APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
20 novembre 2007, par

Le 14 décembre prochain, les électeurs se rendront de nouveau aux urnes pour élire les maires et conseillers municipaux dans 1.557 communes sur tout le territoire. À quelques jours de l’ouverture de la propagande électorale, le 27 novembre, les observateurs notent quelques éléments qui retiennent l’attention :
Tout d’abord, la prise de position de 5 partis d’opposition qui ont exhorté le Gouvernement à procéder à la révision du Code électoral avant les Municipales ;
En cas de refus, ont précisé ces partis, nous ne participerons pas aux élections.
Il y eut ensuite les dissensions au sein du parti TIM (Tiako i Madagascar, fondé par Marc Ravalomanana), majoritaire à l’Assemblée nationale, au lendemain des Législatives du 13 septembre dernier, avec 106 députés sur 127. Ces dissensions que certains croyaient passagères se sont aggravées. La nomination des 19 membres du “nouveau” gouvernement du Général Charles Rabemananjara a momentanément atténué ces dissensions, de même que l’élection du nouveau Bureau permanent de l’Assemblée.
Mais la désignation des candidats maires et conseillers du TIM par le Bureau Politique de ce parti soulève actuellement de vives oppositions au sein des structures de base du parti (sections, militants), et il ne se passe pas un jour sans que les médias (radios, télévisions) ne répercutent les déclarations des “dissidents” du TIM qui s’opposent au choix du Bureau Politique, et ont décidé de présenter et de soutenir des candidats TIM qui briguent un mandat sous l’étiquette “indépendant”. Ce phénomène se présente dans de nombreuses communes, et aura certainement des répercussions au sein du parti présidentiel.
Mais l’information la plus récente qui a valeur d’évènement est la déclaration de la Conférence Episcopale des Évêques le 9 novembre dernier. Cette instance suprême de l’Eglise catholique à Madagascar a exprimé son point de vue sur la vie nationale. Tous les sujets d’actualité sont abordés dans cette déclaration : gouvernance, économie, sécurité. Un sujet brûlant est mis en exergue par les évêques : les élections. Les évêques ne manquent pas de commenter les résultats des élections législatives du 23 septembre et dénoncent entre autres les pressions constatées sur les électeurs.
La désillusion des électeurs
Nul n’ignore que l’importance du taux d’abstention (près de 70%) lors de ce scrutin est une preuve significative de l’indifférence et de la désillusion des électeurs qui ne présage rien de bon pour l’avenir des projets de développement qui font l’objet de multiples séminaires et ateliers, initiés principalement par le Chef de l’Etat Marc Ravalomanana.
Soulignons à propos de la déclaration de la Conférence Episcopale qu’elle a coïncidé avec le passage dans la Grande Ile du Cardinal Rafaelle Martino, Président du Conseil pontifical “Justice et Paix”, et que, par ailleurs, elle fait suite à une déclaration d’une délégation paritaire de l’Union Européenne et des ACP qui critique le système électoral à Madagascar.
Ainsi, de nombreuses interrogations surgissent à la veille des élections municipales, notamment celles-ci.
Les électeurs confirmeront-ils leur abstention de septembre ? Dans cette optique, seul le scrutin municipal dans la capitale Antananarivo semble intéresser l’opinion. En effet, ces élections voient l’émergence de jeunes candidats sur l’arène électorale. Parmi les 6 candidats en lice, figure un jeune opérateur (Landry Rajoelina) considéré comme un challenger sérieux du candidat TIM (président de la délégation spéciale désigné il y a 8 mois pour remplacer l’ancien maire nommé ministre de l’Energie à l’époque).
L’opinion tananarivienne n’a pas oublié que le candidat Andry Rajoelina a été récemment victime de manœuvres déloyales de la part du “clan Ravalomanana”, manœuvres qui ont causé un lourd préjudice à la société de communication de Andry Rajoelina. Des observateurs suivent de très près l’évolution future de la campagne électorale dans la capitale, et appellent à la vigilance face aux éventuelles tentatives de fraude.
De tout ce qui précède, il ressort que la promulgation d’un nouveau Code électoral reste au cœur de l’actualité dans la Grande Ile. Il semblerait que le Président Ravalomanana en ait tenu compte, puisque, récemment, dans un discours public, il a annoncé que le “Code électoral” serait examiné au mois de mai 2008. Mais d’ici-là, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts !
Bernard Yves
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