Les grévistes de Saint-André veulent réveiller l’Est

Mille Roches lance un appel à la grève illimité

5 février 2008

Ce matin, devant les grilles du collège Mille Roches à Saint-André, les TOS en grève ont pu compter sur le soutien de professeurs et de parents d’élèves. Le lycée Sarda Garriga, le lycée Jean Perrin, le Collège Faya répondent également à l’appel, ainsi qu’un établissement de Bras-Panon. Un seul mot d’ordre : « Faire bouger Saint-André, dans l’Est personne ne bouge pas. »

Christian Picard a qualifié d’« insultants » les propos du préfet concernant les TOS et déplore une telle attitude au plus haut sommet.
(Photos FL)

Les élèves avaient un mot dans leur carnet de liaison. Hier au collège Mille Roches, ils ont dû amener eux-mêmes leur repas, ou rentrer si possible chez eux pour se restaurer, pour cause de grève.

Les responsables de l’intersyndicale, Eliette Dijoux et Daniel Maillot, préviennent que la grève est illimitée : « Nous voulons la pérennisation des emplois. Nous ne voulons pas laisser partir ceux qui travaillent avec nous. Comment faire sans moyen dans un établissement de cette envergure ? Ils sont absolument nécessaires. Nous avons une cuisine autonome qui doit préparer 990 repas chaque midi. Les tâches de sécurité, d’hygiène, sont primordiales dans un collège de 1.454 élèves. Comme nous perdons neufs collègues, nous ne sommes que treize titulaires. »

Espoir et envie de se battre

La situation des personnels administratifs ou des ouvriers et techniciens de service, nous la connaissons tous. Hier matin devant les grilles, nous saisissons les impressions de plusieurs personnes, à la volée, sans prendre leur nom.

Un monsieur, la cinquantaine lance d’emblée : « Il y a des gens qui parlent sur les radios, et qui nous disent de toucher les Assedic, de nous en contenter. Mais nous aimons notre travail. Nous voulons travailler. » Une dame poursuit : « C’est nous qui faisons tout. Nous n’avons jamais manqué à notre devoir. Ceux qui restent, les titulaires, sont désormais appelés à faire un double travail. Ils passent de la cour à la cantine. Alors que nous, nous étions habitués, eux, ils sont submergés par cette importante surcharge de travail. »

Une autre fait part de son amertume : « Je travaillais au lycée Sarda Garriga, le proviseur a organisé un pot d’adieu jeudi où il a dit combien il était content de nos services. Ça fait très mal de s’entendre dire que de toute façon, nous étions censés savoir que le contrat prendrait fin et qu’il n’y a pas d’état d’âme à avoir. Est ce qu’il croit que je vais payer mon loyer avec le bouquet de fleurs qu’il m’a offert en guise de cadeau de départ ? Depuis Noël, nous sommes tous stressés, nous ne dormons même plus. »

Les professeurs solidaires

Dans l’assemblée, il y a également des professeurs. Une enseignante nous explique : « Nous sommes une dizaine de professeurs dans le collège à participer au mouvement. Nous les soutenons non seulement parce que nous les connaissons depuis longtemps, mais aussi et surtout parce qu’ils ont leur utilité, ils sont nécessaires au bon fonctionnement de l’établissement. Comment peut-on, du jour au lendemain, nous priver de neuf personnes qui de surcroît ne seront pas remplacés. » Sa collègue continue : « Même s’il devait y avoir remplacement, nous ne voulons pas qu’ils soient remplacés par d’autres. Les personnes actuelles maîtrisent parfaitement leur fonction. Tous les élèves les connaissent. » Chacun à son mot à dire : « Nous sommes contre l’emploi de nouveaux précaires, car ces personnes subiront la même situation. » Tout le monde veut témoigner : « D’ores et déjà avec la suppression des trois vigiles, la sécurité du collège est menacée par des intrusions. Il y a des éléments extérieurs qui entrent dans l’établissement. »

Marche vers la Mairie

La pluie farine, et les grévistes décident de marcher vers la Mairie de Saint-André. La revendication est toujours la même : maintenir les personnes dans leur emploi, ne pas menacer le fonctionnement des établissements.

Ils descendent, sous leurs bannières syndicales, et sont accueillis sur les marches de la mairie par Jean-Marie Virapoullé, adjoint au Maire, qui promet : « Nous allons faire une table ronde, réunir toutes les instances et mettre le préfet au pied du mur. Il n’y a que lui qui puisse prendre une décision car il est le représentant de l’Etat. » Réunir toutes les instances ? Faire une table ronde ? Mais quand ? Lors de l’entretien, les membres de la délégation n’ont pas eu de réponse autre que celle du contrat unique. Mais termine Eliette Dijoux : « Nous ne sommes pas venu de parle de ça. C’est d’eux que nous avons besoin. Il faut qu’ils pérennisent ces emplois-là. »

Ce matin, la grève se poursuit. L’immense collège ne peut de toute façon pas faire autrement et espère un effet boule de neige...

Kozman Francky Lauret la ramasé


Soutien d’Éric Fruteau

Conseiller Général du canton et membre du Conseil d’Administration du collège Mille Roches était présent devant les grilles du collège Mille Roches. Il a soulevé la responsabilité de l’Etat qui aime à transférer les compétences sans faire suivre ces nouvelles responsabilités des moyens adéquats. Il a exprimé sa solidarité aux emplois précaires affirmant que l’Etat ne peut pas se désengager ainsi des CAE. Eric Fruteau attend la grande messe du 11 février de Martin Hirsch pour poser la question du devenir des CAE. Un problème qu’il soulève depuis plus de quatre ans avec Graziella Leveneur et qu’il tentera de placer au coeur du débat lors de la commission permanente qui se tiendra demain au Conseil Général.


Collège Mille Roches : du jamais vu !

Après une journée de débrayage des personnels TOS du Collège Mille Roches, le bilan est alarmant !
Le plus grand établissement de France (1400 élèves !) se trouve dans un état pitoyable et ne permet plus l’accueil de nos enfants dans les conditions minimales d’hygiène et de sécurité.
Les toilettes n’ont pas été nettoyées depuis vendredi matin. Des odeurs nauséabondes s’échappent des lieux jusqu’au réfectoire, lui-même dans un état de saleté avancée.
Le service de restauration scolaire n’est pas assuré : 900 élèves dans l’obligation de quitter l’établissement pour aller acheter un sandwich en ville !
Que font les responsables des institutions concernées : Conseil Général, Rectorat, Préfecture ?
Où sont-ils ?
Mesdames et Messieurs les élus et représentants de l’Etat, cela ne peut plus durer, assumez vos responsabilités ! Prenez les mesures nécessaires au bon fonctionnement du Collège Mille Roches !

Les représentants de parents d’élèves


Lutte des précaires de l’Éducation nationale

La grève contre la suppression d’emplois au collège Mille Roches de Saint-André a été massivement suivie par plus de 95% des personnels hier matin.

Luttes pour l’emploi

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Témoignages - 82e année


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