Actualités

Emplois aidés : « on ne peut pas s’en passer »

Rôle essentiel de ces travailleurs précaires dans le fonctionnement des communes

Manuel Marchal / 27 octobre 2017

Les maires et leurs représentants ont fait part hier de leur grande inquiétude si les emplois aidés étaient supprimés.

JPEG - 101.6 ko
Manifestation de maires et d’élus contre la baisse des emplois aidés à La Réunion.

Pour les maires et leurs représentants hier en conférence de presse, la fin annoncée des emplois aidés pour 2019 est une catastrophe. René Mondon, maire des Avirons déclare : « on ne peut pas s’en passer, les Réunionnais ne demandent qu’à travailler ».

Stéphane Dijoux, 1er adjoint au maire de Saint-Pierre, souligne que sa commune dénombre « 20.000 demandeurs d’emploi. Nous ne sommes plus en mesure de recevoir nos concitoyens, 90 % des rendez-vous portent sur une demande d’emploi. Les associations vont mourir demain ».

Serge Hoareau, maire de la Petite Île, rappelle que le tiers des agents de sa commune sont des emplois aidés. Sans ce dispositif, comment répondre à la détresse sociale ?

Olivier Hoarau, maire de Saint-Philippe, pense que le gouvernement règle ses comptes avec La Réunion après des élections où les résultats ne lui ont pas été favorables. « Il est nécessaire de conserver ces dispositifs ».

Jacquet Hoarau, 1er adjoint au maire du Tampon, note « une énorme incompréhension avec le pouvoir central ». La suppression des emplois aidés aura pour conséquence une montée de l’insécurité, « la fragilisation des quartiers et des familles ».

Axel Vienne, adjoint au maire de Saint-Joseph, souligne que 53 % des agents de la commune sont des emplois aidés. Ils contribuent à la sécurité et à la tranquillité de leurs concitoyens.

Gilles Hubert, 1er adjoint de la maire de La Possession, dénonce le flou autour des Assises des Outre-mer. Il rappelle que sa commune a anticipé sur la fin des emplois aidés en opérant des recrutements permanents. La part des contrats aidés a diminué à 20 % de l’effectif total des agents. Les charges de personnels ont augmenté et la commune est épinglée à ce sujet par la Chambre régionale des comptes. L’État veut-il un service public au rabais pour les citoyens, dit-il en substance.

Daniel Jean-Baptiste, 1er adjoint au maire de la Plaine des Palmistes, met en évidence des répercussions dans tous les secteurs, à cause du manque à gagner pour l’économie réunionnaise. Il rappelle également que dans les Hauts, le secteur marchand crée peu d’emplois.

Ahmed-Aly Faizal, 6e adjoint au maire du Port, lit une lettre de l’association Coccinelle, en charge d’une crèche. Elle devra mettre la clé sous la porte.

Pour sa part, Expédit Totora, représentant du maire de Sainte-Suzanne, indique que dans sa commune, 800 personnes postulent pour des emplois aidés, « qui va leur dire qu’il n’y a plus d’emploi ? Comment faire pour les écoles ? Il faut que l’État prenne des décisions ».

Quant à Erwine Boyer, représentante du maire de Saint-Benoît, elle dénonce « un mépris de la population réunionnaise ». En effet, ces contrats aidés sont souvent le seul moyen d’échapper temporairement au chômage.

M.M.