APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Droit à la santé
Philomène, 80 ans, ne bénéficiera pas de la C.M.U. pour cette année 2004
8 janvier 2004

L’année 2004 ne commence pas sous de bons auspices pour Philomène. Cette Dionysienne, qui soufflera ses 80 bougies au mois de septembre prochain, aurait pourtant grand besoin de bénéficier de la CMU (Couverture maladie universelle). C’était encore le cas l’année dernière, où elle a dû subir un lourd traitement chirurgical pour soigner sa double cataracte. Une affection oculaire qui frappe notamment les personnes âgées.
Souffrant également de diabète, d’hypertension, de problèmes digestifs occasionnés par ses différents traitements médicamenteux, la malheureuse est également suivie par un psychiatre pour une maladie longue à soigner. Mais Philomène ne pourra plus continuer à vivre décemment et se soigner, du fait de sa maigre retraite bien insuffisante et du fait qu’on vient de lui couper sa CMU.
« Vos ressources sont supérieures au plafond annuel en vigueur », notifie le courrier de la Caisse générale de sécurité sociale qui vient de lui être adressé pour justifier la réponse défavorable apportée à la requête de Philomène pour obtenir l’aide de la CMU. Elle dépasse ce plafond de… trois euros.
Cependant, en cotisant à une mutuelle, une aide de 7,62 euros par mois lui est proposée, soit 22,86 euros pour un trimestre de cotisation mutualiste s’élevant à 159 euros. Le calcul est simple, il reste donc à la charge de Philomène, 136,14 euros à payer de sa poche pour pouvoir obtenir une complémentaire santé pour une période de trois mois.
Il faut également tenir compte du fait qu’une avance aux frais de consultations et de médicaments est probable si le médecin ou la pharmacie ne sont pas conventionnés avec la mutuelle souscrite par Philomène. Il faut donc avoir de l’argent sur soi pour pouvoir être soigné.
Mais au vu des divers justificatifs de factures et courriers administratifs que Philomène a portés à notre connaissance, il est évident que sa retraite de 578 euros suffit à peine à payer ses charges courantes, son loyer et ses médicaments. Reste encore sa nourriture, sa bouteille de gaz, sans compter que son unique paire de chaussures aurait grand besoin d’être remplacée. « Je fais avec, ou plutôt sans », précise-t-elle, résignée.
Depuis sept ans, elle occupe un modeste F2 au Butor, avec sa fille de 43 ans, qui vit également dans la souffrance mentale. « Ma mère est le seul soutien affectif qui me reste. S’il doit lui arriver quelque chose, je ne sais pas ce qu’il adviendra de moi ».
Elle espère que sa mère ne revivra pas une attaque cérébrale comme celle qui l’a foudroyée à ses 75 ans, car « sans CMU, le médecin de nuit ne se déplace pas à moins de 91 euros minimum pour une simple piqûre. Et il faut compter au moins 100 euros pour se rendre à l’hôpital ».
La fille de Philomène, qui perçoit l’AAH (allocation adulte handicapé), tente d’apporter son soutien financier à sa mère, mais les fins de mois sont dures. Elle bénéficie quant à elle de la CMU mais elle estime que « les personnes âgées se trouvant dans le cas de ma mère mériteraient, après une vie de travail, de bénéficier des moyens dont elles ont besoin pour se soigner. Il y a un problème de non-assistance à personne en danger. Comment peut-on laisser mourir une personne qui demande à être soignée ? Comment la loi est-elle fichue ? », s’interroge-t-elle.
Alitée au moment de notre visite, la fille de Philomène se révolte au nom de toutes les personnes âgées. « Pour moi, ma mère c’est un trésor », déclare-t-elle en évoquant le passé de labeur de celle-ci, née en 1924 à Quartier-Français. Elle y fut, durant de nombreuses années, monitrice chez les sœurs, enseignant la lecture et l’écriture à de nombreuses classes primaires (sans pour autant avoir obtenu son diplôme pour le faire), après avoir été successivement balayeuse dans les écoles de Saint-André, puis aide-ménagère chez des particuliers.
« Le gouvernement présent est pourri. Mais on ne va pas lui jeter tous les torts. Moi, quand je vois la détresse des vieux, je dis qu’il faudrait plus de partage. Arrêtons le gaspillage, soyons plus humains et privilégions l’harmonie au sein de la famille réunionnaise, puis au niveau de notre île en général, de l’Europe tout entière pour finir par l’humanité dans son ensemble ».
C’est un souhait formulé pour l’année 2004. Que l’individualisme, qui permet aux fossés générationnels de se creuser et à la précarité de s’ancrer solidement dans une société traumatisée par des lois inadaptées, fasse place à plus de solidarité et d’entraide au quotidien. C’est ce que fait Philomène, fervente chrétienne pour qui la foi reste le seul palliatif à son dénuement et qui déclare, entourée des images saintes qui ornent ses murs délabrés, que « chacun mène sa barque comme il peut, ça n’est facile pour personne ».
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Mézami mi rapèl lo tan nou téi koné fé gran-gran lopérassion : kissoi bann miltiplikassion plizyèr shif, kissoi bann divizion, kissoi mèm lo (…)
L’ouverture aux services de l’Accord de partenariat économique (APE) entre l’Union européenne, les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles (…)
In kozman pou la rout
Communiqué officiel du 40e Conseil des ministres de la COI
Qui a dit que le peuple réunionnais était condamné à subir les schémas descendants de la mondialisation marchande et à n’être que le spectateur (…)
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture