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Filière canne : toujours l’incertitude pour l’après 2021

Le syndicat reçu par un conseiller de la ministre

Manuel Marchal / 20 septembre 2019

La CGPER a rencontré hier un conseiller de la ministre des Outre-mer. Ce dernier a confirmé l’incertitude qui pèse sur l’avenir de la filière canne après 2021, date de fin de la Convention canne actuelle incluant d’importants soutiens publics dont l’aide compensatrice à la suppression du quota sucrier de 28 millions d’euros. La CGPER regrette également que les visites ministérielles ne montrent qu’un aspect minoritaire de l’agriculture réunionnaise.


Jean-Michel Moutama, Axel Hoarau et Isidor Laravine représentaient hier la CGPER.

« Chaque fois qu’un ministre vient à La Réunion à La Réunion, il ne voit que les représentants de 25 % de l’agriculture réunionnaise », c’est un des messages que la CGPER a transmis hier à Annick Girardin, ministre des Outre-mer, par l’intermédiaire d’un de ses conseillers qui a reçu Jean-Michel Moutama, Isidor Laravine et Axel Hoarau, membres de la direction du syndicat.

Les 75 % invisibles sont tous les producteurs indépendants qui ne sont affiliés à aucune structure, et qui ne sont jamais au programme des visites officielles. La séquence agriculture de la ministre aujourd’hui à Saint-Pierre continue de s’inscrire dans cette vision.

Au cours de l’échange, il a été notamment question de l’avenir de la filière canne. A la sortie, la CGPER a constaté que le gouvernement ne compte pas renouveler dans les mêmes conditions le versement de l’aide compensatrice à la suppression du quota sucrier. Ces 28 millions annuels permettent au sucre réunionnais destiné à devenir du sucre blanc de pouvoir concurrencer en Europe le sucre de betterave.

Des questions se posent à Paris. Tout d’abord pourquoi verser un montant identique chaque année alors que la production varie. Sans oublier un argument déjà évoqué à la DAAF : ces 28 millions seront prélevés sur les aides reçues par les agriculteurs en France.

Autant dire que l’avenir de la filière reste toujours incertain après la fin de la Convention canne actuelle en 2021, et 2021 c’est demain car la canne se plante pour plusieurs années.

Sur les inquiétudes des exportateurs de fruits suite à un nouveau règlement imposant un double contrôle sanitaire, les productions qui pourraient en souffrir sont la mangue et le letchi, en raison de la crainte de prolifération de la mouche orientale en France. Rien ne dit qu’à quelques semaines des Fêtes, période cruciale pour les producteurs, le problème puisse être réglé d’ici là.

Sur l’élevage, le conseiller de la ministre a trouvé anormal le comportement de la SICALAIT qui a exclu récemment deux éleveurs. La SICALAIT aurait dû racheter les animaux concernés aux éleveurs, et ne pas les exclure. Ceci a contribué à un geste de désespoir qui s’est traduit par une prise d’otage.

Enfin, sur la question des relations entre les sociétés coopératives et les agriculteurs, l’État suit de très près cette affaire. Car ces sociétés bénéficient d’aides importantes du contribuable.

Au terme de cet échange, la CGPER a remis au conseiller ministériel un dossier présentant une analyse et des propositions.

M.M.