Libres propos

Je pensais alors à la manif du 5 Mars et à ces citoyens qui sont venus défiler à vélo…

Témoignages.re / 9 mars 2009

Dans le gros mouvement qui secoue actuellement les D.O.M. en général et plus particulièrement notre petite-île de La Réunion, je me garderais bien de chercher à jouer plus que le peu qui m’échoit en ma qualité de conseiller régional de base. C’est dire que c’est avec philosophie que j’ai lu, sous la plume de « J.E. » dans l’édition de samedi du J.I.R., qu’à la sortie de la séance de négociations de vendredi dernier à la Préfecture, « …et de côté des collectivités présentes elles aussi autour de la table, la langue de bois était de rigueur » et que « Raymond Lauret prendra tout de même le temps d’expliquer que « les négociations sont en cours » et que « les discussions progressent ».Et « J.E. » de conclure : « On ne l’aurait jamais deviné ! ». Comprenons la pointe d’ironie, voire de moucatage du confrère. Nous ne remplissions pas ce soir-là les mêmes fonctions. Ah, si seulement il savait combien, parfois, il importe de ne rien dire, même si on peut et doit comprendre le légitime besoin pour un journaliste d’anticiper !
Je disais donc que je me garderais bien, dans l’analyse de la situation, de jouer dans la cour des grands. Comment, pourtant, ne pas se sentir interpellé par Jacques Attali dont on me disait samedi soir, autour de la table familiale, qu’il vient d’inviter nos plus hauts responsables à s’interroger sur ce monde qui est en train de changer et qui ne pourra plus être comme hier. Et l’économiste de nous dire qu’il ne s’agit plus de seulement « moraliser le capitalisme », mais bel et bien d’inventer une vraie solidarité basée sur les valeurs du développement durable. Et cela à l’échelle de toute la planète. Jacques Attali, pour consolider son propos, invite par exemple le Président Sarkozy à ne pas croire qu’une solution pour sortir de la crise serait le financement de l’industrie automobile. C’est dans toute autre chose qu’il faut investir.
Je pensais alors à la manif du 5 Mars dernier et à ces citoyens qui sont venus défiler à vélo. Ils n’étaient pas nombreux. Mais le message que silencieusement ils portaient ne vaut-il pas tous les autres mots d’ordre que scandaient les pancartes et les banderoles brandies ? Se souviendra-t-on dans quelques années, quand dans le monde entier on en parlera et agira dans ce sens, que leur provocante sagesse portait les germes de la modernité du siècle qui avance ?

R.Lauret