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Autonomie énergétique : le pouvoir de décider

La dépendance aux énergies fossiles ne laisse que la possibilité de payer

Manuel Marchal / 31 juillet 2018

A compter du 1er août, le prix des carburants et du gaz va changer. C’est la conséquence de l’évolution d’un marché sur lequel les Réunionnais n’ont aucun pouvoir de décision, si ce n’est de payer.

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Comme tous les 1er du mois, les prix maximums des carburants et du gaz vont changer demain. Il va baisser pour le super et la bonbonne de gaz, rester stable pour le gazole. Comme ce prix maximum est toujours le prix pratiqué, ce seront ces nouveaux tarifs qui s’appliqueront demain.
A La Réunion, ce sont le gaz et les autres dérivés du pétrole qui, avec le charbon, constituent la grande majorité des sources d’énergie. Ce sont des ressources venues d’autres pays, importées à La Réunion par des sociétés extérieures à notre île, et distribuées par des filiales de groupes extérieurs. Ce secteur stratégique échappe donc complètement au contrôle des Réunionnais.
Pour fixer les prix, le préfet s’appuie sur les données communiquées par les sociétés qui vendent ces produits, ainsi que sur l’évolution des cours. Ces cours dépendent d’une variation de l’offre et de la demande sur un plan international. Les Réunionnais n’ont donc aucune prise sur cette évolution.
Dans ce système, la seule solution reste la mobilisation. C’est que les Réunionnais avaient démontré en 2009 avec le COSPAR. Ce mouvement faisant notamment suite à plusieurs mois de hausse ininterrompue du prix des carburants, en décalage avec la situation dans d’autres pays. Sous la pression de la mobilisation, les prix ont baissé et sont restés gelés pendant 6 mois. Mais dès que le mouvement est retombé, le même système a repris sa domination, ne laissant aux Réunionnais qu’un seul pouvoir : celui de payer.
C’est précisément cette dépendance aux décisions des autres que remet en cause le projet d’autonomie énergétique. En effet, il remplace les énergies fossiles importées par la transformation à La Réunion de sources d’énergies renouvelables disponibles en abondance. Il n’y a donc plus besoin de dépenser de l’argent pour faire venir une source d’énergie. La seule importation, c’est celle des machines transformant l’énergie en électricité, si elle ne peuvent pas être fabriquées à La Réunion.
L’autre aspect de l’autonomie énergétique, c’est la relocalisation de tous les emplois liés à la consommation énergétique à La Réunion. Car actuellement, les Réunionnais paient des emplois créés ailleurs pour l’extraction, le transport et la négociation des prix des énergies importées.
Gageons que le projet d’autonomie énergétique puisse être relancé, afin que les Réunionnais puissent avoir le pouvoir de décider dans un secteur aussi stratégique que l’énergie.

M.M.



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  • J’ai toujours trouvé qu’importer, donc déjà payer et polluer l’air pour importer du pétrole et dérivés, pour une fois débarqué sur une île quelle qu’elle soit, pour polluer de nouveau en brulant, tout ça pour récupérer de l’énergie mécanique qui sera transformer en énergie électrique pour la transporter dont en perdre encore un peu plus pour au final chauffer de l’eau ou des marmittes à riz, c’était vraiment un cas concret d’une hérésie, tout simplement. Même si on entend dire que c’est plus facile, soit, il faut reconnaître que c’est pas vraiment top, et qu’il y a mieux à faire si on pense au devenir de la planète et de ceux qui en dépendent, c’est à dire nous, nos enfants vivants et à naître, la vie animale et végétale, l’air que l’on respire.
    Pas besoin d’avoir son bac ou de savoir lire pour comprende cela. Le processus de réchauffement est lui aussi "en marche", on commence à en voir de mieus en mieux les conséquences, Arctique, Antarctique, Archipels au raz de l’eau comme le Kiribati où les habitants qui n’ont rien demander que de vivre en paix, harmonie, pensent désormais à abandonner leur îles !

    Entre les alizés, le soleil et surtout la géothermie que nous offre le volcan, il y a de quoi faire ici non ? Le Japon, la Nouvelle-Zélande, l’Islande et la Guadeloupe l’on compris ; faut s’y mettre. Associées au train "TER-PEI" reliant St Benoît à St Joseph, c’est à la foir possible, révutionnaire, propre, et pourvoyeur d’emplois durables, enfin. Les téléphériques participeront j’espère aussi à ce changement de paradigme nécessaire pour l’avenir, tout simplement, alors à quand le début du début ? Arthur.

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