Transports aériens

Air Madagascar : la réalité s’impose à Air Austral

Partenariat stratégique en fin de vie ?

Témoignages.re / 19 décembre 2019

Le partenariat stratégique entre Air Madagascar et Air Austral est de plus en plus fragilisé. C’est ce qui ressort des déclarations des différents protagonistes et de la démission du directeur général d’Air Madagascar nommé par Air Austral. Voilà de quoi s’amener encore à s’interroger : mais qu’est donc venu faire Air Austral dans cette galère ?

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Voici ce qu’affirmait Marie-Joseph Malé, PDG d’Air Austral, dans une interview parue le 16 décembre dans « Tour Mag » au sujet du partenariat stratégique avec Air Madagascar.

« Ce qui m’intéressait, c’était le marché malgache en tant que relais de croissance. En 2016, Air Madagascar, qui allait mal, sous la pression du FMI, décide d’ouvrir le capital et de chercher un partenaire stratégique. A l’époque, nous ne nous positionnons pas car nous n’avons pas les moyens. C’est le gouvernement malgache qui vient nous chercher. Nous disons d’accord à condition de trouver les moyens financiers.
Nous y allons. En deux ans, grâce à notre expertise, il y a eu un nombre considérable d’améliorations chez Air Madagascar. La compagnie avait, il y a 3 ans, 6 avions qui étaient opérationnels. Actuellement, il y en une dizaine. Le réseau domestique a été revu, le programme, l’image et le produit aussi. La filialisation a été faite et c’est une filiale rentable. (...)
Nous avons le management. Par accord, Air Austral possède 45 %, mais c’est aussi nous qui avons nommé le DG. Et tout se passe bien. En termes de financement, nous avons estimé qu’il fallait 40 M$ pour remettre Air Madagascar au bout de trois ans à l’équilibre. Avec 15 M$ que nous apportions en capital et 25 M$ que nous apporterions sous la forme d’un prêt. Nous avons versé les 15 M$, c’est pour cela que nous avons 45 % du capital… même un peu plus. Les 25 M$ restants étaient conditionnés dans le temps par le respect des engagements pris par le gouvernement malgache. Là, ils n’ont pas respecté…
Donc, nous avons fait évoluer nos accords. Puisqu’ils veulent « davantage d’autonomie », puisqu’ils veulent quelque chose de plus « prestigieux, plus ambitieux », puisqu’il faut toujours « garantir » le versement des 25 millions restants, nous leur avons demandé de recapitaliser la compagnie, quitte à perdre pour nous une part de l’actionnariat. Nous sommes même prêts à leur abandonner une partie du management tout en garantissant notre expertise et notre savoir-faire. Nous en sommes là ! »

Démission du DG nommé par Air Austral

Hier, coup de tonnerre avec l’annonce de la démission du directeur général d’Air Madagascar.
« Besoa Razafima­haro n’est plus le directeur général d’Air Madagascar. Il a démissionné de son poste le week-end dernier selon une source proche du dossier. Le conseil d’administration de la compagnie se réunira demain toujours d’après la même source qui annonce de grands changements, sans donner plus de détails.
Le départ du directeur général devrait faire partie de tout un processus qui mènera vraisemblablement à la diminution de l’actionnariat d’Air Austral dans la compagnie nationale comme le confirme Marie-Joseph Malé dans une interview accordée au magazine spécialisé TourMag », écrit « l’Express de Madagascar ».
« La démission de Besoa Razafimaharo ponctue un partenariat stratégique entre Air Madagascar et Air Austral qui n’a finalement jamais pu décoller, du moins aux yeux des observateurs car depuis le début de l’aventure, les deux compagnies n’ont eu de cesse de justifier le bien fondé du partenariat aussi bien du côté malgache que du côté réunionnais. »

Gouvernement malgache mécontent

Enfin, voici ce qu’affirmait hier dans NewsMada le Premier ministre de Madagascar, au sujet du même partenariat stratégique :
« « Le partenariat entre Air Madagascar et Air Austral n’a apporté aucune solution comme vous le voyez actuellement », a fait savoir le Premier ministre en rappelant les difficultés auxquelles fait toujours face la compagnie aérienne malgache actuellement. « Est-ce qu’Air Madagascar a pu renforcer sa flotte dans le cadre de ce partenariat ? Où en est la gestion de cette compagnie qui devrait être un fleuron de l’économie malgache  ? », a-t-il avancé devant la presse.
Il est évident que de nouvelles réformes auront lieu au niveau de la compagnie Air Madagascar à partir de l’année prochaine. L’ouverture du capital de la compagnie à d’autres investisseurs n’est pas à écarter. »
Voilà de quoi s’amener encore à s’interroger davantage : mais qu’est donc venu faire Air Austral dans cette galère ?



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Messages






  • Une seule question...Qui a détourné quoi ?
    Il y a une arnaque,le contribuable et la Justice doivent savoir !

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  • Il est évident que ce partenariat et ces investissements au sein de la compagnie malgache (éternellement en mauvaise passe), n’auraient pas dû se faire. Il suffirait que "Air Austral" exige simplement l’application de la convention signée entre les deux parties, point barre ! Et qu’elle este en justice si la compagnie estime être ou avoir été lésée par le comportement toujours "maximaliste" de la compagnie Malgache.

    Un problème cependant et non des moindres. Surtout quand on fragilise son engagement et sa portée par des conditions "secrètes" qui pourraient ne pas être légales

    Au vu des informations parues dans la presse et du comportement plus que consensuel de la compagnie réunionnaise, ce partenariat a peut-être été achalandé d’un "accord tacite" sur quelques monopoles de destinations sur la grande île au départ de l’île de la Réunion, au point que la compagnie locale se retrouve aujourd’hui bien embêtée pour dénoncer un accord avec Air Madagascar pas très clair, voire même comportant des aspects illégaux d’entente illicite entre les deux parties (On ne peut plus désormais aller de la Réunion à Madagascar sans passer par les prix exorbitants d’Air Austral). Ce qui, on ne peut le nier, constitue un obstacle à la concurrence et à la baisse des tarifs aériens.

    D’ailleurs, une enquête judiciaire n’est-elle pas en cours côté français, pour rechercher quelques preuves matérielles de cette entente illicite ? Les bureaux de la Région, de la SEMATRA aussi, n’ont-ils pas été récemment perquisitionnés par les autorités françaises ?

    Il apparaît évident que les "autorités" malgaches sont conscientes de l’énorme boulevard qui s’offre à elles, pour obliger désormais les responsables "d’Air Austral" à accepter n’importe quel compromis pour essayer de sortir "propre" de cette affaire.

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  • Le contribuable Réunionnais peut et Doit porter plainte et se constituer partie civile.

    La vérité doit apparaitre. Qui de’ l’État malgache,d’air Madagascar ,d air austral, des dirigeants,des politiques a profite de l’arnaque ?
    REMBOURSEZ. !!!

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