Di sak na pou di

La révolte des Kichwas

François Maugis / 11 mai 2021

Un modèle à suivre pour les citoyens du Monde ?

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Au début des années 2.000, le peuple amérindien des Kichwas en Équateur, était menacé de destruction par deux multinationales pétrolières. En 2003, après l’échec d’une révolte armée, ils déposent une plainte contre l’état équatorien. Pour marquer les esprits, ils entreprennent d’édifier autour de leur territoire, une frontière naturelle de plus de 500 km de long, formée d’arbres aux fleurs multicolores.

En 2012, à la surprise générale, l’Équateur est sévèrement condamné par la Commission Interaméricaine des droits de l’homme. A la Conférence de Paris, la délégation Kichwa dépose un projet de loi baptisé « Forêt vivante » visant à confier aux populations autochtones, « la gestion de vastes zones naturelles dans le but de redécouvrir la sensibilité et l’intelligence des mondes animaux, végétaux et minéraux, ces frères et sœurs de toujours, ces êtres innombrables que notre vanité, nos religions patriarcales, nos industries et notre science, nous ont amené à dominer, mépriser, exterminer, ignorant la conversation ininterrompue qui a donné naissance à la vie sur la planète ».

À l’exemple des Kichwas, redonner vie à nos territoires mortellement financiarisés, ne serait-ce pas ce que devraient faire tous les citoyens du Monde ?
 
François-Michel Maugis