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La Section communiste du Port alerte la population

De graves erreurs d’un maire

Témoignages.re / 8 janvier 2019

Ce lundi 7 janvier, plusieurs responsables de la Section du Port du Parti Communiste Réunionnais, dont sa secrétaire Firose Gador, ont tenu une conférence de presse pour attirer l’attention de la population sur les carences préoccupantes de la municipalité en place. Ils ont également fait part aux journalistes de leurs projets pour changer la vie municipale au Port. Nous publions ci-après de larges extraits de l’intervention de Firose Gador à ce sujet.

Sabine Letoullec, Patricia Fimar, Firose Gador et Norbert Vincent, des responsables de la Section communiste du Port à la conférence de presse de ce lundi.

« 1) En premier lieu, lors de la dernière séance du Conseil municipal, un certain nombre de rapports et des commentaires de la municipalité nous interpellent. Tout d’abord les orientations budgétaires : sans vouloir faire une analyse exhaustive à ce sujet, je voudrais revenir sur un point qui a d’ailleurs été relevé par la presse et qui a fait l’objet de débats : c’est la reconduction de la lourde augmentation de la taxe foncière : 16%. Le Port est la seule commune de La Réunion à avoir augmenté la taxe foncière en 2018 (Saint-Leu a augmenté la taxe d’habitation) et dans de telles proportions.

Dans ces conditions, parler de justice sociale comme le fait le maire c’est faire preuve de mauvaise foi puisque non seulement les entreprises sont impactées mais également plusieurs milliers de propriétaires de maisons individuelles, les propriétaires de logements très sociaux, d’appartements, les propriétaires de LES dans les opérations RHI qui subissent eux aussi cette augmentation inique de la taxe foncière. Nous avons interpellé le maire pour qu’il revienne sur cette décision injuste à l’occasion du prochain vote du budget 2019. Au lieu d’entendre le cri de détresse des Portois frappés par la grande pauvreté et la misère, que nous avons relayé, on a vu l’arrogance et le mépris de la majorité en coupant court au débat qui serait à leurs yeux “périmé”.

2) Second point : nous avons vu en décembre dernier, suite à une délibération prise par le conseil municipal, l’installation par la municipalité d’un conseil municipal des enfants. Nous partageons l’idée que “Les marmailles c’est l’avenir” comme l’a titré un journal. Les 22 membres de ce conseil ont été désignés par les écoliers eux-mêmes ; un budget lui sera alloué et des commissions seront mises en place pour étudier des projets à l’image du Conseil municipal.

D’abord on pourrait dire que cette initiative est intéressante pour contribuer à l’apprentissage des enfants à la citoyenneté... sauf que l’actuelle majorité ne nous semble guère exemplaire en matière de gestion démocratique. Par exemple, bien que le travail des commissions soit de la plus haute importance, force est de constater qu’elles ne se réunissent pratiquement jamais. Dans les rapports soumis à l’approbation du conseil il n’y a pratiquement jamais d’avis de commissions. Ce sont là de graves carences de transparence, de démocratie et on voit mal cette municipalité jouer un rôle d’éducation et de transmission de principes et de valeurs.

Par ailleurs, l’image donnée par la municipalité à travers certains faits divers est peu compatible avec la notion d’éducation populaire. À plusieurs reprises en effet, on a vu des proches du maire être convoqués devant des juges pour de graves délits et le comble c’est ce qu’on a appris dans la presse : la municipalité elle-même s’est portée partie civile, au grand dam des avocats, dans une affaire opposant deux bandes rivales au Port.

Cela a provoqué de notre part une interpellation du maire, lors de la séance du 10 juillet 2018, pour avoir des explications sur cette implication de la Ville en soutien à des personnes impliquées dans des affaires judiciaires. Dans le procès verbal de cette réunion du Conseil on peut lire : “Le maire propose de transmettre une réponse écrite à Mme GADOR”. On n’a jamais eu cette réponse promise par le maire.

Par contre, on a eu droit à une pitoyable tentative de démenti du maire dans le journal municipal numéro 2 (page 22) dans un des rectificatifs signés ‘’la rédaction’’). Ainsi selon la rédaction du journal municipal qui écrit sous l’aval du maire : “La Ville ne s’est jamais constituée partie civile dans aucune affaire”. C’est là un mensonge absolu et pour s’en convaincre il suffit de consulter dans la presse écrite ‘’Le JIR’’ et ‘’Le Quotidien’’ du samedi 7 juillet 2018 pour avoir la preuve que la municipalité ment effrontément. Dans les 2 journaux il est clairement fait état de la décision du maire de se constituer partie civile et même de demander des dommages et intérêts. Sous d’autres cieux le mensonge d’élus peut coûter cher. Au Port, le maire ne recule pas devant le mensonge. Un mauvais exemple donné à nos enfants et tout particulièrement aux membres du conseil municipal des enfants.

3) Ensuite, revenons, sur les enseignements à tirer des élections professionnelles du personnel de la commune du Port en décembre 2018. Ces élections ont marqué la fin de la suprématie de la CGTR, qui a été le syndicat majoritaire - et de loin - pendant plusieurs décennies. Au vu des résultats, la SAFPTR a 293 voix et 2 sièges ; FO a 292 voix et 2 sièges ; la CGTR a 288 voix et 2 sièges. La CGTR arrive en 3ème position et perd ces élections et aussi l’un de ses bastions. C’est également un échec pour le maire qui a, en sous-main, “fait” pour le syndicat perdant, la CGTR.

4) Enfin, parlons du bulletin municipal : la Loi a fixé, en matière de publications d’une ville, les droits et obligations des élus n’appartenant pas à la majorité municipale. Ainsi, dans un bulletin municipal d’une ville comme Le Port, un espace est réservé à l’expression des groupes de l’opposition. Cette expression doit naturellement être libre et conforme aux règles de droit. Au Port ce droit est dévoyé par la collectivité qui s’érige en détentrice de la vérité. Elle se permet d’apporter des rectificatifs aux contributions de l’opposition, en utilisant au besoin des mensonges pour discréditer l’opposition aux yeux de l’opinion.

De fait, cet espace d’expression est devenu un espace sous contrôle et cela ne nous semble pas conforme à l’esprit de la loi. Le journal communal est entièrement voué à la propagande en faveur de l’exécutif. Après avoir sans cesse affirmé qu’il a mis fin à 40 ans d’inertie, on voit dans le journal ‘’Le Port Koméla’’ que le maire tente de s’approprier sans vergogne les projets initiés par l’équipe de Jean-Yves Langenier.

La lecture de l’éditorial du maire est à ce propos édifiante. Il y affiche sa satisfaction : “Pour nous au Port, 2018 a été une année intense avec l’aboutissement de différents grands projets”, écrit-il. Outre les travaux ordinaires d’entretien des équipements communaux, il cite l’ouverture du marché couvert et le prochain démarrage des travaux du projet ‘’Portes de l’Océan’’. Mais dans sa volonté de s’accaparer toute la paternité et le mérite de ces 2 projets, il passe totalement sous silence leur genèse.

Le maire n’a pas eu devant lui une page blanche ou 40 ans d’inertie, comme il se plaît à le dire, et on est en droit d’attendre qu’il ne se contente pas de s’approprier le travail des autres mais qu’il fasse preuve d’esprit de créativité et apporte sa pierre à la poursuite du développement de notre ville. C’est pour cela que la population du Port l’a élu ».

Correspondant