiet pour La Réunion. En effet, les principaux investissements consentis pour notre île sont concentrés sur le littoral, la zone la plus vulnérable, là où il ne faut plus construire. Et pourtant, la Région est un très bon client de la Banque européenne d’investissement, auprès de qui elle a endetté les Réunionnais pour une improbable route en mer dont la date de livraison ne cesse de s’éloigner. Une écocité de plusieurs dizaines de milliers d’habitants est prévue à Cambaie, une plaine littorale. Cela porte à croire que les responsables de ces décisions pensent que La Réunion est le seul pays au monde qui n’est pas concerné par le changement climatique. Il est temps de se ressaisir avant l’arrivée de la catastrophe.

M.M.



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  • Nous vérons combien de temps prendrons les décideurs de l’île de la Réunion, des autres aussi pour enfin montrer l’exemple, réagir, tenir compte des informations scientifiques, donc démontrables et non partisanes, chiffres,tableaux et puisqu’on y est, témoignages garantis. Le train, TER-PEI, l’autonomie énergétique feront faire des économies indispensables pour toute la population, l’existante et celle à venir. En attendant, on continue de polluer joyeusement pour suivre la mode qui se démodera un jour, on remplie les décharges, centre ’enfouissement technques pour vite fait mal fait,faire oublier tout ce dont on a déjà acheter, usé prématurément, obsolescence programmée oblige. On appelle ça le progrès. En fait, on saccage plus que ce que l’on crée, protège,il n’y a qu’à prendre l’exemple des voitures, des tél portables, et aussi des bichiques qui ne sont plus que des souvenirs, même chers, ils ont fini par déserter les lieux, si ça ce n’est pas révélateur ? De toute façon,tout est lié, et il ne faut pas opposer écologie et économie, sinon, on va droit dans le mur. A moins que ce soit ce qu’on voulait faire alors, mais que l’on est le courage de le dire, que c’est triste de constater où nous en sommes arrivés, ce point de non retour irréversible. Arthur.

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