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Après l’adoption de la loi dite « égalité Réelle » : Déclaration du Parti Communiste Réunionnais

Parti Communiste Réunionnais / 13 octobre 2016

Voici le texte de la déclaration rendue publique hier par le PCR, au lendemain de l’adoption en première lecture du projet de loi sur l’égalité réelle.

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« L’Assemblée Nationale vient de voter la “loi de programmation relative à l’égalité réelle outre-mer et portant autres dispositions en matière sociale et économique”.

Cette loi a été voulue par le Président de la République pour répondre à une situation jugée unanimement préoccupante dans les territoires ultra - marins. L’existence même de cette loi montre que l’égalité, pourtant inscrite dans la loi du 19 mars 1946, n’a pas été réalisée et ce, 70 ans après le vote de cette loi.

Constater que la loi de 1946 n’a pas atteint ses objectifs nécessite d’étudier les raisons pour lesquelles ceux-ci n’ont pas été atteints. Or, la présente loi n’analyse pas ces raisons et ne fait pas le bilan des 70 ans passés. Offre-t - elle néanmoins toutes les garanties pour que, cette fois, l’égalité devienne réelle, dans les 20 années à venir, comme l’annonce la loi ?

Le projet de loi, qui comportait 15 articles, a été voté à 54 articles, intégrant plus d’une centaine d’amendements de quasiment tous les groupes parlementaires. Le texte va passer au Sénat. Quelle que soit la décision du Sénat, c’est l’Assemblée Nationale qui aura le dernier mot et votera un texte sensiblement semblable à celui-là.

Sur le plan social devront donc s’appliquer des mesures qui auraient dû l’être au cours des 70 ans passés ; notamment le complément familial et les allocations vieillesse des personnes au foyer, ainsi que les allocations familiales pour les travailleurs indépendants sans restriction. Sur le plan économique, une aide au fret sera accordée pour les intrants. La LODEOM sera prorogée. Et en matière de logement social, le taux du crédit d’impôts passera de 20 % à 40 % pour aider à la rénovation du parc de logement locatif social. Enfin, la construction de 150 000 logements est programmée en 10 ans pour tout l’outre-mer. Rappelons que les besoins en logements sociaux rien que pour La Réunion est de 10 000 par an.

Ces mesures ne peuvent avoir que l’assentiment de tout le monde.

La loi prévoit que pour atteindre l’égalité réelle, des plans de convergence doivent être élaborés entre l’État et les collectivités ultra marines. Pour ce faire, ces collectivités pourront utiliser notamment les lois d’habilitation. Or ces lois d’habilitation sont interdites pour La Réunion en vertu de l’alinéa 5 de l’article 73 de la Constitution. Que penser alors de l’objectif d’égalité annoncé par la loi ?

Mais, comme le proclame la loi, est-ce qu’on atteindra pour autant l’égalité Réelle outre-mer avec la France dans 20 ans ?

L’égalité Réelle avec la France implique notamment qu’on ait le même taux de chômage qu’en France. Ce qui suppose qu’on crée, à La Réunion, 14 000 emplois chaque année, alors qu’actuellement on en crée à peine 3 000.

L’égalité Réelle signifie également que les prix des marchandises et des services soient les mêmes à La Réunion et en France. En 20 ans, l’État comblera-t-il la différence ?

L’égalité Réelle suppose aussi qu’on ait aboli les inégalités à l’intérieur de La Réunion, qui est, selon l’INSEE, le département où les inégalités sont les plus grandes. La loi votée par les députés le 11 octobre ne prévoit aucune mesure pour atteindre cet objectif.

Dans 20 ans, au terme de l’aboutissement de la loi, quelle sera la situation de La Réunion tant sur le plan démographique (150 000 habitants de plus) que sur celui des effets du changement climatique ? Dans 20 ans, la situation géo-économique de La Réunion, comme celle de chaque pays ultra-marin, sera totalement bouleversée du fait de la mondialisation, de la démographie, du climat et de l’innovation numérique.

La Réunion ne peut pas être extraite de son environnement géographique. Or, le projet de loi ne prépare pas notre pays à jouer tout son rôle dans son environnement pour un co-développement régional.

En fait, cette loi s’inscrit dans la même politique menée à La Réunion depuis 70 ans. N’ayant pas tiré les leçons des 70 ans, elle n’apportera pas ce qu’elle affirme vouloir faire : l’égalité Réelle dans 20 ans.

De plus, en ignorant les grands mouvements qui vont marquer l’évolution de la planète pour l’avenir, elle n’inscrit pas La Réunion dans un projet de développement durable et solidaire.

Si personne ne peut être contre un certain nombre de nos droits sur le plan social, qui ne sont que des rattrapages de mesures qui n’ont pas été appliquées depuis 70 ans, on ne peut pas ne pas souligner le fait qu’elle ne répond pas aux grands défis que La Réunion et les autres territoires ultra - marins auront à relever à l’avenir.

Le Secrétariat 
du Parti Communiste Réunionnais



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Messages






  • Bonnes remarques, il va donc falloir expliquer mieux encore aux jeunes :

    - que ce sont eux, qu’ils le veuillent ou pas qui paieront nos retraites, cela s’appelle le système solidaire de répartition, en travaillant, on cotise pour les gramounes d’aujourd’hui qui ont trimé durant de longues années, sans autant de sécurité que nous, de protection, sans oublier les guerres qu’ils ont connu.
    - que le travail, il ne faut pas attendre qu’il vienne servi sur un plateau, mais plutot aller là où il est pour s’en sortir, garder sa dignité, avoir des projets de famille, garder l’honneur face à la famille qui a aidé à obtenir les diplômes, denrée rare jamais autant recherchée par les employeurs.
    - que la mondialisation des marchandises implique aussi la nécessité de se déplacer, surtout sur une île frappée par l’inemploi. 65% de tau de chômage, Triste record national ?
    - qu’il n’y aura jamais le plein emploi ici, tout simplement. Pôle Emploi aide mais il faut aussi se débrouiller tout seul. Bouger.
    - se poser la question : "pourquoi je suis la meilleure pour le poste que je convoite ?" ou "pourquoi le patron me choisirait-il face aux autres ? qu’ai-je de plus à proposer ?"
    - il faut être partant, avoir un excellent savoir-être ce qui signigfie que l’on est une personne à qui on pourra faire confiance, qui a un niveau, des compétences, de la volonté, du sérieux, ponctuelle, propre, volontaire pour s’intégrer dans une équipe, un projet, capable de progresser encore, et de se remettre en question et d’être critiquée. De manière constructive, positive.

    Voilà ce que l’on peut expliquer je pense pour aider les jeunes à s’en sortir ici en particulier, en France métropole aussi. Bon courage à eux, on compte sur eux pour nos retraites. Maya.
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