APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Pour la liaison La Possession/Saint-Denis
4 avril 2006

L’association des usagers pour la liaison La Possession/Saint-Denis, qui s’est constituée contre la polémique ouverte après l’éboulis massif de la falaise sur la route littorale, veut s’affirmer comme force de débat et de propositions. Son président, Ibrahim Dindar, a fait le point hier devant la presse.
Alors qu’est annoncée la venue du ministre des Transports et de l’équipement, Dominique Perben, les suites traumatiques de l’éboulis du 24 mars sont encore manifestes dans l’opinion.
Les prises de position violemment polémiques d’une “association” qui se faisait recevoir à la Préfecture et sur les ondes de RFO avant même d’être constituée, ont provoqué la constitution d’une autre association, qui se veut politiquement large, plus ouverte et dégagée de toute prise de position polémique. Son président, Ibrahim Dindar, est une personnalité en vue de la société civile, retraité de l’Éducation nationale.
"C’est le public qui nous donnera notre légitimité", a-t-il déclaré hier lors d’une conférence de presse donnée pour évoquer les multiples conséquences d’une problématique très contradictoire : ouvrir ou ne pas ouvrir la route littorale ?
De fait, la politique des pouvoirs publics est celle d’une ouverture restreinte. Et l’opinion s’interroge sur les conséquences à long terme et sur les mesures à prendre.
"Nous voulons être un centre de réflexion, de débat et devenir une force de propositions", poursuit Ibrahim Dindar, qui penche plutôt pour une fermeture de la route, en laissant passer les convois et les véhicules absolument nécessaires à la vie (survie ?) économique. Comment ne pas voir, à court terme, "l’énorme effet domino" qu’une fermeture complète de la route littorale entraînerait dans la vie des entreprises ?
À long terme, Ibrahim Dindar est plus catégorique : "Il faut revoir le tracé et fermer la route". Et donc se préparer dès maintenant à une fermeture définitive. Que faire avec cette route et comment faire sans elle ?
Un deuxième débat public s’amorce autour de la recherche de solutions provisoires, qui n’hypothèquent pas la solution définitive : autre chose, différemment.
Dans ce registre, l’association des usagers de la liaison Nord-Ouest fait des propositions.
"Ne peut-on réorganiser la vie économique de façon à limiter au maximum l’emprunt de cette route ? Organiser des permutations d’enseignants ? Réduire le nombre de voitures sur les routes par le co-voiturage ? Adapter les bus qui devront emprunter la route de la Montagne ? Organiser du transport collectif avec les taxiteurs ?". Il existe bien déjà des taxis-motos et des tarifs de location de moto et de vélo à la journée.
L’effort d’imagination à faire pour engager les Réunionnais à diversifier leurs modes de déplacement n’a pas fini de faire saliver. Il y a aussi beaucoup à faire pour aménager le CD 41 (route de La Montagne) si, de route de délestage, elle devait devenir un recours permanent.
"Il y a toute une organisation à mettre en place (...) car cette route, qui manque parfois de signalisation et de marquage au sol, est en train de devenir le cordon ombilical entre le Nord et l’Ouest", poursuit le président de l’association.
Avec lui, Paul Laude, de l’association “Réunion Économie Avenir”, insiste sur la responsabilité collective et la nécessité de "faire évoluer l’opinion dans le bon sens, pour que l’État prenne les bonnes décisions". Il interroge le sens des responsabilités de ceux qui réclament l’ouverture. "L’État se désengage. Les assurances aussi. Mais le responsable d’entreprise qui met son chauffeur sur la route, est-on sûr qu’il n’est pas condamnable ?". Et de conclure : "J’ai une crainte, c’est qu’on oublie encore..."
Comme eux, bon nombre de Réunionnais attendent les propositions qui seront faites en juin. D’ici là, tout ce qui est de nature à “faire jaillir la lumière” est le bienvenu.
P. David
An plis ke sa
Filtrages
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