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Accès aux vacins, le Conseil de sécurité de l’ONU entre dans le débat

Vaccins contre le Covid-19

Témoignages.re / 15 février 2021

Le Conseil de sécurité des Nations Unies discutera le 17 février de l’accès aux vaccins contre le Covid-19 et abordera plusieurs questions qui devraient diviser ses membres.

Comment assurer leur diffusion mondiale et éviter qu’ils ne soient préemptés par les pays riches de l’hémisphère nord aux dépens de l’hémisphère sud ? Faut-il prioriser la vaccination des Casques bleus mobilisés dans une quinzaine d’opérations et des membres des agences onusiennes, y compris dans des pays qui n’ont pas accès aux vaccins ? Et qui devrait s’en charger : l’ONU, le pays d’origine ou celui de déploiement ?

"Les vaccins, la vaccination, ce n’est pas vraiment le job du Conseil de sécurité", a indiqué sous couvert d’anonymat un ambassadeur d’un pays membre du Conseil. Mais "le Conseil peut apporter une contribution", a ajouté ce dernier, excluant l’adoption d’une résolution.

Chargé de garantir la paix et la sécurité dans le monde, le Conseil de sécurité de l’ONU ne dispose d’aucune compétence particulière en matière de santé mondiale. Bien qu’en juillet 2020, il avait adopté après plus de trois mois de laborieuses négociations, son unique résolution sur la pandémie.

Celle-ci visait alors à encourager à cesser les hostilités dans les pays en conflit, afin de faciliter la lutte contre la propagation de la maladie. Selon des diplomates, le Royaume-Uni a récemment partagé avec quelques pays un projet de résolution sur la gestion des vaccins.

"Il y a un projet de résolution, les négociations viennent de débuter, cela va prendre du temps", a indiqué l’un d’eux à l’Agence France Presse.

La vaccination, "c’est le grand défi du moment" et "il faudra beaucoup de temps avant que tout le monde soit vacciné", a souligné l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) auprès de l’ONU, le Suédois Olof Skoog.

Ce dernier rappelle que l’UE a contribué à créer le mécanisme Covax qui, sous l’égide de l’ONU, doit permettre "la livraison d’au moins 2 milliards de doses avant fin 2021, dont au moins 1,3 milliard à 92 pays à revenus inférieurs".

"Ce que nous ne voulons pas, c’est d’un vaccin-apartheid" avec un Nord qui en dispose et un Sud qui n’arrive pas à obtenir de doses, a expliqué l’ambassadeur s’exprimant anonymement. Un constat qu’avait fait l’Afrique du Sud, dénonçant la disparité de traitement contre le Covid-19.

Selon lui, les négociations sur une résolution au Conseil de sécurité risquent "d’être compliquées", certains membres du Conseil ne sont pas favorables à l’idée de "transparence" qui devrait accompagner a priori un engagement universel à ne laisser aucun pays de côté.

Dans ses discours, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, appelle à ce que les vaccins deviennent un "bien public commun". Ce dernier atteste qu’avec la propagation du virus et de ses variants, la sécurité ne sera assurée que si tout le monde bénéficie de la même protection.

Interrogé sur le rôle de l’ONU dans l’établissement d’une sorte de "certificat de vaccination", unique et ne pouvant pas être contrefait, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a estimé qu’il y avait "le besoin d’une standardisation et d’une coordination internationales" à ce sujet.

"L’autre chose préoccupante, c’est l’élément criminel. Des gens qui falsifient les certificats de vaccination ou, pire encore, qui donnent aux gens de faux vaccins", a-t-il ajouté. Il est impératif selon de mettre en place une "coopération internationale dans ce domaine".