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« L’avenir lié à notre fidélité aux combats de Paul Vergès »

Un grand séminaire à l’Université sur l’œuvre du fondateur du PCR

Correspondant Témoignages / 7 mars 2017

Près d’une centaine de personnes — étudiants, universitaires, militants culturels, politiques, associatifs et autres — ont participé ce lundi 6 mars à l’Université de La Réunion sur un séminaire sur ‘’Paul Vergès : une pensée des relations et des complexités’’. Les exposés très intéressants présentés sur ce thème par quatre spécialistes ont été suivis d’échanges enrichissants avec le public, ouvrant des perspectives à des réflexions sur nos engagements pour continuer les luttes de ce communiste réunionnais à dimension internationale.

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À la tribune lors de la première séquence : Elie Hoarau, président du PCR, Ary Yée Chong Tchi Kan, secrétaire du PCR, M. Jauze, doyen de l’UFR de Lettres, et André Oraison, professeur des Universités.

Ce séminaire, organisé par les universitaires Salim Lamrami et Carpanin Marimoutou, a été ouvert en début d’après-midi par M. Jauze, le Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, qui a fait une belle allocution pour accueillir les participants et féliciter les organisateurs. Après avoir rappelé que le 28 novembre dernier la Faculté avait déjà organisé un après-midi d’étude sur « cette figure importante de La Réunion et de l’océan Indien », il a souligné « l’importance d’insérer l’Université dans la société réunionnaise en valorisant les grands hommes qui ont marqué notre Histoire ».

Ensuite, Ary Yée-Chong-Tchi-Kan, membre du Secrétariat du PCR, a présidé la première séance en donnant la parole à André Oraison, qui a mis l’accent sur ‘’Les dernières grandes propositions du sénateur Paul Vergès en héritage : les réformes institutionnelles nécessaires pour permettre aux Réunionnais de prendre leurs responsabilités au sein de la République’’. Des réformes résumées dans la création indispensable d’une collectivité territoriale unique à La Réunion, avec des compétences nouvelles et des moyens financiers supplémentaires, comme l’a rappelé avec force le professeur de Droit public à l’Université.

L’avènement d’un nouveau monde

Le deuxième intervenant fut Élie Hoarau, président du Parti Communiste Réunionnais, qui a démontré clairement en quoi Paul Vergès fut « un penseur du monde contemporain » et, de fait, « un grand combattant du communisme », dont « les idées sont toujours d’une actualité brûlante ». Après avoir rappelé les quatre grandes problématiques universelles sur lesquelles l’ancien maire du Port, président de Région et parlementaire ne cessait d’attirer l’attention — le réchauffement climatique, la croissance démographique, la mondialisation capitaliste et la révolution technologique —, il a mis l’accent sur l’importance d’une réflexion collective à ce sujet.

En effet, pour Élie Hoarau, l’avènement d’un nouveau monde, libéré du mode de développement capitaliste pour la recherche du profit, est une question vitale pour l’humanité, comme ne cessait de le répéter Paul Vergès depuis des décennies. Il est donc indispensable d’aider nos compatriotes à en prendre conscience et de contribuer à leur rassemblement pour assumer leurs responsabilités afin d’agir dans ce sens.

« Notre patrie c’est l’humanité »

Ces deux interventions furent suivies d’échanges avec le public avec des contributions intéressantes de plusieurs personnalités comme par exemple Guy Pignolet, Fabrice Vendomèle, Jules Dieudonné, Hervé Boismery, Manuel Marchal, Didier Le Strat… Et ensuite démarra la seconde séance, présidée par l’écrivain Bernard Idelson, qui donna d’abord la parole à l’universitaire Salim Lamrami sur ‘’l’internationalisme de Paul Vergès et du PCR’’.

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Salim Lamrani a rappelé l’attitude de Paul Vergès face à l’invasion de la Tchecoslovaquie en 1968 : une condamnation sans équivoque.

À cette occasion furent rappelés les nombreux combats menés par le PCR depuis sa fondation en 1959 « en faveur d’une solidarité sans faille avec les causes nobles de l’humanité », notamment ceux pour soutenir les peuples malgache, chagossien, sud-africain, vietnamien et cubain. Dans tous ces combats, comme l’a souligné Salim Lamrami, Paul Vergès a toujours plaidé pour la lutte contre la misère dans le monde, en s’appuyant par exemple sur cette célèbre pensée d’un grand penseur communiste, José Marti : « notre patrie c’est l’humanité ».

De prochains rendez-vous

Le dernier exposé fut celui de l’universitaire Carpanin Marimoutou, sur le thème suivant : ‘’Les rencontres interculturelles et le processus de créolisation : la notion d’intraculturalité dans la pensée de Paul Vergès’’. Celui qui a travaillé plusieurs années avec Françoise Vergès pour réaliser la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise a expliqué à quel point ce projet était un moyen très important pour cultiver notre intraculturalité réunionnaise en nous imprégnant personnellement et collectivement des atouts considérables de notre interculturalité.

Le séminaire s’est terminé par de nouveaux échanges passionnants sur ces deux sujets, en particulier avec des contributions de Hervé Boismery, Brigitte Croisier, Raoul Lucas, André Oraison, qui a appelé les Réunionnais à continuer le combat pour le droit des Chagossiens de retourner dans leur pays. Enfin, Ary Yée-Chong-Tchi-Kan a annoncé de prochains rendez-vous pour « construire un avenir des Réunionnais et de l’humanité lié à notre fidélité aux combats de Paul Vergès » comme l’a dit Élie Hoarau : la création d’un Institut Paul Vergès et un Forum des Îles de l’Indianocéanie.

Correspondant