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Droits humains
Hier sur le Barachois
12 janvier 2004

Dès le début de l’après-midi jusqu’à la tombée de la nuit, plusieurs centaines de personnes se sont réunies hier au Barachois à Saint-Denis participer à la manifestation organisée par le Comité de soutien à Maître Larifou. Une fois de plus, la solidarité des Réunionnais ainsi que d’une vingtaine de groupes de musique et de danse s’est exprimée pour le retour de l’avocat auprès de sa famille, un homme dont l’état préoccupant de santé a été souligné maintes fois.
C’est au son des Tambours Sacrés que s’est ouvert le kabar de soutien à Saïd Larifou. Allaient ensuite se succéder plein d’autres artistes de talent, chanteurs, danseurs, musiciens... Tous portaient le même message inscrit sur la banderole au pied de la scène en lettres capitales rouges : "Libérez Larifou."
Entre deux prestations, la parole était offerte à tous ceux qui voulaient communiquer leur soutien, en comorien, en créole ou en français.
Le président de la Fédération communautaire de l’océan Indien, Paul Hoarau, succédait à Monique Couderc du Comité de soutien, et Raymond Lauret, conseiller régional, rappelait les bases du processus de co-développement durable dans l’océan Indien. Il a déclaré que « Saïd Larifou subit une épreuve très dure et que la Région œuvre à sa libération comme tous ceux qui lui apportent leur soutien ».
Gino Ponin-Ballom du Département a plaidé dans le même sens. Le Collectif pour Madagascar incitait tout un chacun, et particulièrement les médias, à ne pas relâcher la pression. Il indiquait qu’il avait demandé l’intervention du gouvernement malgache.
Issa H’Baé, qui a été emprisonné avec son ami Saïd, s’est exprimé pour demander « un État de droit aux Comores ». Parmi les autres intervenants, on pouvait entendre Sudel Fuma, un représentant de la Ligue des Droits de l’Homme et Samuel Mouen de la CACEP.
Un autre kabar est prévu dimanche prochain, organisé par Talipot sur le site de Pierrefonds.
| « Ne le laissons pas mourir » |
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| Le mot de la fin a été confié à l’organisateur du prochain kabar de soutien à Saïd Larifou, Philippe Pelen-Baldini. Il notait dans son intervention : « Saïd organisait une manifestation pacifique et humanitaire au profit de la baisse du prix du riz, il avait obtenu l’autorisation du gouvernement comorien pour cela. Malgré tout il a été arrêté arbitrairement. Il a fait 21 jours de prison, deux mois de résidence surveillée. Aujourd’hui il n’y a plus rien dans son dossier judiciaire, aucune charge n’a pu être retenue contre lui.
Il est pourtant retenu dans un hôpital prison depuis 21 jours. Il est très gravement malade, il a fait plusieurs crises très graves de paludisme, plusieurs malaises du cœur. Sa vie est en danger, il peut mourir d’un instant à l’autre. Le seul médecin en cardiologie qui le suivait a été arrêté et aujourd’hui est en garde à vue. Les Droits de l’Homme sont bafoués. On est au-delà de toute considération politique, on est dans un problème humanitaire ». Ayant pu s’entretenir au téléphone avec Saïd Larifou, Philippe Pelen-Baldini disait avoir parlé à « un homme épuisé, un militant des Droits de l’Homme d’une qualité rare ». Il confiait un message de Saïd à la foule venu le soutenir : « Saïd me demande de vous dire merci d’être là. Du fond de sa chambre d’hôpital, il est relié à nous ». |
| Librération en vue ? |
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| L’information du jour était transmise hier par Maître Jean-Jacques Morel, adjoint au maire de Saint-Denis, qui annonçait que René-Paul Victoria est intervenu auprès du président de la République. Jacques Chirac aurait missionné des émissaires du Quai d’Orsay pour obtenir dans le courant de cette semaine la libération de Saïd Larifou. Une nouvelle corroborée par d’autres informations allant dans le même sens reçues ailleurs. En ce cas, le kabar de dimanche prochain serait maintenu pour fêter son retour. |
| R.F.O. : un choix révélateur |
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| Dans son édition d’hier soir, le journal de Télé-Réunion a consacré une large part au rassemblement organisé dans la journée au Barachois par le Comité de soutien à Saïd Larifou. Chacun a pu entendre la réaction d’une personne, qui était présentée comme un "ami" de Saïd Larifou. Cette personne a voulu « interpeller » le président de la Région qui, selon lui, n’a rien fait pour faciliter le retour de l’avocat saint-pierrois actuellement retenu à Moroni.
On ne peut qu’être pour le moins étonné du choix de RFO de diffuser cette fausse information par l’intermédiaire de cette personne. Car la chaîne publique a délibérément diffusé des propos dont elle savait qu’ils sont mensongers. En faisant le choix de diffuser les déclarations d’une personne qui met directement en cause - délibérément ou par ignorance - le président de la Région sans rappeler les actions de la collectivité dans cette affaire, RFO commet donc non seulement une faute professionnelle mais encore se livre à une lamentable opération politicienne, dont les Réunionnais ne sont pas dupes. |
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