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Chantier de la route en mer : à quand une mission d’expertise ?

Déjà plusieurs lacunes dans le dossier d’enquête publique pour la carrière de Bois-Blanc

Manuel Marchal / 23 juin 2018

Une nouvelle enquête publique dans le but d’ouvrir une carrière à Bois-Blanc afin de poursuivre le chantier de la route en mer a été lancée. L’Autorité environnementale souligne d’emblée d’importants problèmes, notamment des études d’impact qui n’ont pas été effectuées. Cela confirme qu’une mission d’expertise technique et financière est plus que jamais nécessaire pour évaluer la faisabilité du projet retenu par les promoteurs de la route en mer, et avoir une estimation de ce que les Réunionnais devront réellement payer.

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Manifestation contre l’ouverture d’une carrière nécessaire à la poursuite du chantier de la route en mer.

Un arrêt de la Cour d’appel administrative de Bordeaux a annulé le schéma départemental des carrières qui prévoit l’ouverture d’une installation de ce type à Bois-Blanc. Ceci n’a pas empêché le lancement d’une nouvelle enquête publique. Le dossier a été déposé. Le « JIR » d’hier fait part des remarques de l’Autorité environnementale sur ce document.

L’institution met le doigt sur l’absence de plusieurs études d’impact. Cela concerne notamment la construction d’un échangeur sur la route des Tamarins pour éviter aux camions la traversée de Saint-Leu. Selon les informations du « Journal de l’île », un tel équipement est indispensable à l’exploitation des roches.
« De façon plus générale, le dossier ne présente pas d’actualisation de l’étude d’impact réalisée pour la création de la NRL, alors que la carrière et ses impacts constituent avec elle un seul et même projet », relève l’Autorité environnementale, citée par le « JIR ».

Ceci rappelle que la question pourtant cruciale de l’approvisionnement en matériaux du chantier de la route en mer avait été pour le moins très minimisée quand il a été question de déclarer la NRL est d’utilité publique. En effet, les impacts du chantier ne concernent pas seulement les habitants de Saint-Denis et La Possession, les deux communes reliées par ce projet de route, mais toute La Réunion. C’est ce que peuvent constater les usagers des routes quand ils croisent quotidiennement de nombreux camions transportant sans bâche des tonnes de roches qui doivent finir dans la mer.

Avant que des centaines de millions d’euros commencent à être engloutis dans ce chantier, l’Alliance et le PCR avait demandé qu’une mission d’expertise technique et financière permette de faire toute la lumière sur la faisabilité du projet. Cette mission a toujours été refusée par les deux financeurs, l’État et la Région. Rappelons que le projet du tram-train avait connu une telle expertise, passée avec succès. L’absence d’une telle mission pour un chantier de route en mer bien plus hasardeux que la reconstruction du chemin de fer interroge.

Sans doute aurait-elle permis de soulever tous les problèmes d’un chantier qui tourne au fiasco, notamment celui de l’approvisionnement en matériaux qui n’était pas garanti au moment où les fonds publics ont commencé à être engagés massivement. Ces besoins énormes sont la conséquence d’un choix technique, celui de la digue. Ce choix avait pour but de remplir les carnets de commande de certains transporteurs. Il montre aujourd’hui toutes ses limites. Cela a conduit la Région a reconnaître ellle-même qu’elle sera dans l’incapacité de livrer la route à la date prévue. Il reste la possibilité de tenter de terminer la partie en viaduc entre Saint-Denis et la Grande Chaloupe avant 2021, c’est-à-dire avant les prochaines élections régionales, le reste du chantier étant dans l’incertitude car il dépend de carrières qui n’existent pas.

Plus que jamais, il est temps de remettre les choses à plat en faisant évaluer le projet par une mission indépendante. Chacun doit savoir, et notamment celui qui paie, c’est-à-dire les Réunionnais, qu’ils aient ou pas une voiture.

M.M.



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  • Que l’on soit d’accord ou pas sur le tracé de la nouvelle route du littoral ,il est un peu tard pour le remettre en question .Les travaux sont commencés depuis longtemps et ont déjà coûté des sommes colossales .Les arrêter aujourd’hui seraient à mon avis une folie qui nous couterait beaucoup plus cher que ce qui a été prévu et retarderait considérablement la date de la livraison de l’ouvrage qui devient de plus en plus nécessaires l’économie réunionnaise .

    Le fait que les autorités judiciaires aient annulé le schéma de carrières ne devrait pas stopper complétement les travaux en cours . Certes si on ne peut pas trouver les pierres nécessaires à la digue il faut adopter une autre solution qui pourrait consister remplacer la digue par un Viaduc passer par un tunnel ou par les hauts ou encore au pied de la falaise avec un dispositif de protection contre les chutes de pierres . Mais défaut de pouvoir prendre les roches massives dans des carrières pourquoi ne pas aller les prendre dans le lit de nos ravines et de nos rivières comme le suggérait la télévision le président du parc National monsieur Gonthier .

    Dans toutes les rivières et ravines de l’île il y a des roches massives mais certaines sont plus fournies que d’autres et plus faciles d’accès . Il faudrait donc que les autorités compétentes pour la gestion des cours d’eau de la Réunion se concertent rapidement pour établir une liste des rivières et ravines où l’on peut trouver des roches massives qui peuvent être extraites rapidement et pour déterminer les conditions de cette extraction .

    On pourrait profiter de la saison sèche pour réaliser l’extraction des roches qui seraient stockées sur les bords des sites d’extraction pour être acheminées le moment venu par les transporteurs vers le chantier de la Digue .

    Cette solution nous permettrait au moins d’avancer et si les roches extraites de nos rivières et ravines n’étaient pas suffisantes elles pourraient être complétées par celles de nos carrières qui d’ici un an seront probablement autorisées par les tribunaux si on revoie leur implantation et les conditions de fonctionnement qui devraient en tout état de cause préserver l’environnement et ne pas nuire la santé des populations qui se trouvent proximité .

    Pour ma part je pense qu’il faudrait que notre projet de route du littoral avancent rapidement car les réunionnais sont en souffrance depuis longtemps mais aussi parce que les entreprises qui ont obtenu les marchés pourraient rompre leur contrat pour non respect des conditions prévues et nous demander des grosses indemnités . Ce qui serait dramatique pour tout le monde.

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  • Une idée, mettre de côté les gravas issus de la route actuelle, qui date de 1976, en pleine époque disco, psychédélique, qui sera démolie lorsque la NRL sera terminée, puis les transporter, polluer donc un peu plus l’île pour aller combler avec, les énormes trous issus eux des carrières exploitées, puis compléter par des déchets, ça ne manque pas et certainement il va y en avoir de plus en plus, c’est certain, vu le système de gaspillage qui se développe silencieusement. Ensuite, il ne restera plus qu’à rajouer de la terre végétale, d’origine volcanique, qui est un très bon engrais naturel et local pour une fois. Et ensuite, planter pour avoir de l’oxygène, des arbres pour avoir de l’ombre, des plantes à fleurs locales, mieux encore endémiques voire encore mieux, soyons utopiques, créer des jardins familiaux, qui sont finalement des lieux de liens, de réseaux sociaux utiles. Luttons contre les importations à outrance, et vive les produits locaux "PEI", comme on espère le TER. Bon WE Arthur.

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