Déplacements - Transports

L’après Route des Tamarins est encore à construire

Philippe Berne et les 10 ans de la Route des Tamarins

Manuel Marchal / 25 juin 2019

Intervenant hier sur Réunion Première, Philippe Berne, ancien vice-président de la Région Réunion en charge notamment du chantier de la Route des Tamarins, a rappelé que la livraison de cet important équipement n’était que la première étape dans l’amélioration des déplacements à La Réunion. Devaient suivre le tram-train et la nouvelle route du littoral, deux chantiers stoppés avec pour conséquence l’absence d’amélioration des conditions de circulation à La Réunion, voire une dégradation.

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Hier, au lendemain du 10e anniversaire de la Route des Tamarins, Philippe Berne, ancien vice-président de la Région en charge de ce chantier, est revenu sur cet événement dans le journal radio de 7 heures de Réunion Première.
Philippe Berne a tout d’abord rappelé l’avant-route des Tamarins : la situation « infernale » vécue par les usagers de la route en raison des embouteillages le long de la route longeant le littoral et passant dans les stations balnéaires. Il a ensuite évoqué la question de l’aménagement du territoire comme force de ce projet, afin de sauvegarder le littoral et irriguer les agglomérations de moyenne altitude.

Mais pour Philippe Berne, les objectifs de départ n’ont pas été atteints, car « la Route des Tamarins était une étape dans l’amélioration des déplacements à La Réunion et l’étape suivante qui a malheureusement été arrêtée c’était le tram-train et de sécuriser la route du littoral. Donc il y a encore un chantier important à réaliser ».
Rappelons que la Route des Tamarins était aussi l’amorce d’une route circulaire de moyenne altitude visant à relier les agglomérations de mi-pente, qui peuvent accueillir la majorité de l’accroissement de la population de La Réunion.

Un chantier inachevé

Mais faute de poursuite des chantiers prévus dans le Protocole de Matignon signé en 2007 entre la Région et l’État, la Route des Tamarins est devenue le lieu d’importants embouteillages chaque matin qui commencent dans la descente vers le centre-ville de Saint-Paul, tandis que l’après-midi, l’embouteillage commence à la sortie de la route du littoral et se prolonge près de l’entrée de la Route des Tamarins. Ce sont chaque jour des heures de perdues, comme avant la construction de la Route des Tamarins.
Dans son intervention, Philippe Berne rappelle donc que d’autres chantiers restent à accomplir afin de réaliser les objectifs prévus lors de la construction de la Route des Tamarins.

Dans les conditions actuelles, cela suppose une importante remise à plat car une grande partie des investissements publics se concentrent sur une improbable route en mer qui ne sera sans doute qu’à moitié achevée pour les prochaines régionales. Ce projet subit les turpitudes de ses promoteurs qui ont démarré le chantier sans avoir la certitude de disposer des matériaux pour le terminer.
Cela explique pourquoi l’État est appelé à la rescousse pour obtenir l’ouverture de carrières situées à des dizaines de kilomètres du chantier, malgré la plus forte opposition jamais rencontrée à La Réunion vis-à-vis d’un projet ayant obtenu la déclaration d’utilité publique de la part de l’État.

10 ans après

L’ouverture de nouvelles carrières est compromise, d’une part par un jugement suspendant celle de Bois-Blanc, et d’autre part par l’annulation du Schéma départemental des carrières incluant des sites nouveaux destinés à alimenter en galets le projet de route en mer. L’État tente alors un tour de passe-passe juridique en cherchant à inclure dans le Schéma départemental des carrières en date de 2010, et qui s’applique donc toujours aujourd’hui, les carrières voulues par les partisans de la route en mer.

Voilà où en est La Réunion, 10 ans après l’ouverture de la Route des Tamarins. Ces 10 années semblent faire revenir notre île au point de départ, en raison notamment de l’importation de plusieurs centaines de milliers de voitures pendant cette période. Sans doute la mise en service du tram-train comme aurait pu infléchir cette croissance qui mène La Réunion dans l’impasse en raison de sa géographie : île montagneuse de 2500 kilomètres carrés, où se concentre sur la frange littorale la majeure partie d’une population qui atteindra le million d’habitants.

M.M.



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  • Osons le top ! Transports ferrés gratuits, de St Joseph à Ste Rose, et suspendus de même, pour rejoindre les hauts : le cirque de Claos depuis St Leu, celui de Mafate depuis La Possession et de Salazie depuis la Rivière des Roches St Benoît, le tout, aliménté en énergie électrique provenant de la houle, du soleil, du vent et surtout de la géothermie, comme le fera bientôt la Guadeloupe, et déjà depuis longtemps la Nouvelle-Zélande, l’Islande, le Japon où va se rendre notre président cette semaine pour honorer le nouvel empereur, bref, si onveut vraiment changer, les choses, modifier le cap qui nous mène tout droit dans le mur, en toute connaissance de conséquences.
    Il faut modifier les choses grandement, oser le changement, quitte à déranger. C’est l’avenir du département-région celui de notre planète finalement même à plus petite échelle ici, mais c’est pas grave.
    Ainsi, la Réunion sera en avance sur son temps aura su réagir en osant faire ce qu’aucun territoire, à ma connaissance aura fait avant. Osons donc, et ce sont les futures générations, celle des enfants déjà nés, que l’on croise dans les rues, les plages, les familles qui nous remerciront, sans oublier celles à naître, vive les bébés réunionnais, dans un air pur, loin de nos déchets qui encombrent les rivières, les ravines, les décharges et autres "centres d’enfouissement techniques", buerk, on étouffe ici, ça pue, ça chauffe, ça promet aussi si on ne fait rien, Osons ! Arthur.

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