Témoignages - Journal fondé le 5 mai 1944
par le Dr Raymond Vergès

Accueil > Développement > Changement climatique

Lutte contre le changement climatique : les pays les plus pauvres sont les plus avancés

Les anciennes puissances coloniales, pollueurs historiques, doivent suivre l’exemple des anciens pays colonisés

samedi 30 octobre 2021, par Manuel Marchal


Les engagements importants des pays les plus vulnérables au changement climatique contrastent avec ceux bien moins ambitieux de certains des plus gros émetteurs sur la crise climatique, indique un rapport publié jeudi par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) avant les prochaines négociations sur le climat de la COP26.


Le rapport du PNUD, « L’état de l’ambition climatique », fournit une évaluation globale des engagements déjà soumis à la Convention cadre des Nations-Unies sur le changement climatique (UNFCCC) ainsi que des intentions d’ambition des pays qui prévoient encore de soumettre. Le nouveau rapport compare également les tendances actuelles à celles qui ont été évaluées dans le premier rapport NDC Global Outlook en 2019.

Le rapport montre que les pays vulnérables, qui abritent souvent les personnes les plus pauvres du monde qui sont en première ligne de la crise climatique, continuent d’être des pionniers en matière d’ambition climatique, laissant les pays les plus riches à la traîne.

En tant que pays responsables de plus des trois quarts des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), le rôle du G20 dans la lutte contre la crise climatique est important. Or, sur les 18 engagements nationaux qui ont maintenant été soumis par les membres du G20, beaucoup dépendent fortement d’objectifs à long terme et manquent encore d’ambition significative à court terme qui est nécessaire pour aider à prévenir l’augmentation inquiétante de la trajectoire mondiale des émissions de GES actuelles, estime l’ONU.

Responsables de seulement 7 % des émissions de gaz à effet de serre

Au 12 octobre 2021, les intentions d’ambition des PMA et des PEID avaient considérablement augmenté, 93 % ayant soumis des contributions améliorées, ou prévoyant de le faire (contre 42 % en 2019). Si l’on considère uniquement les intentions de réduire les émissions de GES, 86 % des PMA et des PEID ont l’intention d’augmenter leur ambition d’atténuation (contre 40 % en 2019). Cependant, le rapport prévient qu’en fin de compte, ce groupe de 78 pays n’est responsable que de 7 % des émissions mondiales de GES.

« Ces chiffres démontrent que de nombreux pays en développement à travers le monde ouvrent la voie à une action climatique décisive », a déclaré Achim Steiner, administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement. « Pourtant, la COP26 doit être le moment où toutes les nations relèvent le défi du changement climatique, en particulier celles qui sont fortement émettrices. Alors que la fenêtre pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius se rétrécit, c’est notre seule voie pour assurer l’avenir des personnes et de la planète. »

Engagements nationaux en progrès

Dans l’ensemble, le rapport contient des nouvelles encourageantes. La plupart des pays ont respecté son principe clé de réviser et de soumettre ensuite des contributions de plus en plus ambitieuses tous les cinq ans. Au total, 178 pays représentant 79,3 % des émissions mondiales de GES prévoient de soumettre des CDN améliorées, contre seulement 75 pays en 2019. Sur ce groupe, 160 pays ont renforcé leurs objectifs d’atténuation.

Parmi les autres conclusions positives du rapport figurent les approches inclusives adoptées par une grande majorité de gouvernements pour mettre à jour leurs engagements nationaux en matière de climat. Le nombre de pays, grands et petits, accordant la priorité à l’action climatique et à l’engagement citoyen n’a jamais été aussi élevé, ce qui est particulièrement impressionnant à la lumière des défis découlant de la pandémie de COVID-19, souligne l’ONU.


Centrale solaire de Mahajanga inaugurée cette année. Responsables de seulement 7% des émissions de gaz à effet de serre, les pays les plus vulnérables au changement climatique sont beaucoup plus avancés que les pays riches, pollueurs historiques, en termes d’engagements à réduire la pollution de l’atmosphère.



Un message, un commentaire ?

signaler contenu

Plan


Facebook Twitter Linkedin Google plus