Devoir de mémoire

Plaidoyer de Pedro Pires pour la poursuite de la réflexion sur l’esclavage

16 juillet 2009

L’inscription récente du site capverdien de "Cidade Velha, centre historique de Ribeira Grande de Santiago" sur la Liste du patrimoine mondial est un élément de réconfort qui appelle à la poursuite sans ressentiment de la réflexion sur l’esclavage, a estimé mardi, à Paris, le président capverdien Pedro Pires.

« L’inscription de Cidade Velha au Patrimoine mondial donne du sens au combat que j’ai mené toute ma vie pour garantir l’identité du pays. Je ne peux que me réjouir de cette décision forte adressée au Cap Vert, terre de métissage culturel et biologique », a-t-il dit lors d’un entretien accordé à la PANA.

Réuni à Séville (Espagne) pour sa 33ème session, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a décidé d’inscrire l’ancienne capitale du Cap Vert, Cidade Velha, première ville fondée par les Européens en Afrique subsaharienne, sur la Liste du patrimoine mondial.

« Il faut continuer la réflexion sur l’esclavage, sur la traite négrière. Il ne s’agit pas de réveiller de vieux démons, mais de tirer le meilleur profit de ce que ce que les peuples métis, tant du point de vue culturel que biologique, ont pu apporter à l’humanité », a précisé le président Pires.

Il a, à cet effet, exprimé le souhait que le "Projet Route de l’esclave" porté par l’UNESCO se développe et s’étende afin que les jeunes générations puissent savoir ce que furent la traite négrière et l’esclavage.

« Ce n’est pas une démarche passéiste. Il s’agit de redonner une dimension pédagogique à cette page de notre histoire commune. Le Cap Vert, en tant que peuple métis, attache une grande importance à cette perspective », a encore dit le président Pires.


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