Di sak na pou di

« Trajectoire pour une nouvelle gouvernance » : priorité à la conférence publique territoriale

Radjah Veloupoulé / 2 juillet 2021

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Ayant observé attentivement la campagne des élections régionales et départementales, je livre à la critique une analyse subjective en cinq points :

1) Nous avons une revendication générale de la nécessité de renouveler la classe politique à La Réunion. Les résultats ont confirmé ce besoin, même si les leaders restent les mêmes, sans que cela soit un point négatif, car la jeunesse a besoin de l’expérience des aînés, c’est un fait indiscutable. Cependant, les deux collectivités bénéficient d’une incursion de nouveaux acteurs, et cela devrait encourager une nouvelle vision, ce qui correspond aux points suivants.

2) Nous avons entendu, de manière globale, la nécessité d’un consensus des élus locaux pour ne plus subir les diktats parisiens, qui ne sont nullement au fait des priorités locales. Pour être lucide, sachons que, de Paris, on nous reproche notre manque de propositions et de vision politique pour la Réunion. Le but n’est pas de savoir qui a tort, mais bien de faire comprendre que, quelque soit le gouvernement, la Réunion n’est pas une priorité. A partir de là, n’est il pas temps, de mettre les egos de côté, et de s’atteler à une politique à horizon 2050, dans tous les domaines ? Les jeunes élus devraient adhérer plus facilement à cette proposition, s’ils n’ont pas pour projet de devenir des salariés de la politique.

3) L’indispensable priorité de mettre cartes sur table pour ce pays, passe par la tenue d’une conférence publique territoriale, qui fait partie de la loi française. Ainsi, tous les partis, les sans étiquettes, les contestataires, tous les élus, auraient la possibilité de se faire entendre, et la population serait témoin de ce que chacun propose, sans rejeter la faute sur l’autre, et prendre clairement position sur les années à venir. Retenons que les débats télévisés furent surtout l’occasion de désigner des boucs émissaires.

4) Concernant le problème majeur, le chômage des jeunes, quand va t on comprendre, que la formation professionnelle, l’apprentissage, les chambres consulaires (donc la Région, l’éducation nationale, les chambres de Métiers et de Commerce, les Cfa) ne répondent pas aux besoins des entreprises reunionnaises ! On forme pour former, mais les impératifs d’emplois ne sont pas proposés. Pourquoi personne ne se rend compte de l’absurdité de cette situation ! La Cpme avait entamé une démarche salutaire dans ce sens, nous attendons les résultats de cette lumineuse idée. La formation à la Réunion obéit elle aux besoins des entreprises ? Sinon, voilà un chantier qui mérite tous les moyens, et de tout le monde !

5) La politique est une noble tâche qui requiert les compétences de toute la population d’une société, une île devrait répondre avec plus de facilité à cette exigence, puisque 900000 habitants sont plus aisément mobilisables que 80 millions. À quand cette fameuse démocratie participative ? Les référendums populaires, les blogs instutionnels, les sondages d’opinions sur des sujets de société (soulignons la non utilisation de ces instruments hors élections) doivent faire partie du quotidien de tous les Reunionnais.

Voilà en quelques mots, ce qui pourrait mobiliser les bonnes volontés, et non les stratèges de la conservation du pouvoir. Loin de la quadrature du cercle, des jalons pour un principe responsabilité à la Réunion.

Radjah Véloupoulé