L’invité(e)

Amer mais déterminé

Henri Grondin du COSPAR

Jean Fabrice Nativel / 18 mars 2009

Au sein du COSPAR, un jeune homme, Henri Grondin, militant associatif (Agir Pou Nout Tout et Collectif départemental des consommateurs contre les abus bancaires), et jeune arrivé sur la scène politique à Saint-Denis, est de ce collectif depuis ses premières heures. Une nouvelle fois, on le rencontre. Amer, il l’est des abus de la grande distribution et des banques.

Ce collectif a sa plate-forme de revendications. Quelles sont celles qui vous tiennent à cœur ?
— Pour moi, deux d’entre elles me sont essentielles. En fait, toutes sont importantes : la baisse de 20% sur 500 articles de consommation courante (5 référents pour les 100 produits choisis), les factures d’eau, d’assainissement et une étude pour un tarif unique sur le Département, les factures d’électricité, les loyers et les charges locatives, les loisirs, culture, presse métropolitaine, étrangère… et la baisse et l’alignement des tarifs des services bancaires sur ceux de la métropole.

La baisse des produits de consommation courante, on la réclame car on veut en terminer avec les abus et permettre aux familles de mieux vivre. Ce n’est pas le cas pour une majorité d’entre nous. Ma femme et moi travaillons, nous avons une situation, quand bien même nous avons du changer nos habitudes alimentaires. Avant, nous pouvions nous permettre d’acheter du bœuf, maintenant non ! Cette vie chère, je ne suis pas le seul à la constater. Après des discussions, ma famille et mes amis l’ont remarquée.

La baisse des frais bancaires (le retrait au guichet et distributeur, la tenue du compte…), on l’estime légitime et nécessaire car les tarifications sont exagérées. La tarification Réunion comparée à celle de la France est de 50% à 200% de plus. Une situation me semble aberrante. La Réunion compte 120.000 illettrés, ces personnes ne peuvent retirer de l’argent au distributeur, elles le font au guichet. Le coût de ce service varie entre 4 et 8 euros. Elles le paient. Une aberration ! Je vous indique un autre chiffre, La Réunion compte 1 million 700.000 comptes bancaires et 800.000 personnes !

Que vous disent les personnes rencontrées lors de vos opérations de communication —anciennement “coup de poing” ?
— La plupart d’entre elles partagent avec le Collectif et moi leurs difficultés à parvenir à boucler les fins de mois. Sur leurs comptes, plus d’argent, mais des frais ! Elles recommencent un nouveau mois avec moins d’argent.

Serez-vous dans la rue demain ?
— Bien entendu. On attend les gens qui vivent des minima sociaux, les chômeurs, les travailleurs aux bas salaires. On doit dire aux grands patrons et grands Groupes d’arrêter de s’engraisser sur le dos des plus pauvres.

Jean-Fabrice Nativel