Déplacements - Transports

Route de Cilaos : à quand un itinéraire sécurisé ?

Nouvel éboulis, un drame évité de justesse

Manuel Marchal / 8 janvier 2018

Des roches sont tombées sur des voitures circulant hier sur la route de Cilaos. Fort heureusement, seuls des dégâts matériels sont à dénombrer. Ce drame évité de justesse rappelle que la question de la sécurisation de la route de Cilaos reste un chantier à lancer.

JPEG - 82.6 ko

Construite en pied de falaise, la route de Cilaos est le seul itinéraire reliant le cirque au littoral. Son tracé visait à valoriser les terrains d’un propriétaire foncier de l’époque, au détriment de l’intérêt général. 80 ans après son inauguration, il n’a pas changé alors qu’il montre chaque jour sa dangerosité. C’est pourtant le passage obligé pour les habitants de Cilaos qui doivent se déplacer en dehors de la commune pour rechercher un emploi, travailler ou aller à l’école. C’est aussi le seul moyen de se rendre à Cilaos pour les touristes. Cette route enregistre donc plusieurs centaines de milliers de passages par an.

Sa structure fait d’elle un itinéraire très dangereux en raison des chutes de pierres. Un pan de falaise peut même s’effondrer. Plusieurs personnes ont déjà perdu la vie. Sur un secteur particulièrement exposé, la route a été déviée près du lit de la rivière, mais cette solution n’est pas envisageable partout. Cette route est donc impossible à sécuriser.

La route en mer passe avant

C’est pour cette raison que des projets avait été lancé, il était question d’un tunnel. Rendre la route de Cilaos sûre à 100 % suppose des investissements considérables. C’est une route nationale, elle est sous la responsabilité de la Région. C’est donc à cette collectivité de mobiliser les financements nécessaires. Or le projet de la route en mer reste la priorité pour la Région Réunion. Cela se fait au détriment d’autres investissements. Ainsi depuis bientôt 8 ans, cette collectivité n’a réussi à faire sortir de terre qu’un seul lycée, alors qu’avant 2010 le rythme était de deux tous les trois ans. Même constat du côté des investissements routiers. La seule livraison importante, celle du pont de la rivière Saint-Etienne entre Saint-Louis et Saint-Pierre, était un chantier déjà bien avancé quand un changement de majorité eut lieu en 2010 au Conseil régional.

Plus largement, le BTP ne peut que constater qu’en dehors du chantier de la route en mer, son chiffres d’affaires ne cesse de baisser. C’est la conséquence de choix politiques, dont celui de consacrer au moins 2 milliards d’euros à la réalisation d’une bien hypothétique route en mer.

Population prise en otage

Pendant ce temps, les usagers de la route de Cilaos continue de risque quotidiennement l’accident en raison de la menace des chutes de pierres. Des réparations d’urgence imposent des fermetures totales comme cela a été encore le cas la nuit dernière. Mais elles ne règlent pas le problème. Cette situation n’est sans doute pas étrangère au manque de développement du cirque de Cilaos. Le seul lien pour son désenclavement est en effet une route tortueuse et exposée aux chutes de galets. Cet itinéraire n’est pas adapté à la situation, car la force de la gravité continuera toujours à faire son œuvre. C’est une population qui est prise en otage du fait du manque de financements pour régler une question élémentaire de sécurité. L’urgence est donc d’agir pour ne plus que des milliers de personnes cessent de prendre des risques tous les jours uniquement pour se déplacer. Mais pour envisager rapidement une issue à ce problème, une nouvelle politique est nécessaire.

M.M.



Un message, un commentaire ?



Messages






  • Il y a un projet là aussi, de téléphérique. Il devrait relier les communes de Cilaos et de St Leu. Comme pour les 5 prévus à St Denis, on aurait pu faire cela depuis longtemps. La société Poma, française est très connue dans ce domaine, initilement pour les stations de sports d’hiver dans les Alpes, les Pyrénées. Brest vient de lancer le sien, première construction de ce type en ville en France. J’espère que nous aurons là aussi notre mot à dire, comme à St Denis, vive la démocratie participative et les transports autres que routiers comme le vélib, le train TER-PEI, les téléphériques, le partage, l’humanisme.......... ! Arthur.

    Article
    Un message, un commentaire ?