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Après le CIOM : première visite d’un membre du gouvernement Outre-mer
18 novembre 2009

Moins de 10 jours après les décisions du Comité interministériel sur l’Outre-mer, la ministre de l’Outre-mer a été le premier membre du gouvernement à se rendre dans une des collectivités concernées par les mesures décidées le 6 novembre dernier à l’Élysée. C’est la Guadeloupe qui a été choisie comme première destination. Mais la tension sociale est remontée.
Avant-hier, les Guadeloupéens faisaient la queue devant les stations services. Leur crainte est le déclenchement d’une grève des pompistes qui bloquerait alors totalement l’île.
C’est dans ce contexte qu’a eu lieu la première visite d’un représentant du gouvernement Outre-mer après les mesures annoncées le 6 novembre dernier par le premier Conseil interministériel sur l’Outre-mer.
C’est en effet le territoire touché par le mouvement social le plus long, plus de 40 jours de grève générale, qui a été choisi par Paris pour démarrer le cycle suivant le CIOM. Une rencontre était prévue samedi à la préfecture de Guadeloupe entre Marie-Luce Penchard et le collectif LKP. Elle a tourné court. Notre confrère "France Antilles" relate qu’il a fallu « près de deux heures » entre les représentants de l’État et du LKP pour se mettre d’accord sur le nombre de personnes composant la délégation. L’ordre du jour était l’application partout de "l’accord Jacques Bino", toujours pas étendu malgré sa publication au "Journal officiel", et l’intégration ou pas des primes dans le calcul du salaire pris en compte pour le droit au RSTA. Six mois après plus de 40 jours de grève, beaucoup de dossiers restent donc à régler.
Une fois commencée, la réunion n’a pas duré longtemps, chacun ayant des positions semblant peu convergente.
À la sortie de la rencontre, Élie Domota a déclaré ceci : « la ministre de l’Outre-mer, est venue en campagne électorale. Elle n’a pas apporté de solutions sur les sujets brûlants : la discrimination raciale à l’embauche ; la formation et l’emploi de la jeunesse, les problèmes des prix de la pwofitasyon, ceux du carburant, ceux de l’accord professionnel Jacques Bino ». Et de conclure : « de toute manière cela se réglera dans la rue, parce que la ministre n’est pas venue régler les problèmes. Nous lançons un appel à la mobilisation générale, à la grève générale ».
Pour sa part, la ministre de l’Outre-mer a tenu les propos suivants : « nous devons dire toute la vérité. La Guadeloupe va s’enfoncer, et il faut que les Guadeloupéens fassent un choix, et qu’ils se rendent compte qu’on les amène droit dans le mur. Chacun doit assumer ses responsabilités. Il n’est pas question qu’on laisse la Guadeloupe dans la situation dans laquelle elle se trouve. La pression y est si forte qu’il n’y a plus de possibilité d’investir ». Et de conclure : « le LKP n’était pas venu travailler. Il a annoncé une mobilisation générale. Il a donc cherché un prétexte pour justifier cette manifestation ».
De leur côté, les élus ont pris acte d’une réunion qui pourrait déboucher sur des avancées.
C’est aujourd’hui que Marie-Luce Penchard doit arriver en Martinique. Elle sera dans notre île le 23 novembre prochain.
M.M.
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