Changement climatique

Réchauffement climatique : déjà un degré de plus

Faits saillants du dernier rapport de l’OMM

Témoignages.re / 9 novembre 2016

Voici quelques données concrètes publiées dans le dernier rapport de l’Organisation météorologique mondiale sur le climat entre 2011 et 2015.

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2011-2015 a été la période de cinq ans la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle de la planète et pour tous les continents, à l’exception de l’Afrique (où elle figure au deuxième rang des cinq années les plus chaudes). La température était supérieure de 0,57 °C (1,03 °F) à la normale de la période de référence (1961–1990). Jusqu’à présent, l’année la plus chaude jamais observée est 2015, lors de laquelle la température a dépassé de 0,76 °C (1,37 °F) la normale de 1961–1990. 2014, quant à elle, figure au deuxième rang des années les plus chaudes. En outre, en 2015, pour la première fois, la température à l’échelle du globe a dépassé de plus de 1 °C la normale préindustrielle.

À l’échelle de la planète, la température de l’océan a également atteint des niveaux sans précédent. La température de surface de la mer, moyennée à l’échelle du globe sur une année, a été la plus élevée depuis le début des relevés en 2015, 2014 occupant la deuxième place. Cette température était supérieure à la normale dans la plupart des régions du monde, mais en dessous de la normale dans certains secteurs de l’océan Austral et de l’est du Pacifique Sud.

Des épisodes La Niña (2011) et El Niño (2015/2016), tous deux de forte intensité, ont eu une incidence sur la température de chaque année prise séparément, sans pour autant exercer d’influence sur la tendance au réchauffement sous-jacente.

 

Glace et neige

La banquise arctique a continué de reculer. Pendant la période 2011–2015, la superficie moyenne en septembre était de 4,70 millions de km2, soit 28 % de moins que la normale de la période 1981–2010. En 2012, l’étendue minimale de la glace de mer en été (3,39 millions de km2) a été la plus faible jamais observée.

En revanche, pendant une grande partie de ces cinq années, l’étendue de la banquise antarctique était supérieure à la normale de la période 1981–2010, en particulier pour ce qui est du maximum hivernal.

La fonte en surface estivale de l’inlandsis groenlandais a continué d’être au-dessus de la moyenne et la superficie touchée était, chacune des cinq années, supérieure à la moyenne de la période 1981–2010. Le recul des glaciers de montagne s’est également poursuivi.

L’étendue du manteau neigeux de l’hémisphère Nord était nettement inférieure à la normale pour chacune des cinq années considérées et pour chaque mois, de mai à août, ce qui s’inscrit dans la forte tendance à la baisse constatée.

 

Élévation du niveau de la mer

À mesure qu’il se réchauffe, l’océan se dilate, ce qui entraîne une élévation du niveau de la mer à l’échelle tant régionale que mondiale. L’augmentation du contenu thermique de l’océan est responsable d’environ 40 % de l’élévation observée à l’échelle mondiale ces 60 dernières années. Plusieurs études ont conclu que la contribution des nappes glaciaires continentales, en particulier du Groenland et de la partie occidentale de l’Antarctique, à l’élévation du niveau de la mer s’accélérait.

Pour l’ensemble des relevés par satellites de 1993 jusqu’à nos jours, l’élévation du niveau de la mer a été d’environ 3 mm par année. À titre de comparaison, la tendance moyenne de la période 1900–2010 (sur la base des marégraphes) est de 1,7 mm par an.

 

Changements climatiques et phénomènes extrêmes

Pendant la période 2011–2015, les changements climatiques anthropiques ont augmenté la probabilité d’occurrence de nombreux phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes. Ils ont multiplié par 10, voire plus, celle des canicules.

On mentionnera dans ce contexte les températures annuelles et saisonnières record qu’ont connues les États-Unis en 2012 et l’Australie en 2013, l’été caniculaire de 2013 en Asie orientale et en Europe occidentale, les vagues de chaleur du printemps et de l’automne 2014 en Australie, la température annuelle record de 2014 en Europe et la vague de chaleur de décembre 2013 en Argentine.

Les signaux directs n’ont pas été aussi marqués pour les extrêmes pluviométriques (déficit et excès). Dans de nombreux cas, notamment les inondations de 2011 dans le sud-est de l’Asie, la sécheresse de 2013–2015 dans le sud du Brésil et l’hiver particulièrement pluvieux de 2013‑2014 au Royaume-Uni, la contribution des changements climatiques anthropiques n’a pu être déterminée avec certitude. En revanche, pour les précipitations extrêmes qui ont frappé le Royaume-Uni en décembre 2015, il a été déterminé qu’il y avait eu environ 40 % plus de risques que ce type de phénomène ait lieu en raison des changements climatiques.

Certaines incidences observées étaient liées à l’accentuation de la vulnérabilité. Une étude sur la sécheresse qui a sévi en 2014 dans le sud-est du Brésil a permis de montrer que des déficits pluviométriques de même ordre avaient été enregistrés à trois reprises depuis 1940, mais que les incidences de cette sécheresse avaient été exacerbées par une hausse nette de la demande en eau due à la croissance démographique.

Certains phénomènes observés sur de plus longues périodes, qui n’ont pas encore fait l’objet d’études officielles quant à leurs causes probables, concordent avec les projections à courte et longue échéance relatives au changement climatique. Il s’agit en particulier de la fréquence accrue de sécheresses pluriannuelles dans les régions subtropicales, comme on a pu le constater entre 2011 et 2015 dans le sud des États-Unis, dans certaines régions du sud de l’Australie et, en fin de période, en Afrique australe.

D’autres phénomènes, comme les saisons sèches inhabituellement longues et chaudes de 2014 et 2015 dans le bassin de l’Amazone au Brésil, sont préoccupants si l’on tient compte des « points de bascule » susceptibles d’être atteints par le système climatique.