Déplacements - Transports

L’urgence d’une nouvelle route de Cilaos

Pour que la population et les touristes aient droit à un itinéraire sécurisé

Manuel Marchal / 27 janvier 2018

À cause d’un nouvel éboulis, la route de Cilaos est de nouveau totalement fermée. Même les convois ne peuvent plus passer. Cela rappelle l’urgence de construire une nouvelle route de Cilaos. Gestionnaire de cette route, la Région reste bien silencieuse alors qu’elle doit faire face à ses responsabilités pour protéger la population et les centaines de milliers de touristes qui empruntent cette route du risque d’accident à cause des chutes de pierres.

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En raison d’un nouvel éboulis survenu hier après-midi, la circulation est interdite jusqu’à nouvel ordre sur la route de Cilaos. C’est ce qu’explique un communiqué de la préfecture dont voici un extrait :

« Un nouvel éboulis survenu en ce début d’après midi interdisant à nouveau l’accès à la RN5, les services gestionnaires s’attellent une nouvelle fois à rétablir la circulation dès que possible. Jusqu’à nouvel ordre, il n’y a pas de convoi possible sur la RN5. (…) Dès lors que les travaux en cours par la direction régionale des routes le permettront, un système de convois quotidiens sera établi. (…) Ces convois seront encadrés par les polices municipales et la gendarmerie nationale ; ils seront soumis systématiquement à une validation préalable par l’autorité gestionnaire des routes et seront donc susceptibles d’être annulés en cas de danger pour la sécurité des personnes. »

Cette décision confirme qu’il faudra attendre longtemps avant que la circulation puisse de nouveau être rétablie sur la route de Cilaos. Pour sa part, le Rectorat a annoncé le report au 5 février de la rentrée scolaire pour les écoles du cirque, ainsi que pour des élèves fréquentant des établissements de Saint-Louis.

Ces informations confirment la fragilité du seul lien de désenclavement offert à la population de Cilaos, et de la seule possibilité pour les touristes de rejoindre ce lieu très touristique. En raison de ces difficultés de circulation, des travailleurs sont au chômage technique. Aucune entreprise liée au tourisme ne peut fonctionner.

Que fait la Région ?

Cette situation intervient après le passage au large d’une tempête tropicale. Ce ne sera pas la dernière, car il faut rappeler que notre île se situe dans la zone d’évolution des cyclones. La route de Cilaos sera donc toujours sous la menace des chutes de pierre et des effondrements. Il est donc urgent de travailler dès maintenant à une alternative.

Le gestionnaire de cette route est la Région. Elle reste bien silencieuse sur cette question or il est évident qu’il est nécessaire de construire une nouvelle route de Cilaos. Cela démontre la nécessité de ne plus concentrer l’essentiel des crédits d’investissement sur une route en mer à la réalisation bien incertaine. Responsable de la route de Cilaos, la Région doit consacrer les fonds nécessaires à la réalisation d’un itinéraire sécurisé afin de protéger la population.

Salazie concernée

Lors de sa conférence de presse mercredi, le PCR a rappelé une proposition : construire une route reliant Cilaos à la Plaine des Cafres par le Coteau. Ceci permettra aux habitants du cirque et aux centaines de milliers de touristes potentiels d’avoir droit à une liaison sécurisée.

Le PCR a également rappelé que Salazie est également concernée par le même risque de blocage que Cilaos. Là aussi, la recherche d’une liaison sécurisée impose des investissements coûteux. Ils ne sont pas à la portée du gestionnaire, le Conseil départemental. Lors de son avant-dernière séance plénière, le Département avait en effet voté une motion de la majorité où il demandait que la route de Salazie devienne une route nationale, avec donc un entretien financé par la Région.

Pour un Office des routes

Intervenant lors du débat, Maurice Gironcel avait plaidé pour une solution alternative : un Office des routes de La Réunion.

Mercredi, le PCR a réitéré cette proposition. L’Office des routes deviendrait le gestionnaire unique des routes nationales, départementales et communales. C’est un moyen de mutualiser les moyens, et de simplifier l’administration. Ainsi, chaque collectivité pourra contribuer à la hauteur de ses capacités au financement de cet Office des routes. Le PCR rappelle qu’il existe déjà à La Réunion un Office de l’eau.

M.M.



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Messages






  • Tous les hauts de l’île de la Réunion ayant été classés patrimoine de l’humanité par l’UNESCO en 2010 il n’y a pas seulement urgence à désenclaver le cirque de Cilaos mais il faut aussi mettre tout en œuvre pour valoriser ce patrimoine et permettre aux touristes du monde entier de venir l’admirer .

    Pour cela il faut bien entendu créer un nouveau réseau routier qui rende accessible facilement tous les sites magnifiques de notre patrimoine mondial , pas seulement Cilaos mais aussi Mafate et Salazie . Ces trois cirques devraient être reliés entre eux par une nouvelle route qui partirait de La rivière des galets et qui arriverait à Cilaos en passant sous les trois salazes et qui rejoindrait la le cirque de Salazie du côté du col de la Fourche au dessus de Grand Ilet .Et une liaison entre Cilaos et la RN3 en passant par le coteau Kerveguen permettrait une nouvelle transversale de l’ile entre le Nord et l’Est.

    Ces travaux permettraient de donner du travail aux entreprises de travaux publics actuellement au bord du gouffre et d’ouvrir d’autres perspectives pour l’exploitation du domaine forestier des hauts mais également du potentiel agricole des trois cirques. On pourra envisager également une exploitation du potentiel hydroélectrique des rivières des trois cirques rendues accessibles par le nouveau réseau routier .

    Quant aux financement des travaux , il ne devrait pas être insurmontable si toutes les collectivités territoriales concernées acceptent d’y contribuer et si l’Etat et l’Union européenne se sentent également concernés , car le classement d’une région au patrimoine de l’humanité devrait également générer des obligations financières à leur niveau .Et comme la réunion fait partie du patrimoine mondial de l’humanité ,pourquoi ne pas envisager également un financement d’une ou plusieurs organisations internationales qui pourraient intervenir pour la mise en valeur de ce patrimoine ?

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