Transports aériens

Au moins 15% des places à bas tarif : c’est déjà une réalité à Air Austral

Transports aériens

Manuel Marchal / 22 janvier 2009

Hier soir, trois compagnies aériennes devaient signer une charte d’engagement, avec des engagements divers en fonction des compagnies et aucun engagement de l’Etat. Pour sa part, Air Austral n’a pas changé sa position : pourquoi signer un document qui dit ce que la compagnie fait déjà.

Hier au secrétariat d’État à l’Outre-mer, les dirigeants de trois compagnies aériennes (Air France, Corsair et Air Caraïbes) devaient signer des documents intitulés "Chartes d’engagement volontaires relatives au transport aérien entre la métropole et les régions d’outre-mer".
Cette signature avait lieu en présence d’Yves Jégo, secrétaire d’État à l’Outre-mer, et de Patrick Karam, Délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer.
Ces documents présentent quelques particularités. Tout d’abord, ils n’engagent en rien l’Etat, qui a la compétence de la continuité territoriale entre les DOM et la France.
Ensuite, ces documents sont des chartes différentes en fonction des compagnies. Hier, le "JIR" publiait quelques points des chartes que devaient signer Air France et Corsair, où des différences apparaissaient sur le taux de sièges à bas prix (classe affaire incluse pour Corsair, uniquement classe éco pour Air France), sur la définition du public défavorisé (aucune chez Air France), le tarif "familles endeuillées" et la facturation des excédents bagages. Nul doute que pour ce qui concerne Air Caraïbes, d’autres différences sont à prévoir.
Alors quel est l’intérêt de ces chartes. Pour Air Austral, inutile de signer un document qui indique ce que fait déjà la compagnie. Concernant le point principal, Air Austral indique qu’« au minimum 15% des places » entre le 26 juin et le 15 septembre sont au tarif le plus bas de la saison.
Concernant la tarification spécifique pour les familles endeuillées, la compagnie applique l’obligation de service public comme les autres sociétés.
Quant à la baisse de 33% pour les publics défavorisés, quelle sera son application ? Il faut en effet avoir un revenu inférieur au seuil de pauvreté, et ne pas être retourné dans sa région natale depuis 10 ans.
« La position d’Air Austral n’a pas varié depuis le départ, comme l’a rappelé M. Éthève lors de la dernière conférence de presse », précise Alain Abadie, responsable de la compagnie. Une conférence de presse où avec Airbus, Air Austral permettra de rendre ordinaire ce qui apparaît aujourd’hui exceptionnel et réservé uniquement aux personnes vivant sous le seuil de pauvreté et n’ayant pas voyagé depuis 10 ans, c’est-à-dire une baisse du prix du billet de 30%, pour tout le monde. Une baisse rendue possible grâce à l’utilisation d’un nouvel avion, le A380 densifié, exploité en low-cost.
Ainsi, ce qui est exceptionnel deviendra la normale pour 840 personnes qui s’envoleront tous les jours de Gillot pour la France, ou de Paris pour La Réunion.

Manuel Marchal