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L’urgence d’une autre politique pour respecter la jeunesse

Journée internationale de la jeunesse sur fond de grave crise à La Réunion

Manuel Marchal / 13 août 2018

Ce 12 août marquait la Journée internationale de la jeunesse. La jeunesse c’est l’avenir d’un pays, mais à La Réunion ce potentiel ne cesse d’être gaspillé. Notre île est en effet soumise à un système qui rejette plus de la moitié des jeunes de moins de 25 ans sortis de l’école dans le chômage. D’où la nécessité d’une autre politique.

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Au premier Forum politique des îles de l’océan Indien, la jeunesse était notamment mise en avant.

Avec 1,8 milliard de personnes âgées de 10 à 24 ans, le monde n’a jamais compté autant de jeunes qu’aujourd’hui. Mais 24 millions d’entre eux ne sont pas scolarisés. Et près d’un enfant sur dix dans le monde vit dans des zones de conflit. Selon l’ONU, « l’instabilité politique, les défis du marché du travail et un accès limité à la participation politique et civique ont conduit à un isolement croissant des jeunes dans les sociétés ».

Le 12 août, c’est la Journée internationale de la jeunesse célébrée à l’initiative de l’ONU. C’est en 1991 que les jeunes réunis à Vienne (Autriche) pour le premier Forum mondial de la jeunesse organisé par le système des Nations Unies ont proposé d’instaurer une Journée internationale de la jeunesse. Le Forum recommandait qu’une telle Journée soit célébrée en partenariat avec des associations de jeunes dans l’objectif plus particulier d’organiser des activités promotionnelles et d’appels de fonds pour soutenir le Fonds des Nations Unies pour la jeunesse. En 1998, par une résolution adoptée lors de la première Conférence mondiale des ministres de la jeunesse - tenue par le Gouvernement portugais en collaboration avec les Nations Unies à Lisbonne du 8 au 12 août 1998 - le 12 août a été déclaré Journée internationale de la jeunesse. Cette recommandation a ensuite été entérinée lors de la cinquante-quatrième session de l’Assemblée générale par l’adoption de la résolution A/RES/54/120, en date du 17 décembre 1999 et intitulée « Politiques et programmes mobilisant les jeunes.

Exil au chômage

Dans notre île, la jeunesse est placée en marge par le système en place. En effet, plus de la moitié des jeunes sortis de l’école sont au chômage. Cette situation n’est pas nouvelle. Elle avait déjà été mise en évidence en 1982 lors de la Marche de la jeunesse réunionnaise pour l’emploi. 36 ans plus tard, les jeunes restent la partie de la population pour qui l’accès à l’emploi est le plus difficile. Beaucoup choisissent l’exil, car ils estiment qu’ils n’ont aucune perspective à La Réunion.
C’est pourtant la jeunesse qui constitue l’élément le plus dynamique d’une société. C’est aussi elle qui doit se former pour ensuite assumer la direction des affaires de son pays. Mais dans le cadre actuel, cette ambition ne peut être réalisée. C’est un handicap considérable pour La Réunion, et c’est la source d’un légitime sentiment d’injustice qui peut parfois se manifester de manière violente.
Aucune élection n’a permis de régler ce problème, ce qui permet de comprendre pourquoi il est bien difficile pour les jeunes de participer au processus électoral. C’est une des raisons de la crise de la démocratie dans notre île.

Préparer une nouvelle génération

Tout ceci souligne l’urgence d’une autre politique, afin de respecter la jeunesse. Cela passe par la recherche du plein emploi, afin que les jeunes ne soient plus contraints au choix entre le chômage et l’exil. Cette recherche du plein emploi peut s’inscrire dans une politique de co-développement avec nos voisins. C’est ce qu’a montré le premier Forum politique des îles organisé les 2 et 3 août dernier à Antananarivo à Madagascar. Des jeunes ont été invités à prendre la responsabilité d’être les rapporteurs de différents ateliers. Ceci leur permet de se préparer à défendre leur cause quand ils devront prendre les rennes de leurs pays.

M.M.