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La justesse du combat de Paul Vergès contre la route en mer

Dimanche 12 novembre, hommage au fondateur du PCR : des combats à poursuivre

Manuel Marchal / 9 novembre 2017

Depuis une semaine, les travailleurs du viaduc de la route en mer sont unis pour demander un juste salaire en raison de l’augmentation des cadences pour tenter de rattraper le retard. En conséquence, tout est bloqué. Jusqu’au bout, Paul Vergès a lutté contre ce projet inadapté, un combat à poursuivre.

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Depuis la suppression du chemin de fer, les Réunionnais paient le lourd prix d’une erreur d’aménagement. En effet, les autorités de l’époque avait choisi de sacrifier un mode de déplacement qui marchait très bien par une route construite en pied de falaise. À peine quelques jours après son inauguration, la route du littoral était fermée à cause d’un éboulis. Il a fallu construire une seconde route du littoral. C’est l’itinéraire actuel mis en service en 1978. À l’époque, les promoteurs avaient assuré que la nouvelle structure était à l’abri de tous les dangers. Il a fallu rapidement se rendre à l’évidence. Les usagers ne sont en effet pas à l’abri des chutes de pierres, et en plus la route est constamment attaquée par la houle. En 2007, l’État a décidé de construire une troisième route. Néanmoins, les Réunionnais pouvaient avoir l’espoir que ce problème de sécurisation allait être réglé. En effet, l’accord signé en janvier 2007 entre l’État et la Région prévoyait des financements croisés pour la réalisation de deux infrastructures : un tram-train et la nouvelle route du littoral. Si le calendrier avait été suivi, les deux ouvrages seraient déjà terminés. Mais la décision de la majorité qui a pris le pouvoir à la Région en 2010 a tout remis en cause. L’accord Robert-Fillon a en effet transféré les crédits prévus sur le tram-train et la nouvelle route du littoral sur une route en mer. Depuis, les déboires s’accumulent.

Viaduc et digue à l’arrêt

En effet, pour satisfaire les transporteurs qui avaient organisé le blocus de la Région en novembre 2008 et en juillet 2009 pour combattre l’ancienne majorité, le choix a été fait de construire la majorité de l’ouvrage en digues. Les besoins en matériaux sont considérables et les carrières de La Réunion ne peuvent y répondre. Aussi, les automobilistes peuvent constater qu’entre La Possession et la Grande Chaloupe, les travaux n’ont toujours pas commencé. Ce retard ne peut que déboucher sur une dérive des coûts.

L’autre partie de l’itinéraire est prévue en viaduc. Mais là aussi, les difficultés s’accumulent. Les travailleurs doivent faire face à une hausse des cadences pour tenter de combler le retard qui s’accumule. Et pour ne rien arranger, les promoteurs du chantier doivent faire face à un aléa de taille. La structure du sol sous-marin empêche en effet de creuser les fondations de deux piliers du viaduc. Une expérimentation imprévue est donc tentée : poser ces deux gigantesques structures sur une dalle en béton.

À cela s’ajoute le facteur humain. Les travailleurs du viaduc considèrent que leur emploi ne correspond plus au contrat pour lequel ils ont été engagés, car le rythme s’est accéléré ce qui impose donc une intensité plus importante. Ils demandent donc une compensation financière. Pour le moment, les bénéficiaires du marché ne veulent pas satisfaire cette revendication. Ils ont été obligés de faire grève pour se faire entendre. En conséquence, le chantier du viaduc est bloqué depuis une semaine. Or, tout jour de retard se traduit par une hausse du coût du chantier, et ce sont les contribuables qui doivent payer, notamment ceux qui n’utiliseront jamais la route en mer.

Un combat à poursuivre

Le combat contre l’erreur de la route du littoral et le projet de la route en mer étaient des causes qui étaient chères à Paul Vergès. Le dirigeant refusait que les Réunionnais soient condamnés à payer continuellement des erreurs d’aménagement. En effet, la connaissance sur les effets du changement climatique soulignent que les constructions sur le littoral sont à proscrire, ce qui est d’autant plus vrai si l’ouvrage est en mer en raison de la montée du niveau des océans et la menace des cyclones.

Aujourd’hui, la situation est bloquée et les Réunionnais assistent en direct à ce fiasco. Ces faits donnent raison à l’engagement de Paul Vergès pour une alternative au projet de la route en mer. Plus que jamais, il est essentiel de poursuivre ce combat.

M.M.



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  • Le mieux c’est qu’ils démissionnent, ce projet je dois pas être finalisé !

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  • Les réunionnais n’ont pas fini de payer les conséquences de ce mauvais choix pour la réalisation d’un des ouvrages qui constitue une pierre d’angle dans la construction de la société réunionnaise .

    Le choix de construire sur la mer un ouvrage aussi important relève pour le moins d’un dérangement mental de la part des concepteurs et du décideur compte tenu des difficultés à étudier sérieusement .la nature du terrain , mais aussi compte tenu du fait qu’a l’époque où le choix a été fait le problème de la hausse du niveau de la mer suite aux conséquences du réchauffement climatique était déjà bien connu .

    Mais malgré les imprécisions techniques du dossiers , et malgré la connaissance d’une évolution climatique très défavorable à une route en mer et malgré aussi la possibilité de choisir d’autres solutions plus faciles à réaliser et moins coûteuses ce choix manifestement inapproprié a été maintenu .

    Aujourd’hui les réunionnais payent les conséquences de ce mauvais choix . Ils n’ont plus d’argent pour réaliser d’autres projets d’importance capitale parce que la capacité financière de la région a été engloutie dans la route en mer ; ils passent des heures interminables dans les bouchons parce que la construction de la route en mer augmentent le nombre de jours de fermeture de la route actuelle et l’incertitude sur la date d’achèvement des travaux empêchent certains responsables économiques de programmer l’évolution de leurs entreprises .

    Démarrée en 2014 ,cette route en mer devait être livrée au plus tard 5 ans après le début du chantier , mais on constate malheureusement que le chantier a déjà pris plus d’un an de retard et qu’il risque d’être bloqué définitivement si on ne trouve pas une solution pour la construction de sa partie digue qui est actuellement en panne .

    Bien entendu , comme on a déjà dépensé plus de la moitié du budget prévu pour les travaux déjà réalisés et même voté une rallonge de plusieurs centaines de millions pour les travaux restant à réaliser . il est difficile d’envisager sérieusement de stopper le chantier pour recommencer autre chose , mais on pourrait au moins modifier le dossier et supprimer la partie digue pour la remplacer par deux tunnels (un pour chaque sens de circulation) pour relier la Grande Chaloupe à la Possession .

    Mais apparemment cette idée laisse de marbre les personnes concernées . Elles veulent à tout prix continuer ce qui a été prévu malgré les problèmes constatés . C’est l’équivalent d’une prise en otage de la population réunionnaise .Jusqu’à quand celle ci va t-elle se laisser manipuler et escroquer . Il y a longtemps que l’époque des maîtres venus d’ailleurs qui viennent imposer des décisions inadaptée au pays est révolue .En persistant dans l’erreur les personnes qui construisent cette route en mer pourraient créer un sentiment de révolte qui pourraient leur couter très cher . Chacun sait que la colère du peuple peut conduire à des évènements imprévisibles .

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  • A cette erreur monumentale , il parait que la commune de Saint Denis est prête à ajouter une autre erreur encore plus grosse, celle qui consiste à dépenser près de 600 millions d’euros pour construire un tunnel sous le Barachoix pour relier la nouvelle route en mer au boulevard nord de saint Denis tout en laissant les automobilistes qui traversent Saint Denis mariner dans les embouteillages qui continueront de sévir à chaque intersection du boulevard Sud et du Boulevard Lancastel .

    Vous avez bien lu : 600 millions d’euros sans que cette folie ne puisse apporter une solution aux embouteillages provoqués par la traversée de Saint Denis que ce soit par le nord ou par le sud . Le dossier d’appel d’offres serait pratiquement prêt mais les Dionysiens ne réagissent pas .apparemment ils sont prêts à gober n’importe quoi .

    300 millions d’euros pour 1Km en mer et 600millions d’euros pour un tunnel sous le Barachoix ce serait normal pour eux ; et bien entendu les autorités administratives et comptables laissent faire sans réagir .

    Après on s’étonne que monsieur Macron veuille rogner les ailes des collectivités locales . Notre président de la république a bien raison . Donner carte blanche à des irresponsables qui se foutent de l’intérêt général c’est leur donner le droit de faire toutes les conneries qu’ils veulent . Après eux c’est le déluge .

    Au fait quand est ce que l’on instituera un contrôle de la légalité sur les marges réalisées par les entreprises sur leurs marchés publics ?. Cela pourrait peut être permettre d’éviter que le prix d’un KM de route monte à 300 millions d’euros et celui de 600m de tunnel sous le Barachoix n’atteigne 600 millions d’euros .

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  • Il est bien entendu nécessaire de relier la nouvelle route en mer au boulevard Nord de Saint Denis par une route à 4 voies , mais pourquoi faut il absolument la passer en tunnel ?. On peut également élargir la route nationale qui passe sur le Barachois et créer des passages souterrains pour permettre aux Dionysiens d’aller sur le bord de mer du Barachois comme on l’a fait pour la route qui mène au cimetière .On peut aussi prévoir des accès piétons par des passerelles aériennes .

    Au lieu de creuser une tranchée pour le passage de la route et de la recouvrir de béton pour agrandir l’espace de loisir du Barachois , la commune pourrait envisager de gagner de l’espace sur la mer . Elle est peu profonde entre la rivière Saint Denis et la gare du nord . Il suffirait de la combler sur une largeur de 100 à 150m pour créer une belle zone de loisir sur le barachois et d’y réaliser une plage artificielle et un petit port de plaisance . Cette zone pourrait être accessible aux véhicules automobiles par une nouvelle rue qui elle pourrait être reliée au réseau routier de la ville par des passages souterrains passant sous la quatre voies que l’on va créer pour relier la nouvelle route en mer au boulevard Lancastel .

    Il s’agirait d’un projet d’aménagement urbain qui devrait être conçu et réalisé en même temps que celui de la 4 voies mais avec un financement différent . Sur les 600 millions que l’on veut dépenser dans le projet de tunnel on pourrait prendre environ 70 millions pour élargir la route nationale actuelle jusqu’à l’échangeur de la caserne Lambert et construire un nouveau pont sur la rivière Saint Denis , et le reste pourrait être affecté à la réalisation d’échangeurs tant sur le boulevard sud que sur la route nationale en front de mer depuis l’échangeur du chaudron . Ce qui permettrait aux gens qui veulent seulement traverser d’Est en Ouest ou inversement de passer sans être obligés de ralentir et de créer des bouchons pour les dionysiens .

    La zone du Barachois deviendrait la zone d’animation principale de la capitale et pourrait même attirer les habitants des villes voisines si on y réalise une plage artificielle et des espaces de jeux , qui intéressent tout le monde ( pas seulement les joueurs de pétanques ) Evidement il faudra prévoir de la place pour les manifestations du 14 juillet ou les organiser ailleurs .

    A mon avis il y a mieux à faire avec les 600 millions que l’on veut mettre dans un tunnel sous le barachois . Ce que je propose a été déjà fait par les mauriciens lorsqu’ils ont fait passé une 4 voies en bord mer à Port Louis dans le secteur du Caudan . Ils ont construit des passages sous terrains pour passer sous leur Quatre voies et non une 4voies qui passe sous le quartier , et le résultat est magnifique et ça fonctionne très bien . Pourquoi ne pas faire la même chose sur le secteur du barachois à Saint Denis .

    Et quand on y regarde de plus près, a t-on vraiment besoin de 600 millions pour relier la 4 voie du bord de mer à la nouvelle route en mer ? C’est de la foutaise . Combien a coûté la partie souterraine du boulevard Sud ? Combien ont coûté les passages souterrains de la route des tamarins ? On est loin des 600 millions d’euros . Certes le projet qui est présenté actuellement prévoit une retouche de la zone de loisir du barachois , mais ne pourrions nous pas être un peu plus ambitieux pour l’aménagement de cette zone ?

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