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La Fédération CGTR du BTP crée un syndicat de licenciés
10 décembre 2009, par

Six mille deux cents licenciés. La saignée est immense dans le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics. Lors du 6ème congrès CGT de la fédération, le 5 décembre 2009 à Saint-Paul, a été décidée la création d’un syndicat des licenciés. Il ne s’agit pas de remplacer les assistantes sociales, mais de d’accompagner les travailleurs licenciés.
La Fédération CGTR du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) vient de créer un "syndicat des licenciés". Cela en dit long sur la terrible crise que subit ce secteur : 6.200 licenciés — dernier chiffre du patronat — en quelques mois. Le résultat de la crise financière et économique, de la rupture dans l’enchaînement des commandes publiques, et de l’abandon de certains investissements, programmés, étudiés et financés, comme le contournement du Tampon rejeté par le député-maire Didier Robert (120 millions d’euros). Son responsable, Dioni Boyer, sait de quoi il parle. Il a été licencié, il y a deux semaines pour raisons économiques par Réunion-Armatures, une entreprise de ferraillage qui employait une trentaine d’ouvriers dont une vingtaine a été débarquée. Beaucoup des milliers de licenciés avaient toujours travaillé. Ils ont des connaissances, de l’expérience… « Nous devons accompagner le travailleur dans son licenciement. Souvann foi, li rotrouv pa li », explique-t-il. Il s’agit de faire une analyse des besoins du licencié, d’un suivi moral, d’une aide à la constitution d’un dossier administratif, voire psychologique, d’une aide prudhommale, si cela est nécessaire, ou encore d’une formation pour obtenir une qualification supplémentaire. « Certains licenciés n’ont jamais été au chômage. Ils bossent depuis vingt, trente ans dans le BTP… et d’un seul coup, c’est le chômage », note Dioni Boyer. C’est une manière de prolonger l’activité syndicale au-delà des portes de l’entreprise et « de mettre les licenciés dans les conditions de retrouver du travail », dit le syndicaliste. Les problèmes sont multiples. Ainsi, depuis deux semaines, Dioni Boyer tente de joindre le Pôle Emploi. Impossible. Cela éclaire un petit peu plus le mouvement mené par les travailleurs du Pôle Emploi. « Je crois que les licenciés ne doivent pas subir. Ils doivent être acteurs et arrêter de souffrir en silence », conclut Dioni Boyer.
YVDE
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