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La génération FJAR-UFR à la tête de la Région Réunion

Huguette Bello seule candidate à la présidence de la Région Réunion

Manuel Marchal / 2 juillet 2021

L’élection qui se déroule aujourd’hui au Conseil régional marque un profond renouvellement de l’assemblée aussi bien au niveau de sa composition que de son programme politique.

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11 années de présidence de Didier Robert prennent fin ce matin. Le quorum est en effet atteint à la Région Réunion, tous les conseillers régionaux issus de l’élection du 27 juin sont présents.

Seule candidate, Huguette Bello sera donc élue à la tête de la Région Réunion.
Comme l’a rappelé le doyen d’âge Wilfrid Bertile, ce changement de gouvernance s’inscrit dans une dynamique. Elle s’est traduite en 1971 par le retour des communistes aux directions de plusieurs mairies grâce à la lutte contre la fraude électorale, d’autres progressistes étaient également arrivés à la direction des collectivités.
Ce mouvement progressiste fut un des acteurs du développement de la Région Réunion jusqu’à 2010, où une remise en cause des missions de la collectivité a été observée. Sous la présidence de Didier Robert, la majorité du budget de la Région est consacré au fonctionnement, alors que sous ses prédécesseurs, le fonctionnement ne représentait que le tiers des dépenses.

En 2008, les élections municipales avaient vu le retour du PCR à la direction de communes telles que Saint-Paul, Saint-André ou Saint-Louis, s’ajoutant à Sainte-Suzanne, La Possession et Le Port. A ce moment, Paul Vergès avait salué l’arrivée aux responsabilités d’une nouvelle génération de dirigeants. Jusqu’alors, les élus communistes étaient essentiellement des fondateurs du PCR, qui avaient donc connu la période de la répression. 2008 marquait l’émergence de la génération qui fut formée au sein du Front de la jeunesse autonomiste réunionnaise (FJAR) ou de l’Union des femmes de La Réunion (UFR). Les divisions ont empêché que cette dynamique s’applique à la Région Réunion pour que l’Alliance continue sa politique de développement durable.

Depuis 2010, la Région Réunion a donc subi une politique radicalement différente de celle pour laquelle la collectivité a été conçue. La multiplication des aides distribuées généreusement pour aider ceux qui n’en ont pas besoin à voyager ou à acheter des ordinateurs a orienté la Région Réunion dans une optique de guichet de distribution d’aides diverses.
Pendant ce temps, l’investissement était plombé par le chantier de la route en mer, impossible à terminer selon l’orientation voulue par Didier Robert.
Autant dire que le changement de majorité à la Région Réunion était une urgence qui s’imposait. Une nouvelle histoire va donc s’écrire, et elle est marquée par le retour du Parti communiste réunionnais dans la majorité du Conseil régional, qu’il n’avait pas quitté entre 1983 et 2010. Un PCR présent dans la majorité au moment où la génération issue du FJAR et de l’UFR prend la direction de la Région Réunion.

M.M.