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Transport : le sous-développement coûte très cher aux Réunionnais

Avec le train à Maurice, le coût du transport représente beaucoup moins qu’aller travailler en voiture à La Réunion en parité de pouvoir d’achat

lundi 25 juillet 2022, par Manuel Marchal


Sur la base d’une estimation de Statistics Mauritius concernant les salaires, un travailleur à Maurice ayant un bas salaire consacrera au maximum 16 % de son revenu du travail mensuel à ses déplacements entre le domicile et le travail en utilisant le train Metro Express, avec un confort et un niveau de sécurité bien plus grand que pour le conducteur d’une automobile. A La Réunion, avec 16 % du SMIC, un travailleur n’a même pas de quoi faire un plein par semaine pour aller travailler, sans compter l’assurance du véhicule, son coût d’entretien, et le crédit éventuel à rembourser. A cela s’ajoute le risque permanent de l’accident.


A Maurice, le train circule de entre 6 heures et 22 heures (amplitude actuellement réduite de 6 heures à 19 heures en raison de la crise COVID-19), avec une fréquence d’une rame de 350 places toutes les 15 minutes (10 minutes avec la crise COVID-19). Sur la ligne actuelle entre Port-Louis et Vacoas, il faut compter 33 minutes de trajet. Quand le Metro Express reliera Curepipe à Port-Louis, 41 minutes tout au plus seront nécessaires pour effectuer plus de 30 kilomètres dans la région la plus densément peuplée du pays.
Actuellement, le tarif d’un billet de train à l’unité s’échelonne entre 35 et 50 roupies, soit entre 0,75 et 1,05 euro en fonction de la distance. Avec une carte prépayée, le prix va de 0,68 euro à 1 euro.
Selon Statistics Mauritius, en 2021, le salaire le plus bas dans le secteur privé était estimé à 265 euros par mois, le salaire moyen à 344 euros. Statistics Mauritius estimait que la moitié des travailleurs manuels gagnait un salaire supérieur à 348 euros par mois, tandis que les cadres de direction se situaient aux environ de 850 euros par mois.
Cela signifie que pour un travailleur gagnant le salaire le plus bas dans le privé, un trajet quotidien aller-retour entre la gare la plus proche du domicile et celle à proximité de son employeur lui coûtera 16 % de son salaire mensuel.

Gains de temps et d’argent avec le train

A La Réunion, un tel pourcentage signifie une dépense de 208 euros pour un salarié à temps complet payé au SMIC. Sachant que la grande majorité des travailleurs payés au SMIC doivent se déplacer en voiture, à raison d’un plein de gazole par semaine, ces 208 euros ne couvrent même pas le prix de l’essence. A cela s’ajoutent l’assurance, l’entretien voire le remboursement du crédit contracté pour l’achat du véhicule. Quand le travailleur est contraint d’accepter un emploi à temps partiel pour sortir du chômage, alors la dépense en termes de trajet domicile-travail dépassera encore plus largement les 16 % qu’un travailleur ayant un bas salaire à Maurice.

Concernant le temps de parcours, un travailleur habitant à Saint-Paul ou à Saint-Benoît et étant employé à Saint-Denis mettra forcément plus de 40 minutes pour arriver au centre-ville de la capitale à l’heure de pointe. La mise en service de la demi-route en mer ne permettra pas de réduire cette durée. D’où qu’il vienne, ce travailleur perdra des dizaines de minutes dans les embouteillages aux entrées Est et Ouest de Saint-Denis et gaspillera ainsi du temps, du carburant et de l’argent. Et au moindre incident sur la route, alors la durée du trajet pourra se compter en heures.

Les sociétés extérieures ont flairé le bon filon à La Réunion

La décision de stopper le chantier du tram-train a donc pour conséquence de maintenir les Réunionnais dans le sous-développement en matière de transport. Ce sous-développement condamne les travailleurs à ponctionner une part importante de leur budget rien que pour se rendre tous les jours sur le lieu de leur emploi. Les bénéficiaires de cette situation sont les grands patrons qui tirent de juteux profits du monopole du tout-automobile. Ce n’est pas un hasard si ce secteur est dominé par des sociétés extérieures, elles ont flairé le bon filon à La Réunion.
Enfin, l’obligation d’utiliser une automobile expose son utilisateur à un risque d’accident qui n’existe pas pour l’usager du train.
Avec le monopole du tout-automobile sur les liaisons inter-urbaines, le sous-développement en matière de transport coûte très cher aux Réunionnais.

M.M.


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Messages

  • Le tout automobile aurait pu être un bon choix si nous avions fait initialement le bon choix pour le programme de construction de nos routes .

    D’abord ,Il aurait fallu réaliser en même temps une 4 voies dans les bas mais aussi une bonne route de ceinture à 3 ou 4 voies là ou c’est possible dans les hauts à une altitude comprise en 500 et 600 m . Ce qui aurait permis un développement équilibré de l’urbanisme mais aurait aussi évité aux personnes vivant dans les hauts de descendre sur le littoral pour passer d’une ville à l’autre . C’est vrai que la route des tamarins remplit cet objectif dans l’ouest , mais on peut faire la même chose dans l’Est et le sud.

    Ensuite , il aurait fallu réaliser les travaux prévus beaucoup plus rapidement car si les réunionnais perdent beaucoup de temps sur les routes actuellement c’est surtout à cause des bouchons qui sont causés par l’augmentation considérable du trafic entre le moment où les programmes routiers sont lancés et le moment où les travaux sont terminés . Il nous a fallu plus de 20 ans pour livrer intégralement le boulevard sud de Saint Denis et il faudra au moins 15 ans pour terminer la nouvelle route du littoral la plus chère du monde au km .
    Actuellement il faut au moins 45 minutes aux heures de pointes pour passer du cap Bernard à la rivière des pluies alors qu’aux heures creuses on n’a pas besoin de plus de 10 minutes Quant à la 4 voies de L’est on y roule presque au pas ou très lentement depuis quartier Français jusqu’à Saint Denis pendant les heures de pointes. Ce qui fait perdre beaucoup de temps au travailleurs réunionnais mais leur coûte également très cher en carburant et en entretien de leur voiture .

    Enfin les espaces de parking dans les villes n’ont pas évolué en fonction de l’augmentation du trafic et les automobilistes doivent perdre beaucoup de temps pour trouver un espace de stationnement ou aller se garer très loin de leur lieux de travail .

    Mais la situation actuelle est due aussi aux conditions de financement très incitatives qui ont été accordées par les banques non seulement aux importateurs de voitures mais aussi aux acheteurs . Les personnes dont les revenus sont constituées par des aides publiques ont accès facilement à un crédit pour l’achat d’une voiture , Peut être qu’il aurait fallu mieux encadrer les crédits pour l’importations et la vente des véhicules automobiles et créer un impôt spécial pour financer la construction des routes mais aussi la construction d’une nouvelle ligne de chemin de fer pour remplacer celle qui existait et offrir aux réunionnais des réseaux de bus comparables à ceux existants en France métropolitaine . Peut être qu’il aurait fallu accorder la gratuité des transports collectifs aux plus pauvres au lieu de leur faciliter l’achat d’une petite voiture . Etcet ...

    Comme vous le signalez , nous avons pris beaucoup de retard dans le développement de nos transports collectifs , mais il n’est pas trop tard pour corriger la situation . Il est possible de réaliser rapidement une route à mi pente de Saint Benoit jusqu’à Saint joseph pour permettre le maintien de la population dans les hauts et fluidifier le trafic des routes des bas .
    Il est possible aussi d’augmenter le nombre de Bus existant et permettre à tout le monde de les utiliser plutôt que d’utiliser leur voiture .
    Enfin il est grand temps de permettre aux réunionnais de disposer d’une ligne de chemin de fer moderne qui ferait presque le tour de l’île et qui serait en correspondance avec des téléphériques comme le papangue pour desservir les zones urbaines situées dans les hauts .
    Et peut être que l’on pourrait vérifier si on ne pourrait pas aussi développer l’utilisation de dirigeables pour lesquels nous n’aurions pas besoins de réaliser des infrastructures très couteuses pour transporter des marchandises et des personnes sur notre île mais aussi dans notre région de l’océan indien . Avec la lutte pour le réchauffement climatique et la possibilité d’utiliser de l’hélium au lieu de l’hydrogène mais aussi de produire de l’énergie grâce au soleil et au vent ce moyen de transport pourrait se généraliser très rapidement et être abordables pour les compagnies de transport régionales .

    Mais comme nous devons absolument arrêter de polluer la planète avec nos émissions de gaz à effet de serre, il nous faudra en même temps réaliser les équipements nécessaires pour produire proprement toute l’énergie dont nous aurons besoins non seulement pour nos transports en communs , mais aussi pour nos automobiles qui seront t de plus en plus électriques ,car on ne pourra pas empêcher les gens d’acheter des voitures pour leur plaisir . Nous avons encore un gros potentiel d’énergie hydraulique à exploiter, il faut prendre les décisions qui s’imposent rapidement .
    Mais pour éviter un trop grand nombre d’automobiles sur notre petit territoire , qu’elles soit électriques ou à essence, il faudrait les soumettre à une fiscalité dissuasive . C’est ce que font les mauriciens qui taxent lourdement la vente de véhicules neufs quelque soit leur origine géographique. Il n’y a pas de raisons que nous ne puissions pas en faire autant pour l’intérêt général de notre population . Si nos élus nationaux acceptent de prendre en compte nos spécificités lors du vote de nos lois , ou nous permettent d’adapter nous mêmes les lois de la république à nos situations spécifiques .

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