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L’espérance de vie : acquis inestimable de la lutte des Réunionnais

Contribution des communistes aux progrès du pays

Manuel Marchal / 22 février 2017

Dans son édition d’hier, le « Journal de l’île » souligne que l’augmentation de l’espérance de vie est à mettre au crédit de la départementalisation. L’analyse des faits historiques apporte un autre éclairage sur l’allongement de la durée de vie. En effet, avant la création du Parti communiste réunionnais et le début de la bataille pour l’autonomie, la situation sanitaire de notre île était moins enviable qu’à Madagascar, en Corée qui sortait d’un conflit meurtrier ou dans les anciennes colonies françaises d’Afrique. C’est ce que rappelle une étude publiée en 1958, 12 ans après la départementalisation.

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Ce tableau publié dans Témoignages du 8 février 1958 rappelle que 12 ans après la départementalisation, La Réunion était un des pays au monde les plus touchés par la malnutrition.

L’article publié hier à la une du « Journal de l’île » d’hier indique que l’allongement de l’espérance de vie est un gain de la départementalisation. Pour cela, il s’appuie sur le rapport d’une mission du ministère de la santé et de la population envoyée dans notre île quelques temps après le passage du cyclone de 1948. À cette époque, la situation sanitaire de La Réunion était catastrophique. Les Réunionnais manquaient de tout. À titre d’illustration, le seul frigo de l’hôpital destiné à conserver les médicaments était en mauvais état.

Si les données de ce rapport reprises par le « JIR » ne souffrent d’aucune contestation, force est de constater que les droits contenus dans le texte de la loi du 19 mars 1946 se sont faits longtemps attendre. Les statistiques publiées hier montrent une hausse de l’espérance de vie au cours des 10 premières années de la départementalisation. Or au-delà de ces chiffres, il était une réalité qui plaçait toujours La Réunion parmi les pays les plus touchés par la misère au monde.

1958 : La Réunion dans les plus pauvres du monde

Reprenant une étude de Bachet, Témoignages du 2 février 1958 soulignait que « les Créoles manquent de tout. Ils manquent de calories. Ils manquent de lipides. Ils manquent de glucides. Ils manquent de vitamines. Ils manquent de sels minéraux. Enfin leur alimentation est qualitativement déséquilibrée ». « On constate que la ration journalière représente une moyenne de 1781 calories. Etant donné qu’il a été fait mention dans ce tableau de nombre de produits consommés exclusivement par les classes aisées (beurre, charcuterie, chocolat…) il est évident que cette moyenne est en réalité un optimum alimentaire pour les classes pauvres, qui représentent au moins les 90 % de l’océan Indien. On peut ainsi affirmer que la ration quotidienne du Créole adulte ne dépasse pas 1900 calories ».

« Ce beau département, paradis d’Eden de l’océan Indien », se classe donc au rang des pays du monde les plus sous-développés (Corée, Iran, Mexique…). Il est dans une situation inférieure encore à celle de pays qualifiés de sous-développés comme l’Afrique noire en général, l’Inde… dont le potentiel alimentaire se situe aux environs de 2000 calories ».

Telle était la situation 12 ans après la départementalisation.

1959 : création du PCR

La création du PCR repose sur une analyse à un moment donné. En 1959, l’état de La Réunion n’avait guère changé au cours des 13 années qui avaient suivi l’abolition du statut colonial. Pour sortir de cette impasse, les communistes ont décidé de transformer leur fédération en Parti communiste réunionnais, et de choisir le mot d’ordre d’autonomie. Cette décision a ouvert une nouvelle étape dans les luttes. Grâce aux combats des Réunionnais aux côtés des communistes, la France a dû appliquer l’égalité promise dans la loi du 19 mars 1946. Cela s’est fait au fil des batailles victorieuses menées par les progressistes. Ce sont ces luttes qui ont permis aux Réunionnais de bénéficier progressivement d’un allongement de leur espérance de vie. Sans l’orientation prise en 1959 par les communistes, l’histoire aurait été différente.

M.M.