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31 candidats contre les députées de Saint-Denis

Une ville symbole du pouvoir socialiste cristallise le mécontentement

Manuel Marchal / 23 mai 2017

89 personnes sont candidates à un poste de député à La Réunion. C’est un record. Dans les circonscriptions concernant Saint-Denis, les deux députées sortantes soutenues par la mairie de cette commune auront face à elles 31 candidats dans les 1ere et 6e circonscription. C’est un message de mécontentement face à la politique menée par les représentants du gouvernement sortant.

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Le 1er mai dernier, les syndicats se sont arrêtés devant la mairie de Saint-Denis pour montrer leur mécontentement face à la politique suivie ces 5 dernières années. Ce bâtiment est un des symboles du pouvoir qui a aggravé la situation.

La ville de Saint-Denis est la plus grande commune des Outre-mer. Elle compte près de 150.000 habitants. Depuis le redécoupage des circonscriptions avant les législatives de 2012, elle est concernée par l’élection de deux députés. La 1ere circonscription regroupe une partie de Saint-Denis : la Montagne, le centre-ville, les Camélias et Sainte-Clotilde. La 6e circonscription comprend deux quartiers de Saint-Denis, Chaudron et la Bretagne, auxquels s’ajoutent Sainte-Marie, Sainte-Suzanne et le quartier de Cambuston à Saint-André. Lors des législatives de 2012, les électeurs des 1ere et 6e circonscription avaient désigné deux députés membres du Conseil municipal de Saint-Denis. 5 ans plus tard, ces deux élues doivent faire face à 31 candidatures. Dans la 1ere circonscription, 17 candidats brigueront les suffrages des électeurs, ils seront 16 dans la 6e.

Au cours de ces 5 dernières années, la commune de Saint-Denis a été celle qui a le plus bénéficié des nombreuses visites ministérielles. Une élue municipale, Ericka Bareigts, est même devenue ministre des Outre-mer.

Ville symbole de l’échec du gouvernement

Ce nombre considérable de candidats est l’illustration du mécontentement face au bilan du gouvernement sortant. Il se cristallise à Saint-Denis, ville symbole du pouvoir. L’an dernier, les manifestations contre la Loi Travail se sont arrêtées plusieurs fois devant le bâtiment de la mairie dirigée par le PS, pour dénoncer la complicité de ses élus avec la politique de casse sociale mise en œuvre par les lois Marcron et El-Khomri. Aujourd’hui, les deux députées sortantes cherchent à cacher leur origine PS, alors qu’elles avaient usé de la photo de François Hollande en 2012 pour convaincre les électeurs de leur donner un mandat de député.

Le logo du Parti socialiste a disparu des documents de propagande d’Ericka Bareigts, qui était pourtant encore la semaine dernière la ministre d’un gouvernement socialiste. De plus, lors du débat de jeudi dernier à la télévision, Ericka Bareigts a déclaré qu’en cas d’élection, elle siégera dans la majorité parlementaire. Elle ne fera donc pas campagne pour soutenir le programme du PS mais celui d’Emmanuel Macron. Quant à Monique Orphé, elle a carrément demandé et obtenu l’investiture de la République En Marche, le nouveau parti d’Emmanuel Macron.

Or, le nouveau pouvoir veut accentuer les mesures anti-sociales prises sous la présidence de François Hollande. Cela ne fait que confirmer l’orientation suivie au cours des 5 dernières années par les deux députées. Elles ne se sont jamais opposées aux remises en cause des acquis sociaux comme la suppression du RSTA, de la prime COSPAR, ainsi que le vote de dispositions qui facilitent les licenciements et fragilisent les syndicats.

Une autre politique avec le PCR

Dans la 1ere circonscription, le débat télévisé de jeudi dernier a montré l’émergence des forces de progrès avec la candidature de l’union PCR-Insoumise portée par Julie Pontalba. Dans la 6e circonscription, Gilles Leperlier mène la bataille du PCR pour que les citoyens de ce territoire puissent avoir un député qui ne concentre pas uniquement ses efforts sur le renforcement de la majorité municipale dionysienne conduite par Gilbert Annette. Au cours de ces 5 dernières années, Sainte-Marie, Sainte-Suzanne et Cambuston ont été abandonnés par la députée Monique Orphé. Cette orientation s’inscrivait dans le cadre de la mainmise de la mairie de Saint-Denis sur la CINOR, communauté d’agglomération comprenant outre la plus grande ville des Outre-mer, les communes de Sainte-Marie et de Sainte-Suzanne.

Les 31 candidatures face aux députées de Saint-Denis soulignent le besoin de changement après 5 années qui ont vu les difficultés de la population s’aggraver. Nul doute que ce changement se manifestera dans les urnes le 11 juin.

M.M.