APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Liaison Réunion-Mayotte
30 juin 2007

C’est à Mayotte que le staff et tout ce que la compagnie aérienne réunionnaise compte de personnalités ayant contribué à l’essor de cette destination se sont retrouvés pour regarder dans le rétroviseur les 30 ans de la ligne Gillot-Pamandzy.
Gérard Ethève, qui préside à la destinée de la compagnie réunionnaise, était présent, tout comme il y a un peu moins de 30 ans, le 8 août 1976, dans un souci de refaire le chemin à l’envers et d’analyser les effets de cette ligne sur le développement économique de la zone.
Si, pour le président d’Air Austral, au départ, c’était le développement et surtout l’accomplissement de la tâche qui lui avait été confiée par le gouvernement français qui était le moteur de cette aventure, bien entendu, par la suite, connaissant la sensibilité de cet homme d’aviation et de cœur, le feeling d’une réussite sociale a eu tôt fait de se transformer en une véritable passion pour cette desserte.
De Réunion Air Service à Air Austral
Lundi 25 juin, dans un restaurant bien connu de Mamoudzou, le président d’Air Austral avait réuni tous ceux qui ont participé à la réussite de cette aventure, ainsi que quelques personnalités de l’Ile aux Parfums, pour tenter de refaire le chemin à l’envers, et c’est avec beaucoup d’émotion que M. Gérard Ethève s’est rappelé ce grand jour où lui et quelques inconditionnels optimistes ont fait poser pour la première fois sur la piste de Pamandzy le premier appareil, un HS 748 de 32 places, propriété de l’Etat français, aux couleurs de Réunion Air Service. Ce fut pour Gérard Ethève l’occasion de revenir sur ce moment important avec ses compagnons d’aventure et de se remémorer la genèse de cette ligne aérienne. Pendant 10 ans, la compagnie a dû faire ses preuves vis-à-vis du gouvernement et prouver que ses dirigeants étaient capables de relever le défi. Alors, en février 1987, une convention est signée avec le Ministère des DOM-TOM, et Réunion Air Service est chargée par l’Etat de l’exploitation de la ligne aérienne régulière de service public Réunion-Mayotte et vice-versa. Tout juste après cette date, la compagnie aérienne change de nom pour devenir Air Réunion.
En octobre 1990, à l’initiative du Docteur Pierre Lagourgue, Président du Conseil régional et Sénateur de La Réunion, l’activité transport aérien d’Air Réunion est rachetée par la SEMATRA (société d’économie mixte associant les collectivités locales de La Réunion : Conseil régional (50%), Conseil général (30%) les Chambres consulaires dont la Chambre professionnelle de Mayotte et divers porteurs (20%).
Le désenclavement du territoire de Mayotte constitue alors un objectif prioritaire pour la nouvelle compagnie qui vise toutefois une desserte régionale complète dans la zone Océan Indien afin d’induire, à terme, des coûts et moyens plus importants.
En novembre 1990, Air Réunion devient Air Austral et poursuit son développement avec le succès qu’on lui connaît.
Philippe Tesseron
Le succès d’un homme de conviction
Il est simple de faire l’historique d’une compagnie et d’énumérer les dates et les victoires, les avancées et les reculs, mais au-delà de la mécanique implacable qui régit le monde économique, au-delà du logiciel Business Plan, il y a le cœur des hommes ! Les réussites telles que celle d’Air Austral ne sont pas apparues avec une simple grille d’indicateur économique, mais surtout avec un désir, et dans le cas de cette entreprise, en plus du désir des hommes qui ont fondé cette compagnie, il y avait un cœur au centre, un cœur d’homme convaincu de dépasser le seul besoin d’entreprendre pour entreprendre. Il y avait bien plus, un désir de service public, il serait plus exact de dire une envie de "servir le public". Au-delà de l’homme d’entreprise, tout au long de ces trois jours anniversaires, j’ai vu se mouvoir un homme de service, conscient du devoir accompli et du chemin qu’il reste à faire. Si, au départ, il s’agissait bien de "rendre service" pour Gérard Ethève, ce fut aussi pour lui tenter une grande aventure, sa grande aventure !
Lorsqu’il raconte son passé, on ne peut faire autrement que de penser que tout ce qui touche à l’aviation touche à la passion. L’avion, c’est le désir de l’Homme d’aller toujours plus loin et surtout toujours plus haut. Les passionnés d’aviation ne peuvent s’empêcher de se raconter, et ce soir-là, à Mamoudzou, ce fut la première fois que j’entendais autant le son de la voix de M. Ethève, et il n’était pas le dernier à raconter des anecdotes. Mais qu’est-ce qui est le plus important ? Raconter les multiples facéties de l’administration malgache qui, une heure après le décollage du Fokker à Gillot, décidait oui ou non de donner l’autorisation de survol du territoire de la Grande Ile ou bien les petits yeux scintillants de Gérard Ethève de voir réunis tous ceux qui l’ont assisté dans la réalisation de ce que l’on peut bien appeler son œuvre ? Qu’est-ce qui est le plus important ? Entendre raconter une nouvelle fois l’histoire d’une mère accouchant dans un avion puis prise entièrement en charge par la compagnie ou bien voir le sourire satisfait de ce grand patron, conscient de la tâche immense qu’il avait accomplie ? Décidément, cet anniversaire est avant tout celui d’un homme qui a su et qui sait conjugué le cœur et la raison.
PT
Air Austral s’est nourri de Mayotte...
Si le vol Réunion-Mayotte est trop cher, c’est la faute de Air Austral ! Normal, ils sont en position de monopole ! Si aucune autre compagnie ne dessert La Réunion pour faire baisser le coup du billet, c’est de la faute à Air Austral ! Alors, je n’ai pas posé la question à Gérard Ethève, la question qui tue ! Dites-moi Monsieur, êtes-vous également Ministre des Transports ? C’est pourtant l’impression que cela donne en pensant à tous ces esprits chagrins qui déversent autant d’inepties ! Il faut dire, pour leur défense, que tout comme pour moi, ils ne savaient pas le travail que vous aviez accompli pour que de minuscules confettis perdus au milieu de l’Océan Indien puissent se développer le plus correctement possible.
Et comme vous l’avez si bien souligné lors du discours qui a précédé la soirée anniversaire, « On dit que Air Austral s’est nourri de Mayotte, ce n’est pas tout à fait vrai, nous nous sommes nourris l’un l’autre ». Je ne connaissais pas avant cet anniversaire le rôle que vous aviez pu jouer dans la vie, aussi bien dans celle de La Réunion que dans celle des pays voisins. C’est la toute première fois que je vois véritablement une entreprise faire corps avec le pays où elle est née. Ne serait-ce pas cela le patriotisme d’entreprendre ? En posant le premier avion de votre entreprise ainsi que votre pied sur l’Ile aux Parfums ce 8 août 1977, vous avez inauguré non seulement une ligne aérienne, mais aussi bon nombre de possibilités.
Ouvrant ainsi à Mayotte la voie du développement, et surtout des échanges humains entre ce qui n’était à l’époque qu’un Territoire d’Outre-mer au statut particulier (bien vague titre pour l’île hippocampe) et notre département d’Outre-mer qui, lui, commençait seulement à recevoir les premiers bénéfices d’une loi de départementalisation votée en 1946. Il est certain qu’Air Austral a été le moteur qui fait que Mayotte, quel que soit son destin futur, n’aura pas à attendre aussi longtemps pour retrouver un peu de bénéfice des liens que la population mahoraise tient à avoir définitivement avec la France. Sous quelle forme ? Nul n’en sait rien encore, même si c’est le statut départemental qui semble avoir l’assentiment de pratiquement la majorité de la population de ce territoire.
PT
Billet
Le temps de l’amertume !
J’étais parti comme il se doit pour disserter sur l’avenir d’une compagnie aérienne, et me voilà face au destin d’un homme. Tant pis, ce n’est pas si souvent que la plume dérape ! Désormais, la Compagnie Air Austral s’est bien installée dans le paysage de notre région. Et vient alors le temps des fâcheux qui n’ont que des "il n’y a qu’à, faut que, c’est à cause" etc... Et puis aussi le temps des écumeurs de l’Air qui viennent récolter les fruits qu’ils n’ont pas semés. Et il est vrai que l’on a pu ressentir non pas de la colère, mais un peu d’amertume lors du discours anniversaire. Sans trop leur en vouloir, vous vous êtes juste posé la question : « Mais ils étaient où tous ces grands capitaines d’industries lorsque j’ai relevé le défi, alors que même la Compagnie Nationale Française (Air France) avait refusé de relever le chalenge ? Ils faisaient quoi lorsque mes avions effectuaient les évacuations sanitaires, et le feront-ils comme je continue à le faire ? Seront-ils présents tous ces prédateurs en basses saisons ? Pourront-ils, tout comme ma compagnie, s’enorgueillir d’avoir toujours assumé une mission de service public, atterrir quelle que soit la saison, pas un jour sans que la liaison ne soit faite même si, quelque fois, il fallait faire le trajet en évitant le survol de Madagascar, voler avec parfois un seul passager ? ».
Je devais faire un papier sur l’anniversaire d’une compagnie aérienne, j’ai fini par ne parler que de l’homme et non des avions, c’est bien ainsi !
PT
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