Déplacements - Transports

Forte mobilisation à Bois-Blanc

Après l’avis du commissaire enquêteur en faveur de la carrière

Manuel Marchal / 10 septembre 2018

L’avis favorable et sans réserve du commissaire enquêteur à la carrière de Bois-Blanc n’a fait que renforcer la mobilisation contre ce projet présenté comme indispensable à la réalisation de la route en mer dite NRL. Plusieurs milliers de personnes étaient hier entre la Ravine du Trou et celle des Avirons pour faire une chaîne humaine de bien plus d’un kilomètre. Une fois de plus, le chantier de la route en mer est à l’origine d’une des plus importante mobilisation pour la protection de l’environnement jamais organisée à La Réunion.

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Pour la 3e année consécutive, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées hier à l’appel de Touch pa nout roche entre la Ravine du Trou et celle des Avirons pour s’opposer au projet de carrière à Bois-Blanc. Présentée comme indispensable à la poursuite du chantier de la route en mer dite NRL, il s’agit en fait d’une méga-carrière de 50 hectares, de part et d’autre de la Route des Tamarins. L’objectif est d’en extraire des roches massives. Pour cela, de nombreux tirs d’explosif seront nécessaires pour creuser le sol sur des dizaines de mètres de profondeur.

La mobilisation d’hier avait lieu dans un contexte encore plus alarmant que les deux années précédentes. En effet, les défenseurs de l’environnement avaient remporté une grande victoire en juin dernier : la Cour administrative d’appel de Bordeaux a en effet annulé le Schéma départemental des carrières autorisant l’ouverture d’un site d’extraction à Bois-Blanc. Cette décision plaça les promoteurs du chantier et ceux qui ont cru aux promesses de Didier Robert, président de Région, dans une situation intenable. En effet, ce dernier avait fait croire aux patrons transporteurs qu’ils allaient pouvoir tirer de grands profits en investissant dans des camions destinés à transporter des roches pour construire une digue en pleine mer entre La Possession et La Grande Chaloupe. Or, les ressources en matériaux nécessaires pour cette digue ne sont pas disponibles à La Réunion, à moins d’ouvrir des méga-carrières à plusieurs dizaines de kilomètres du chantier. Cela amène des impacts considérables pour toute La Réunion, impacts dissimulés dans l’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique du chantier de Didier Robert, des majors du BTP et des transporteurs qui ont raflé pour plus d’un milliard d’euros de marché jusqu’à présent.

Mobilisation à saluer

A peine la décision de la Cour d’appel rendue publique, l’État a continué de soutenir la fuite en avant de la Région en lançant une nouvelle enquête publique pour l’ouverture d’une carrière à Bois-Blanc. Contre toute attente, l’Agence régionale de Santé opposée au projet initial est devenue un soutien à la carrière de Bois-Blanc alors que les nuisances pour les centaines de milliers de Réunionnais situés sur la route des camions ou près de la carrière seront les mêmes. Enfin, défiant toute logique environnementale et sanitaire, le commissaire enquêteur a donné la semaine dernière un avis favorable et sans réserve à ce projet.

Dans ces conditions difficiles, le succès de la mobilisation d’hier est à saluer. Il montre qu’il existe à La Réunion un esprit de résistance contre les décisions qui visent à privilégier la quête du profit immédiat d’une infime minorité au détriment de l’intérêt général. Fidèle à ce principe, le Parti communiste réunionnais a soutenu l’initiative avec une délégation aux côtés des manifestants. La présence de Gilles Leperlier et de Jessie Caro, candidats soutenus par le PCR à la législative partielle de la 7e circonscription, a également rappelé que la question de cette carrière est une préoccupation environnementale essentielle dans la prochaine élection.

Un combat de Paul Vergès

Les milliers de manifestants d’hier ont souligné le ras-le-bol face à la politique du fait accompli qui est la marque de fabrique des différentes étapes du chantier de la route en mer. Si les partisans de ce chantier d’arrière-garde affirment que la carrière de Bois-Blanc est indispensable à sa réalisation, alors ils doivent prendre conscience que cette route en mer ne pourra pas se faire car elle se heurtera à une résistance toujours plus conscientisée et organisée. Ils devront envisager une autre solution pour sortir de l’impasse dans laquelle ils se sont mis en entraînant l’État dans cette aventure. La défense de l’environnement est une priorité qui doit passer avant les intérêts financiers de majors qui viennent piller les richesses du pays. Ce fut un des combats menés delongue date par Paul Vergès, et il est plus que jamais d’actualité.

M.M.



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  • Vive le train, un "TER PEI" électrique, pourvoyeur d’emplois durables en lieu et place de cette pollution grandissante, sonore, visuelle, sanitaire, accidentogène, à quand une pétition pour son retour entre St Joseph et St Benoît ? C’est dramatique. Pathétique même si on entend encore que c’est pas possible, trop cher, et pourquoi pas proclamer que l’avenir de l’île c’est encore plus de bagnoles ? Ce serait courageux et fou à la fois, mais on a le droit d’avoir des convictions, même folles et surtout de changer d’opinion, de réaliser qu’on va droit dans le mur si on ne change rien, pire si on persiste à poursuivre cette folie. Triste époque. La journée d’hier participe à un peu d’espoir, poursuivre est un devoir, pour la Vie. Arthur.

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