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La course contre la mort

Colloque « 70 ans de la départementalisation : quels enseignements pour l’avenir »

Manuel Marchal / 6 octobre 2016

En 1948, une inspection du ministère de la Santé publique et de la Population avait diagnostiqué la disparition des Réunionnais.

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Après l’intervention d’Yvan Combeau, Mario Serviable a présenté le rapport de Jean Finances, venu en 1948 pour faire un état des lieux du nouveau département de La Réunion suite à une demande du ministère de la Santé publique et de la Population. Juste après le passage d’un cyclone ravageur, La Réunion était alors en pleine crise. La première priorité était la course contre la mort. 85 % de la population impaludée, des maladies telles que la lêpre, tuberculose frappaient durement. 70 % du parc immobilier était détruit par le cyclone.

Jean Finances a diagnostiqué la disparition des Réunionnais, et mettait le doigt sur la nonchalance de l’administration.

Il préconisait alors une révolution blanche pour améliorer la situation sanitaire : l’obligation d’envoyer à La Réunion que des fonctionnaires d’élite, possédant un sens aiguisé de ce qui est possible. Cela s’est notamment traduit par la construction de l’hôpital Felix Guyon entre 1953 et 1957, et par d’importants progrès dans la santé. L’inspecteur proposait aussi de régler la question de la croissance démographique par l’envoi des Réunionnais vers l’eldorado malgache.

Mario Serviable constate que la départementalisation assimilationniste n’a duré que 10 ans, la rupture se situe selon lui dans la lettre d’Aimé Césaire à Maurice Thorez. Il note que l’analyse de cet échec était également partagée par les deux députés communistes de La Réunion, Paul Vergès et Raymond Mondon.