APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Jean-Patrice Pounoussamy, vice-président de la CGPER
14 juin 2010, par

Le vice-président de la CGPER a demandé lors d’une conférence de presse, dimanche 13 juin, que les coopératives considèrent ses membres, et fassent une répartition juste des bénéfices, en cette période de crise.
Quelles sont les raisons de la hausse du prix de l’engrais ?
- La raison évoquée, depuis 2006, est la hausse du prix du baril de pétrole. C’est à partir de là qu’à La Réunion, le prix de la tonne d’engrais a augmenté de 80%. En effet, le prix d’une tonne d’engrais est passé de 430 euros en 2006, à 809 euros, en 2009. Cette hausse a été décidée par les coopératives qui fournissent de l’engrais aux producteurs. Ils disent que c’est parce que le prix du baril augmentent que l’engrais augmente aussi. Parce que l’engrais engendre des coûts de transport depuis l’Union européenne, et dans sa composition, cela demande des matières à base de pétrole.
Cette hausse de l’engrais concerne tous les secteurs de l’économie réunionnaise, par exemple, les éleveurs fournissent du foin à leur cheptel qui demandent de l’engrais pour leur pâturage. En ce qui concerne le monde cannier, 80% du coût de production des planteurs est issu de l’engrais et des produits vendus par les coopératives.
Quelles sont les conséquences de cette hausse sur la production locale ?
- De 2006 à 2009, les agriculteurs ont subi une hausse du coût de production de 38%, nous disons qu’il est temps que cela s’arrête. Avec une hausse du prix chaque année, si cela continue les agriculteurs ne pourront pas continuer à acheter les produits avec les coopératives.
Or l’objectif des coopératives est de fournir aux producteurs un prix moindre de leurs produits. Ces coopératives existent, depuis plus 50 ans, elles ont deux possibilités, soit elles réinvestissent les bénéfices pour se développer, soit elles partagent les bénéfices entre les adhérents. 38% de hausse en quatre ans, nous disons stop, arrêtons de prendre les agriculteurs pour des vaches à lait.
Qu’attendez-vous des coopératives ?
- Quand il y a un problème dans l’agriculture réunionnaise, nous sommes toujours montés au créneau. Sans les agriculteurs, il n’y aurait pas d’adhérents au sein des coopératives, nous ne sommes pas contre le développement, ni l’investissement. Mais nous demandons en cette période de crise qu’une partie des bénéfices soient reversés aux adhérents.
Cela fait 50 ans que les coopératives réinvestissent, maintenant ces adhérents ont besoin d’un retour juste de la part du Conseil d’administration des coopératives. Nous souhaitons être considérés par celles-ci. Ce geste enrayera la perte de confiance entre les agriculteurs et les coopératives. Il faut retourner à la base, les coopératives sont là pour faire un maximum afin que les adhérents aient le meilleur prix sans quoi, l’agriculture ne pourrait pas exister.
Propos recueillis par Céline Tabou
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