Déplacements - Transports

ATR-FNAUT propose une alternative sécurisée : la route sous galerie

Après la décision de justice remettant en cause la poursuite du chantier de la route en mer

Manuel Marchal / 9 juin 2018

Si la décision de justice de la Cour d’appel administrative de Bordeaux est appliquée, alors l’approvisionnement en matériaux du chantier de la route en mer est remis en question. Les carrières projetées pour construire la digue entre la Grande-Chaloupe et La Possession se fondent en effet sur un arrêté que la juridiction administrative d’appel a annulé. Pour « pacifier le débat », gagner du temps et de l’argent, ATR-FNAUT propose de remplacer la digue par une route sous galerie. Une solution technique éprouvée qui donnera du travail aux entreprises réunionnaises.

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En haut : le projet prévu. En bas, la variante proposée par ATR-FNAUT.

L’association Alternative Transport Réunion-FNAUT a donné hier sa position à la suite de la décision de la Cour administrative d’Appel de Bordeaux qui a annulé l’arrêté préfectoral du 26 août 2014 modifiant le Schéma départemental des carrières. C’est sur la base de ce schéma modifié qu’il a été possible d’envisager l’ouverture de méga-carrières destinées à alimenter en roches le chantier de la route en mer. Pour passer outre l’opposition des populations et élus concernés, le préfet a publié un arrêté faisant de la carrière de Bois-Blanc un projet d’intérêt général (PIG), imposant à la commune de Saint-Leu de mettre son Plan local d’urbanisme en conformité avec l’ouverture prévue de la carrière.

Plus de base juridique pour les carrières

Mais avec l’annulation de l’arrêté préfectoral du 26 août 2014, c’est le schéma départemental des carrières du 22 novembre 2010 qui s’applique. Et ce dernier ne prévoyait pas de carrière à Bois-Blanc, à Bellevue, à Dioré et à Menciol. C’est sur ce point que s’appuie l’avocar de la commune de Saint-Leu pour demander au préfet d’arrêter la procédure visant à ouvrir une carrière à Bois-Blanc. Sur la carrière des Lataniers à La Possession, le Schéma de 2010 prévoit une remise en état et non pas une exploitation. C’est donc un sérieux coup d’arrêt pour le projet de route en mer. Sur près de la moitié de son parcours, le chantier confié à Bouygues et Colas comprend une digue. Cette solution technique visait à remplir le carnet de commandes de certains transporteurs. Mais sans roches disponibles, la digue n’est plus possible comme prévu. En effet, si la décision de justice est appliquée, alors il sera nécessaire de reprendre à zéro toutes les procédures, en y intégrant une donnée nouvelle : une évaluation environnementale par une autorité indépendante.
Le lancement de l’enquête publique pour la carrière de Bois-Blanc est pour ATR-FNAUT une tentative du préfet « d’y aller au culot ».

Autorisation d’occupation temporaire

L’association rappelle que l’État est impliqué financièrement dans la réalisation de la route en mer. Elle souligne que le juge d’appel « n’a pas voulu aborder la question de la modification abusive de la modification du Schéma départemental des carrière datée de 2010, ce qui aurait annulé la déclaration d’utilité publique (DUP) complète du projet ». La raison de cette prudence est liée au fait que le viaduc entre Saint-Denis et la Grande Chaloupe est déjà bien avancé. L’annulation de la DUP signifiait l’arrêt du chantier. « En ayant laissé le chantier avancer comme ils ont fait, casser la DUP devenait inopportun », souligne François Payet. D’où l’interrogation d’ATR-FNAUT : en continuant la procédure pour ouvrir la carrière de Bois-Blanc, l’État ne cherche-t-il pas à mettre la justice devant le fait accompli pour que le chantier continue, même si la procédure en question est annulée ?
ATR-FNAUT a encore trois recours en appel à Bordeaux. Le viaduc est situé sur le domaine public maritime. Pour les besoins du chantiers, l’État a permis une concession temporaire de 30 ans, c’est-à-dire une autorisation d’occupation temporaire de 30 ans. Or la Région Réunion n’a pas prévu de provisionner les fonds nécessaires pour la remise en état. « On va laisser une ruine, qui paiera la remise en état », interroge ATR-FNAUT. En effet, en mettant en vente la barge spécialement conçue pour poser les piles du viaduc, la Région se prive de l’outil nécessaire à la réparation du viaduc si une pile devant céder. ATR-FNAUT interpelle également sur la sécurité du viaduc, car il n’y a pas de dispositif de sauvetage permanent si un véhicule tombe à l’eau.

Pour une médiation

Le recours contre la convention de gestion découle de l’inaccessibilité aux matériaux. L’ordre de service a été donné. Dans les 6 mois, le groupement doit commencer le chantier. Mais après les andains, que restera-t-il ? Cela suffira peut-être pour finir la digue de Saint-Denis au viaduc, et pour le raccord du viaduc avec la Grande-Chaloupe.
ATR-FNAUT souligne qu’il faut ajouter 5 ans à la date de l’ordre de service, cela fait une livraison en 2023 de la digue à condition que les carrières eurent été ouvertes. A cela s’ajoute les délais de procédure pour la révision du SDC, et les enquêtes publiques qui doivent prendre en compte une nouvelle dimension environnementale. Tout comme l’association Latanier Nout Kèr d’Vie, ATR-FNAUT demande une enquête prenant en compte tous les aspects environnementaux de la route en mer, et souhaite qu’une médiation soit mise en place comme pour le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes.

Avantages de la route sous galerie

La mise en vente de la barge dite « Zourite » indispensable à la pose de piles indique que les promoteurs du projet ont renoncé à remplacer la digue par un viaduc. Pour sortir par le haut de cette impasse et donc terminer la route, ATR-FNAUT soumet de nouveau sa variante. C’est une route protégée sous galerie qui nécessite seulement 10 % des besoins en matériaux de la digue.
Le projet ATR-FNAUT « fait largement appel aux compétences des entreprises réunionnaises ». Cela permet de renouer avec « l’objectif de développement endogène ». Sur la partie restante à aménager entre la Grande-Chaloupe et La Possession, le risque d’effondrement massif est de 4 sur un siècle, indique François Payet. Le principe de cette variante est qu’en cas extrême, la galerie cède sans écraser les usagers. En cas d’effondrement de la falaise, ce système est prévu guider l’avalanche de galets vers la mer. Comme l’indique le schéma présenté, trois voies sont possibles dans le piège à galets actuel, en pied de falaise. La chaussée est surmontée d’une plaque de béton armée épaisse d’un mètre, soit le double de l’épaisseur des voussoirs qui soutiennent le viaduc. La chaussée côté montagne de la route actuelle est protégée par le prolongement de cette galerie. Cette variante
Ceci « permettra de ne pas gaspiller tout l’argent investi pour l’entretien de l’actuelle route du littoral ». Elle a aussi pour atout de ne pas déplacer le trait de cote. La route en galerie est aussi plus fiable qu’un ouvrage en mer, car ce type d’infrastructure a déjà été construit.
« Ce projet mobilisera moins de matériaux, moins de transport et sera bien moins cher : entre 50 et 80 millions d’euros le kilomètre en prenant en compte les raccordements alors que la digue est à plus de 133 millions le kilomètre », conclut ATR-FNAUT.

M.M.



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  • La partie digue de la nouvelle route en mer peut être réalisée si on sort du schéma traditionnel pour trouver des roches nécessaires à sa construction .Il y a beaucoup de roches sur l’île de la Réunion en dehors des carrières . Il suffit d’aller les chercher .Je rappelle les propositions que j’ai faites dans votre journal d’aller prendre les roches dans le lit des rivière et des ravines sur les falaises qui peuvent être abattues sans problèmes , de commencer rapidement des travaux routiers ou portuaires déjà prévus pour trouver des matériaux .

    La construction d’une route secondaire passant par le plateau de la montagne entre la Grande chaloupe et La possession pour rejoindre le Ruisseau blanc puis les rampes de belle Pierre par tunnel sous le Colorado devient urgente pour donner une autre alternative que le passage par le CD 21en cas de fermeture de la nouvelle route .Il faut la commencer sans tarder . Il suffirait dans un premier temps d’ouvrir une piste qui permettrait d’accéder au plateau pour aller récupérer toutes les grosses roches qui s’y trouvent ou pour aller le prendre dans le lit de la Ravine malheur juste proximité de la digue.

    Il y a aussi la possibilité de creuser tout de suite le bassin prévu pour l’agrandissement du port de la Possession ce qui permettra de disposer de matériaux de remblaiement

    Il reste encore beaucoup d’andins disponibles sur les terres agricoles qui ont été épierrées que l’on peut exploiter en respectant leur rôle de protection contre l’érosion .

    Tout récemment le président du parc national de la Réunion, monsieur Gonthier , est intervenu à la télévision pour donner son accord pour l’enlèvement des roches qui se trouvent dans les rivières et ravines situées dans le parc national .. Cet accord pourrait être confirmé parles autorité de l’Etat qui sont compétentes pour gérer les lits des rivières et ravines puisque celles ci font partie du domaine de l’Etat . Ce serait une excellente réponse la cour d’appel de Bordeau sur l’exploitation des carrières .

    Alors pourquoi remettre tout en question par ce que la cour d’appel de Bordeau a annulé un arrêté préfectoral sur les carrières .

    Quand on peut terminer ce qui a été commencé, il faut il faut choisir cette option plutôt que de choisir d’autres solutions qui demanderont beaucoup de temps supplémentaires , car il faudra faire des études techniques, passer de nouveaux marchés etcet… ce qui nous amènera aux environs de 2025 et plus pour terminer le projet ,alors qu’en le continuant tel qu’il a été prévu on devrait le terminer en 2021au plus tard .

    Les Réunionnais subissent sans brocher les innombrables bouchons provoqués par la situation actuelle , mais ils commencent avoir un raz le bol général qui pourrait déboucher sur des manifestation violentes . Car si l’économie réunionnaise décline , c’est en grande partie à cause des problèmes routiers . Il faut donc préférer les solutions qui permettent de sortir de l’impasse très rapidement plutôt que d’aller vers des solutions nouvelles qui peuvent être techniquement acceptables , mais qui nous prolongeront notre martyr sur plusieurs années ...

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  • La partie digue de la nouvelle route en mer peut être réalisée si on sort du schéma traditionnel pour trouver des roches nécessaires à sa construction .Il y a beaucoup de roches sur l’île de la Réunion en dehors des carrières . Il suffit d’aller les chercher .Je rappelle les propositions que j’ai faites dans votre journal d’aller prendre les roches dans le lit des rivière et des ravines sur les falaises qui peuvent être abattues sans problèmes , de commencer rapidement des travaux routiers ou portuaires déjà prévus pour trouver des matériaux .

    La construction d’une route secondaire passant par le plateau de la montagne entre la Grande chaloupe et La possession pour rejoindre le Ruisseau blanc puis les rampes de belle Pierre par tunnel sous le Colorado devient urgente pour donner une autre alternative que le passage par le CD 21en cas de fermeture de la nouvelle route .Il faut la commencer sans tarder . Il suffirait dans un premier temps d’ouvrir une piste qui permettrait d’accéder au plateau pour aller récupérer toutes les grosses roches qui s’y trouvent ou pour aller le prendre dans le lit de la Ravine malheur juste proximité de la digue.

    Il y a aussi la possibilité de creuser tout de suite le bassin prévu pour l’agrandissement du port de la Possession ce qui permettra de disposer de matériaux de remblaiement

    Il reste encore beaucoup d’andins disponibles sur les terres agricoles qui ont été épierrées que l’on peut exploiter en respectant leur rôle de protection contre l’érosion .

    Tout récemment le président du parc national de la Réunion, monsieur Gonthier , est intervenu à la télévision pour donner son accord pour l’enlèvement des roches qui se trouvent dans les rivières et ravines situées dans le parc national .. Cet accord pourrait être confirmé parles autorité de l’Etat qui sont compétentes pour gérer les lits des rivières et ravines puisque celles ci font partie du domaine de l’Etat . Ce serait une excellente réponse la cour d’appel de Bordeau sur l’exploitation des carrières .

    Alors pourquoi remettre tout en question par ce que la cour d’appel de Bordeau a annulé un arrêté préfectoral sur les carrières .

    Quand on peut terminer ce qui a été commencé, il faut il faut choisir cette option plutôt que de choisir d’autres solutions qui demanderont beaucoup de temps supplémentaires , car il faudra faire des études techniques, passer de nouveaux marchés qui ne seront pas forcément plus favorables que les marchés actuels , sans oublier le coût de l’indemnisation des entreprises Bouygues et Vinci qui n’oublieront certainement pas faire chiffrer le préjudice que leur causerait l ’arrêt des travaux de la digue , etcet… ce qui nous amènera aux environs de 2025 et plus pour terminer le projet ,alors qu’en le continuant tel qu’il a été prévu on devrait le terminer en 2021au plus tard .

    Les Réunionnais subissent sans brocher les innombrables bouchons provoqués par la situation actuelle , mais ils commencent avoir un raz le bol général qui pourrait déboucher sur des manifestation violentes . Car si l’économie réunionnaise décline , c’est en grande partie à cause des problèmes routiers . Il faut donc préférer les solutions qui permettent de sortir de l’impasse très rapidement plutôt que d’aller vers des solutions nouvelles qui peuvent être techniquement acceptables et peut être un peu moins cher , mais qui nous prolongeront notre martyr sur plusieurs années ...

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  • En principe l’extraction de matériau dans le lit des cours d’eau relève de la compétence de l’Etat , mais lorsqu’il s’agit de cours d’eau non navigable , celle ci pourrait relever de la compétences des collectivités locales :Région ,département et communes auxquelles s’ajoutent le parc national qui doit donner son avis sur toutes interventions concernant les communes situées dans son périmètre .

    Par conséquent si la décision d’autoriser l’extraction des roches dans le lit des rivières et ravines de notre île relevaient de la compétences de nos élus locaux il suffirait qu’ils se réunissent tous sous l’autorité du parc national pour examiner le problème et prendre la décision qui s’impose .

    Cette décision devrait à mon avis pouvoir être prise à l’unanimité et validée par les différentes assemblées territoriales avant d’être soumise au contrôle de la légalité préfectorale qui se fera un plaisir de l’approuver après avoir pris les précautions d’usages bien entendu .

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  • Si on devait opter pour cette solution ,il faudrait bien entendu d’abord vérifier que l’on pourra fournir au chantier de la digue de la route du littoral tous les matériaux nécessaires et établir un cahier des charges précis de l’opération avec une liste des sites qui seraient exploitables .

    Il y a des lits de rivière qui sont facilement accessibles et où les roches massives sont abondantes qu’il faudrait exploiter en priorité .Je pense notamment la Rivière des galets , à la rivière des pluies , à la Rivière Dumas , à la rivière Saint Etienne , mais il y a aussi des ravines facilement accessibles qui offrent une quantité de roches importante , c’est le cas de la ravine sèche dans sa partie comprise entre le Pont Payet et la plaine des Palmistes .

    Il faudrait également recenser tous les agriculteurs qui ont des andins disponibles sur leur terre et qui seraient prêts les céder pour la construction de la digue .Si on les indemnisait correctement je suis certain qu’ils seront d’accord pour participer au projet .

    Enfin si nous n’aurons plus besoin des tétrapodes de protection de la route actuelle pourquoi ne pas les réaffecter dans la construction de la digue . Ce serait déjà ça de gagné.

    S’il s’avère que nous avons suffisamment de roches et de matériau pour construire la digue prévue pour la nouvelle route du littoral Pourquoi vouloir à tout prix arrêter ce chantier ?

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