Déplacements - Transports

Route en mer : exigence de transparence

Proposition d’une expertise économique, financière et environnementale du projet de Didier Robert

Manuel Marchal / 21 février 2019

La recherche d’alternatives au projet actuel de route en mer rassemble. Et ce rassemblement met en avant une exigence forte du mouvement social commencé le 17 novembre à La Réunion : la transparence. D’où la proposition d’une expertise économique, financière et environnementale du projet de Didier Robert. Le mouvement des gilets jaunes a montré une Région Réunion apparemment soucieuse d’intégrer les citoyens dans l’élaboration des décisions, la collectivité a donc une occasion de mettre ses actes en cohérence avec sa communication.

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L’impasse du chantier de la route en mer est aujourd’hui manifeste. En effet, malgré toutes les campagnes de publicité, tout le monde peut constater que la partie entre la Grande-Chaloupe et La Possession n’a pas avancé depuis plusieurs années. Et pour cause : le promoteurs du chantier ont engagé les fonds publics sans avoir la certitude de disposer des matériaux nécessaires pour construire la route.

Avec la complicité de l’État, la Région tente de venir en aide aux multinationales bénéficiaires du marché en poussant à l’ouverture de nouvelles carrières situées à des dizaines de kilomètres du chantier. Cela a suscité des protestations. Ainsi, les chaînes humaines contre l’ouverture d’une carrière à Bois-Blanc ont été les plus importantes manifestations pour la protection de l’environnement jamais organisées à La Réunion. Les collectifs de riverains et les associations de protection de l’environnement et de défense des usagers des transports se sont rassemblés dans un Collectif contre la Digue que Didier Robert a reçu lundi dernier. Pour faciliter la sortie de crise par la recherche d’alternatives visant à permettre la poursuite du chantier, ce collectif plaide pour une expertise économique, financière et environnementale du projet de route en mer.
Ce que qu’a précisé ce lundi, le Collectif contre la Digue, dans une lettre adressée à Didier Robert, président de la Région, dont voici quelques extraits :

« A l’heure où la première tranche de la NRL, et en particulier la partie « viaduc » se termine, les retards et difficultés inhérents à la partie « digues » s’accumulent.
La NRL est considérée comme la route la plus chère du monde (133 millions d’euros par kilomètre) et à ce titre, elle engage financièrement les Réunionnaises et les Réunionnais pour plusieurs générations.
Les Réunionnaises et les Réunionnais ont donc le droit à la transparence réelle sur le coût effectif total de ce chantier, non seulement sur le plan économique et financier, mais également sur le plan environnemental au sens large.
Dans ce contexte, et en cohérence avec votre engagement en faveur d’une plus grande transparence de la vie publique et de l’utilisation des fonds publics (cf votre discours du 30 novembre 2018 dans le cadre de la crise des Gilets Jaunes), nous vous demandons de faire un point sur la situation actuelle du chantier.
Si les surcoûts financiers sont déjà connus, les surcoûts environnementaux peuvent encore être évités, car ils seraient irréversibles.
Monsieur le Président, pour terminer cette route dans les meilleures conditions, il est encore temps d’éviter le pire en choisissant une autre solution plus satisfaisante pour ce tronçon entre la Grande Chaloupe et la Possession. De nombreux experts, dont ceux du CNPN vous y engagent.
Nous vous demandons, donc, de faire procéder à une tierce expertise qui donnera un éclairage indépendant définitif sur les contraintes réelles et les possibles options pour la fin du chantier. »

Manifestement, la recherche d’alternatives au projet actuel de route en mer rassemble. Et ce rassemblement met en avant une exigence forte du mouvement social commencé le 17 novembre à La Réunion : la transparence. Gageons que cette exigence démocratique soit respectée dans un chantier qui engage les Réunionnais pour plusieurs générations.

Rappelons que le mouvement des gilets jaunes a montré une Région Réunion apparemment soucieuse d’intégrer les citoyens dans l’élaboration des décisions. Cela s’est traduit par la proposition d’un Conseil citoyen et la création d’une plate-forme numérique de concertation. La collectivité a donc une occasion de mettre ses actes en cohérence avec sa communication. Saura-t-elle la saisir ?

M.M.



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Messages






  • lorsque le chantier de la nouvelle route en mer a démarré en 2014 les marchés qui ont été signés prévoyaient un engagement financier de 1milliard et 650 millions et il me semble que depuis le début des travaux le conseil régional a voté plusieurs rallonges budgétaires qui portent actuellement le cout du projet à 2 milliards et 4 cents millions d’euros . Ce qui nous fait un coût au kilomètre de 240 millions d’euros et non de 133 millions comme vous l’indiquez .

    C’est déjà énorme et beaucoup trop chers pour les moyens des réunionnais .Mais si on continue sur la lancée prévue c’est un chantier qui nous coutera au moins 3milliards d’euros soit 300 millions d’euros le Kilomètre ;auxquels il faudra encore ajouter le coût de la traversée de Saint Denis ; qu’elle soit faite en tunnel, comme le propose Gilbert Annette , ou en viaduc jusqu’au Butor ou encore par le boulevard sud avec remplacement des carrefours à rondpoint et feux rouges par des échangeurs , avec tous ces travaux complémentaires qui sont absolument nécessaires si on veut réellement fludifier le trafic lors de sa traversée de Saint Denis notre nouvelle route nous coutera au moins 4 milliards d’euros une fois tous les travaux terminés .

    C’est vraiment beaucoup et vous avez parfaitement raisons d’exiger que d’autres solutions que la continuation des travaux tels qu’ils ont été prévus soient examinées de manière réduire sensiblement leur cout. Mais je pense qu’il faut aussi intégrer dans la réflexion tous les travaux qui sont nécessaires pour la traversée de Saint Denis de manière ce que les usagers puissent partir de Saint Benoit jusqu’à Saint Pierre d’une seule traite sans être obligés de s’arrêter pour traverser une ville .

    Il y a bien entendu plusieurs solutions : notamment modifier les conditions d’approvisionnement des matériaux de la digue comme je l’ai proposé dans mon intervention d’hier, mais aussi envisager un passage en deux tunnels de 9 mètres de diamètre ou un passage sur le plateau entre La grande chaloupe et La Possession, et bien entendu une solution moins couteuses que celle qui est retenue par la municipalité pour la traversée de Saint Denis .

    Selon les Chiffres qui ont été avancés , la solution de Gilbert Annette pour traverser Saint Denis couterait aux environs de 800 millions d’euros après actualisation .On pourrait essayer de faire moins cher et préserver le patrimoine historique que constitue zone du Barachois . La création d’échangeurs sur les boulevards sud et nord et la continuation du viaduc au moins jusqu’au Butor devraient nous couter moins cher que les 800 millions que l’on envisage de mettre dans une traversée du Barachoix par tunnel . Et même si ce que je propose devait coûter autant ou un peu plus cher les avantages qu’ils procurent tous les automobilistes et la population Dionysienne justifierait amplement son choix .

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  • Quel gachis toute cette affaire, pour pas dire, un contre-exemple ! Car mis à part ce record de dépense prévue et largement supérieure à celle prévue au départ, comme souvent finalement dans le BTP même sous la latitude de l’île de la Réunion, une fois achevé, ce projet gigantesque ne règlera pas du tout le problème à régler prévu au départ : supprimer les bouchons, la pollution, les cartons, donc les drames. En effet, nous avons appris que pour 2018, la barre des 30 000 voitures importées à été franchi malgré le "phénomène" de blocage des gilets jaunes. Mais halés, bien peu de citoyens réalisent, se rendent compte. Tout ces véhicules iront encombrés les routes, avec ceux déjà en service, c’est l’équivalent de 6 fois le tour de l’île qui est occupé. Cette situation n’arrive jamais mais on en a un aperçu lorsque la tempète sévit ou lors des travaux justement sur cette fameuse route du litoral, qui de plus sera démolie quand la NRL sera en service.
    Personne à ce sujet n’aborde le problème induit à savoir : que fera-t-on des tonnes de gravats ? Seront-ls recyclés, vendus, exportés ? Cela coutera ou remportera ? Si oui, à qui ? Et le train dans tout ça, oubli" ?Remis aux calendes grèques ?

    Pour devenir raisonnable, altruiste vis à vis des futures générations, il faut que la Réunion montrel’exemple en étant autonome en énergie avec la plus puissante quiexiste déjà, locale, gratuite, disponible et inépuisable ; la géothermie qu’offrira le volcan en activité en ce moment. Avec aussi l’éolien, le solair, un mix généreux. De nombreux emplois durableseux aussi seront crés, disponibles. Cela tombera bien car mêmediplômé, la jeunesse n’a pas vraiment de perspective ici, hélas. a quand une pétition pour remettre le projet sur les rails ? J’ai lu qu’en 2022 soit dans 3 ans, un 1° tronçon reliera Duparc Ste Marie à st Denis, en franchissant le pont prévuà cet effet quifranchit la Rivière des pluies au niveau de Réunion la 1°. espérons qu’elle le soit la 1° pour montrer ce dont elle est capable quandon le veut vraiment : penser à un avenir vivable. Tout simplement Arthur. Il y a tant à faire les besoins ne manquent pas mais que l’on réagisse, se bouge avant que la Nature, à sa manière la fasse, on va droit dans le mur.

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