Déplacements - Transports

Route en mer : l’urgence d’expertiser les autres propositions

Fondations de la digue déjà fragilisées plusieurs années avant la fin des travaux

Manuel Marchal / 10 avril 2019

Une centaine d’acropodes se sont déjà brisés, alors que ces blocs de plus de 20 tonnes sont les fondations de la route-digue à l’entrée de Saint-Denis, et du projet de digue entre la Grande-Chaloupe et La Possession. Cela montre combien l’achèvement de la route en mer est compromis car il existe bien un doute sérieux quant à la fiabilité du projet prévu. Cela souligne donc l’importance d’arrêter dès maintenant le gaspillage, et d’expertiser les propositions pour un projet alternatif afin que la liaison entre Saint-Denis et La Possession soit sécurisée. Il ne faut pas que les générations futures paient le prix fort d’un entêtement bien mal placé.

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Dans son édition d’hier, le « JIR » annonce une nouvelle capitale au sujet du chantier de la route en mer. Une centaine d’acropodes se sont déjà brisés, alors que ces blocs de plus de 20 tonnes sont considérées comme la fondation de la digue située à l’entrée de Saint-Denis. L’alerte est sérieuse, et sans attendre la recherche de la cause, l’entreprise a entrepris de remplacer les acropodes défectueux. Selon notre confrère, « le coût de remplacement d’un acropode reviendrait à 100 000 euros l’unité en raison du grand nombre de blocs de 26 tonnes sains à déplacer pour l’atteindre. Ce qui fait un coût d’environ 10 millions d’euros ».

Déjà une centaine de blocs à remplacer

Après ce premier recensement dénombrant une centaine de blocs déjà bons à remplacer sur une section de quelques centaines de mètres, fau-il s’attendre à d’autres découvertes de ce type ? Ces acropodes sont la première ligne de défense fasse aux attaques incessantes de la houle. S’ils cèdent, alors c’est un ouvrage fragilisé, et par conséquence dangereux pour la sécurité des usagers potentiels de la demi-route en mer actuellement en chantier entre Saint-Denis et La Possession. Dans ces conditions, pourquoi continuer à s’entêter à vouloir défier la mer sans qu’une expertise technique et financière n’ait été réalisée comme il se doit pour tout chantier de cette importance.

L’annonce d’une telle nouvelle intervient quasi-simultanément avec le lancement d’une enquête publique visant à l’ouverture d’une méga-carrière à Bellevue. Tout comme à Bois-Blanc, la justification invoquée par la Région et l’État de tels projets, c’est d’avoir les matériaux nécessaires à la poursuite du chantier de la route en mer. Comme peuvent le constater chaque jour les dizaines de milliers d’automobilistes qui circulent sur la route du littoral, la partie en digue entre la Grande-Chaloupe et La Possession est bien loin d’être achevée. Et pour cause : les promoteurs du projet ont lancé le chantier sans avoir la certitude d’avoir les matériaux nécessaires à son achèvement à leur disposition.

Pourquoi s’entêter à ouvrir des carrières ?

Il en résulte ces passages en force pour arriver à ouvrir des méga-carrières à marche forcée, en dépit de la santé des milliers de Réunionnais concernés par les nuisances de telles exploitations, situées à des dizaines de kilomètres du chantier qu’elle sont censées approvisionner.

Or, la découverte de la fragilité d’une centaine d’acropodes pousse à remettre tout à plat. En effet, si un doute existe au sujet de la fiabilité des fondations de la digue de la route en mer, c’est tout cet édifice qui est menacé de s’écrouler. Il est donc urgent d’arrêter ce gaspillage au plus vite et d’envisager dès à présent une quatrième alternative pour régler définitivement la sécurisation de l’itinéraire entre Saint-Denis et La Possession. Cela signifie par conséquent renoncer à exploiter ces carrières.
Des partis politiques et des associations travaillent dans ce domaine, il est essentiel d’expertiser les solutions alternatives qui sont proposées afin de sortir d’une crise qui dure depuis plus de 50 ans, depuis la décision de remplacer le chemin de fer par une route du littoral.

M.M. 



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  • Quel expert va nous proposer d’arrêter un chantier de plusieurs milliards pour le recommencer ailleurs . vous hallucinez . Cela multipliera par deux le coût du projet et prolongera la durée du chantier de plusieurs années . Cette route du littoral est un ouvrage payé avec des fonds public et l’engagement des fonds publics demande la mise en œuvre de procédure qui demande beaucoup de temps .

    Si les acropodes sont trop fragiles et se brisent comme du verre c’est qu’il y a eu une faute professionnelle dans leur conception et dans leur exécution et il faut demander aux responsables de cette faute professionnelle d’assumer leur responsabilité et de remplacer ces acropodes à leurs frais et de payer des indemnités pour le retard occasionné par les travaux de remplacement .

    Quant à l’exploitation de carrière de Bois Blanc ou d’ailleurs il faudrait arrêter également des les bloquer si les procédure judiciaires n’ont pas abouti. Nous vivons dans un pays où il existe un état de droit et la décision des tribunaux doivent être respectée même s’il existe des points qui peuvent poser problèmes . La décision des magistrats est souvent prise dans l’intérêt général et le fait qu’elle ne satisfait pas tout le monde ne peut justifier un blocage des projets concernés . Les particuliers qui sont réellement lésés par ces carrières peuvent toujours demander une indemnisation et le juge la leur accordera, mais il ne pourra pas empêcher l’exploitation des carrières puisque celle ci serait motivée par l’intérêt général .

    Comme vous le soulignez , il existait d’autres alternatives à ce projet de route du littoral en mer . Elles ont été proposées non seulement par des partis politiques et des associations mais aussi par des particuliers dont j’ai fait partie . J’avais proposé dans les journaux y compris dans témoignages de faire passer cette route par les hauts en montant à l’air libre jusqu’au Ruisseau blanc en pente douce ne dépassant pas 5% de pente puis de redescendre sur Saint Denis en passant en tunnel pour déboucher dans le quartier de la providence ou derrière le lycée de Belle Pierre toujours en ne dépassant pas 5% de pente . Cette proposition qui nous donnait un ouvrage de 14KM de long était à la portée des entreprises réunionnaises qui avaient déjà construit les 36KM de la route des tamarins pour 1,4Milliard malgré les impressionnants ouvrages d’art pour traverser les nombreuses ravines situées sur le tracé , aurait probablement coûté la moitié du prix prévu pour la route en mer .Mais les décideurs ont choisi la route en mer au lieu de passer par les hauts et aucune juridiction n’a contesté leur décisions et les travaux sont commencés depuis plus de 5 ans .

    Nous pouvons avoir peur que cette route en mer soit la cause de notre mort économique si elle se cassait un jour et devait demander beaucoup de temps pour être remise en état ; mais nous ne pouvons plus arrêter les travaux dès les premiers problèmes constatés . Il nous faudra assumer les risques que nous avons pris en prenant la décision de la construire et plus tôt qu’elle sera terminée et livrée et mise en fonctionnement mieux cela vaudra . Mais nous ne devons pour autant être négligents dans notre obligation de veiller à ce que les travaux qui sont en cours soient réalisés parfaitement . L’expertise que vous demandez ne devrait pas remettre en question l’existence du chantier mais seulement vérifier que les matériaux utilisés et notamment les acropodes en béton sont suffisamment solides pour supporter les charges prévues pour l’ouvrage dans lequel ils seront installés. Si la qualité de ces acropodes est mauvaise ce n’est pas à la Collectivité territoriale maitre de l’ouvrage de payer les conséquences . Mais peut être que c’est la conception même de l’ouvrage qui doit être remise en cause et non seulement l’utilisation d’acropodes . Et dans ce cas les experts qui le constateront à l’occasion de leur expertise feront leurs propositions en fonction de l’intérêt général et non de l’intérêt des entreprises qui ont obtenu les marchés , et nous pourrons alors nous orienter vers une autre alternative que la digue . Mais Bien entendu il faut ces experts se prononcent rapidement car chaque jour de retard nous rendra plus coûteuse la décision de choisir une autre alternative que la digue .

    Laissons les faire leur travail et ne faisons pas la boue avant la pluie SVP Mais vous avez tout fait raison de demander une expertise non seulement pour vérifier la qualité des acropodes mais aussi pour examiner les autres problèmes techniques qui peuvent être déjà constatés sur l’ensemble du projet . Car à ma connaissance aucun expert indépendant ne s’est encore penché sur cet ouvrage qui en définitive nous coûtera plus de 3 milliards d’euros .Cette somme à elle seule justifierait que l’on puisse payer une expertise même si aucun problème n’était constaté .

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  • C’est fort inquietant pour la poursuite et la finition de cette route qui aura en finalité coúté plus chére qu’initialement prévue. Par ailleurs, osons espérer qu’une fois livrée et mise en service, il n’y aura pas d’autres problémes qui obligeraient les pouvoirs publics à fermer cette nouvelle route, auquel cas, on serait obligé d’avoir recours à la route actuelle voire à la route de la Montagne, ce serait donc un grand gachis financier..

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  • Un tunnel sera le mieux. Reliant l’extrémité de la NRL du côté Possession, en fait, finalement, comme l’autre côté, vers St Denis. D’ailleurs, on aurait du faire la même chose tout le long. Avec des ouvertures entre les 2 X 2 voies, puis entre la voie "côté mer" et justement la mer. Comme on le voit bien déjà. Avant d’arriver à St Denis. Ainsi, les gaz chargés de micro particules cancérigènes seraient évacuées, on aurait de la lumière et au dessus, si des blocs dégringolent, ils iraient rejoindre la mer sans drâme. Avec les tunneliers modernes, on peut beaucoup plus facilement, et rapidement faire ce chantier. De même si on desire en faire d’autres, 2, pour le train cette fois-ci, double voies "normales" au standard SNCF, identique à pas mal de réseaux étrangfers aussi, USA, Canada, Madagascar par exemple. Tout est à faire pour des transports intélligents, respecteux de la nature à protéger d’urgence, avant la catastrophe dont on ne mesure pas les conséquences quoique... Avez-vous remarqué que les flamboyants étaient encore en fleur en Mars ? Etes-vous au courant des records de température "historique", "du jamais vu"de ce même mois ? C’est une réalité et les décideurs doivent réagir, décider le plus tôt possible, ils sont sencés être là pour ça non ? Arthur.

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  • Et pas le 1°. En effet, entre la montée des eaux prévisible suite à tout ce que l’Homme a fait comme gaspillage, pour le profit de quelques uns, la supopulation grandissante, sans emploi, perspective d’avenir, l’ignorance des uns et des autres, le "moi d’abord" qui prime, dit fini la fraternité, c’est gravece qui se prépare, et à grands frais en plus. Qu’ils soient économiques, sociaux, sanitaires, écologiques, aie aie aie, le pire se prépare, tranquillement, mais hélas surement, à cause de nous, tous.

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  • Oui le tunnel serait bien entendu le plus approprié et probablement le mois cher . Mais une desserte par les hauts permettrait de désenclaver le plateau situé entre la grande chaloupe et la possession . Il y a encore pas mal de terrains qui pourraient servir pour des zones artisanales ou industrielles et même pour l’habitat sur les plateaux de la Montagne .

    Il ne faut pas oublier que la population de la réunion compte aujourd’hui près de 900000 personnes et le développement économique nous oblige à prévoir des zones artisanales et industrielles pas trop éloignées des grandes infrastructures telles que le port et l’aéroport et situées aussi proximité des zones d’habitation . les terres situées entre la grande chaloupe et La possession répondent parfaitement ces critères et si on ne choisissait pas de les désenclaver par le passage d’une quatre voies il faudrait envisager rapidement de réaliser des voies secondaires qui permettraient d’y accéder facilement .tant partir de Saint Denis ou de la Montagne toute proche mais aussi de La Possession et du Port . Ces voies secondaires pourraient être également utilisées comme voies de secours en cas de nécessité d’intervenir su la nouvelle route du littoral quelque soit le tracé choisi par digue ,par tunnel ,ou par viaduc ...

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