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"Gilet Jaune" n’est pas "casseur"

Le gouvernement veut une nouvelle loi "anticasseurs"

Témoignages.re / 9 janvier 2019

Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé une nouvelle loi "anticasseurs" avec la création d’un fichier spécifique identique à celui des anti-hooligans, comme voulu par des syndicats de policiers.

Le Premier ministre promet aussi un dispositif de sécurité "considérable" pour l’acte IX des "gilets jaunes", prévu le 12 janvier. A contrario, les "gilets jaunes" dénoncent eux régulièrement un amalgame entre leur mouvement et les "casseurs".

Mobilisés depuis près de deux mois, les "gilets jaunes" ne veulent pas être associés aux casseurs, qui viennent en marge de leur mouvement de protestation.

Le gouvernement renforce la sécurité

"Dans bien des villes de France, les manifestations se sont passées pacifiquement, mais nous ne pouvons pas accepter que certains profitent de ces manifestations pour déborder, pour casser, pour brûler. Ceux-là n’auront jamais le dernier mot dans notre pays", a affirmé Edouard Philippe sur TF1.

De son côté, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a assuré qu’"à l’ultra violence nous opposerons l’ultra fermeté", lors de ses voeux aux forces de sécurité. Le gouvernement compte lancer en parallèle de ce système hyper sécuritaire, un "grand débat national" à partir de la semaine prochaine.

Pourtant depuis le début de la mobilisation des "gilets jaunes", le 17 novembre 2018, 5.600 personnes ont été placées en garde à vue et quelque 1.000 condamnations prononcées par la justice, a précisé lundi Édouard Philippe.

Lors de "l’acte VIII", le 5 janvier, qui a rassemblé 50.000 personnes, 345 personnes ont été interpellées dans toute la France, dont 281 placées en garde à vue.

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Edouard Philippe accorde tout au syndicat de policiers

Les images de violences lors ou en marge de manifestations des "gilets jaunes" ont fait le tour du monde depuis le début de ce mouvement inédit. Ces violences visent autant les forces de l’ordre prises à partie, que des symboles comme l’Arc de Triomphe tagué, des quartiers de Paris vandalisés, ou encore des manifestants blessés dans tout le pays.

Face à cette nouvelle flambée de violences, le Premier ministre a répondu "oui" à la demande des syndicats de policiers, dont Alliance, qui veut la création d’un fichier de personnes interdites de manifestations.

Pour le secrétaire général adjoint du syndicat de police Alliance, Frédéric Lagache, les mesures annoncées par l’exécutif, loi d’orientation, création d’un fichier et durcissement des sanctions contre les casseurs sont "une bonne chose".

Cette nouvelle loi anticasseurs devrait par exemple passer de la contravention au délit pour les gens agissant le visage masqué.

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Pour le gouvernement, c’est la faute à l’opposition

Le gouvernement a vivement critiqué l’opposition, coupable à ses yeux de ne pas ou de ne pas assez condamner les violences. La macronie a aussi dénoncé la volonté de ses opposés de vouloir s’engouffrer dans cette crise pour "essayer de récupérer" la colère.

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux a dénoncé "une capitulation morale et intellectuelle". Une remarque destinée au leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

De son côté, le patron du parti Les Républicains (LR) Laurent Wauquiez a critiqué les mesures annoncées par le Premier ministre Edouard Philippe les jugeant "sans efficacité immédiate". Le Rassemblement national de Marine Le Pen a demandé la dissolution de l’Assemblée nationale.

Pour Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, le Premier ministre "promet plus d’arrestations ? On veut plus de pouvoir d’achat !". En effet, la question du pouvoir d’achat, de la cherté de la vie, sont les principales des préoccupations des manifestants, qui l’ont mentionné les cahiers de doléances ouverts dans toute la France.