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Le maloya, patrimoine de l’Humanité
15 octobre 2009, par

Pour fêter l’événement, la MCUR organise un grand kabar ce samedi 17 octobre au Conservatoire à rayonnement régional de Saint-Benoît, lors de la 6ème cérémonie Zarkboutan Nout Kiltir. Le maloya sera à l’honneur ainsi que le bal tamoul et le moringue. Pour Paul Vergès, la MCUR célèbre ainsi l’égalité des cultures.
Le maloya, patrimoine mondial de l’Humanité. Depuis l’annonce de la nouvelle début octobre, l’occasion n’a pas été donnée de fêter comme il se doit l’événement.
Samedi 17 octobre au Conservatoire à rayonnement régional Gramoun Lélé, de Saint-Benoît, ce sera chose faite. Un grand kabar est organisé de 18h à minuit, à la suite de la sixième édition Zarboutan Nout Kiltir 2009. Au programme, des maloyèr. On peut les citer tous, car ils font vivre ce patrimoine mondial : Françoise Guimbert, Kiltir, Patrick Manent, Frazil, Lindigo, Maloya Villèle, Digdig Maloya, Groove Lélé, Titann Maloyèr, Kaïasse, Jean-Pierre Barivoitse, Cimendef, Tiloun, Maloya Fonkèr, Zarlor, Troupe Didi, Lansor, Okilé, Tikèr Maloya, Jean Jo, Axel Sautron, Melanz Nasyon, Bann Gayar Bras Fusil, Bann Rocher.
Mais tous les maloyèrs de l’île ne seront pas là. La Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise (MCUR), dans son dossier de candidature à l’UNESCO, estime à 300 le nombre de troupes qui pratiquent le maloya. Et au-delà des « troupes », le maloya se pratique aussi dans les familles. C’est « la culture de tous les jours, ce qui fait sens pour les gens, qui fait leur identité, ce qui habite les hommes plus que les pierres », indique Françoise Vergès, directrice de la MCUR.
Un rôle de cohésion sociale
Alors oui, cette inscription au patrimoine mondial est « une immense reconnaissance ». Car le maloya vient de loin, comme le rappelle le président de Région Paul Vergès. Cette expression culturelle est le fruit de la lutte des hommes (esclaves, engagés), porteuse des valeurs culturelles des pays d’origine (Madagascar, Afrique, Inde...) mais elle reste une création spécifiquement réunionnaise, « que chaque Réunionnais porte en lui ». Elle vient de loin aussi parce qu’elle a longtemps été censurée. Paul Vergès se souvient de la première apparition en public du maloya à la fête de "Témoignages", du premier disque produit par le PCR alors que le maloya était considéré comme « une musique de sauvage » interdite de scène, interdite de diffusion. La défense du maloya s’inscrivait dans la bataille pour le développement de La Réunion. Et aujourd’hui, on ne peut que « remercier ceux qui ont été humiliés, exploités, et qui ont continué à défendre leurs cultures ».
Pour Paul Vergès, cette inscription au patrimoine mondial de l’Humanité est aujourd’hui « un simple acte de réparation et de justice » et enfin, « la reconnaissance de l’égalité des cultures ». C’est la défaite du régime colonial.
Mais il faut maintenant faire vivre cette reconnaissance. « Jamais le maloya n’a joué un rôle de cohésion sociale comme aujourd’hui », soutient Paul Vergès. Mais « l’inégalité de traitement social est marquée par l’héritage de l’esclavage et de l’engagisme », ajoute le président, évoquant ainsi les 52% des Réunionnais vivant en dessous du seuil de pauvreté.
Pour Jean-Claude Marimoutou, directeur scientifique et culturel de la MCUR, l’impact sera fort sur les institutions nationales, notamment dans l’éducation nationale. D’autant plus que le maloya va susciter un intérêt scientifique et touristique. Françoise Vergès a d’ailleurs annoncé la mise en place d’un « comité de valorisation de cette inscription au patrimoine mondial ». Alain Courbis, du PRMA, constate déjà l’intérêt suscité par cette reconnaissance. Ainsi, radio France envisagerait deux émissions pour le 20 décembre. Ti pa ti pa narivé.
Edith Poulbassia
Une absence étonnante de RFO-Télé
Comme la veille lors de la signature de la convention sur les Énergies de la mer, RFO-Télé ne s’est pas déplacé pour couvrir la conférence de presse du président de la Région et d’autres partenaires sur le maloya.
Cette absence ne manque pas de susciter des interrogations. RFO manquerait-il de moyens ? Ou bien ceux qui décident de la ligne éditoriale du service public d’information ont-ils décidé de ne pas accorder la place qu’elle mérite à deux informations importantes pour tous les Réunionnais ?
En tout cas, l’absence de journalistes de Télé-Réunion à ces deux conférences de presse étonne les contribuables qui financent ce service public par le biais de la TVA et des autres impôts perçus par l’État.
M.M.
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