Transports aériens

PGE : Air Austral devra rembourser 130 millions d’euros à l’État

Nouveau prêt de 20 millions d’euros accordé par l’État quelques jours après l’annonce du rapprochement avec Corsair

Manuel Marchal / 30 août 2021

L’annonce d’un nouveau prêt accordé par l’État au bénéfice d’Air Austral renforce l’endettement de la compagnie aérienne réunionnaise vis-à-vis de l’État. Elle a lieu un peu plus d’une semaine après l’annonce d’un projet de rapprochement de Corsair et interroge sur le rôle de l’État dans ce rapprochement.

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Selon une information diffusée notamment par France 24, l’État va prêter 20 millions d’euros à Air Austral. Cette décision a été publiée dimanche au « Journal officiel ».
« Cette aide vient s’ajouter, entre autres, à un prêt garanti par l’Etat de 30 millions d’euros annoncé début avril par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, et à 120 millions d’euros de financements au titre de 2020, dont 80 millions via des prêts garantis par l’Etat, pour soutenir la compagnie basée à La Réunion », précise la dépêche.

170 millions d’aides publiques depuis 2020

En prêts, défiscalisation et autres, Air Austral a donc bénéficié de 170 millions d’euros d’aides de l’État, dont 130 millions d’euros de prêts garantis par l’État (PGE) depuis l’an dernier.
La publication de la décision de l’État annonçant ce nouveau prêt à Air Austral intervient à peine plus d’une semaine après un communiqué commun de Corsair et d’Air Austral indiquant un rapprochement étroit entre les deux compagnies. Ce rapprochement signifie la mise en commun de l’offre de sièges pour la desserte de la France et des pays de notre région. L’annonce de la nouvelle aide de l’État rappelle que ce dernier n’est sans doute pas étranger à cet accord entre les deux compagnies aériennes.

Capitaux antillais à la direction de Corsair

En effet, l’État a ainsi la garantie que l’argent injecté dans Air Austral et Corsair ne servira pas à financer une guerre des prix impliquant les deux compagnies puisqu’elles ne seront plus concurrentes. Reste à savoir quel sera le poids de la parole réunionnaise dans la future holding chapeautant les deux sociétés. Corsair a été renforcée par l’entrée de capitaux antillais. La moitié du Conseil d’administration de la société est composée d’acteurs économiques antillais. La puissance du lobbying antillais n’est plus à prouver.

M.M.