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« La population du Port de plus en plus inquiète »

Un tract de la Section communiste du Port

Témoignages.re / 21 juillet 2018

Mardi dernier, le Comité de Section du Port, animé par sa secrétaire Firose Gador, a adopté un projet de tract sur les problèmes auxquels sont confrontés les Réunionnais(es) et en particulier les Portois. Ce tract a été distribué ce vendredi matin au marché forain de l’Oasis par plusieurs militants communistes et il a été bien accueilli par la population. En voici le texte intégral.

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Les grands discours présidentiels sont une chose, la réalité vécue par les Réunionnais en est une autre. Et cette triste réalité, c’est une vie de plus en plus difficile pour une grande partie de la population. La situation se dégrade au fur et à mesure que sont prises les décisions du gouvernement. Des décisions qui s’attaquent toutes aux catégories les plus en difficulté. Qu’on en juge :

L’Allocation Logement pour l’accession à la propriété est supprimée. Cela signifie la fin des projets de logements sociaux pour des centaines de familles dans les opérations RHI du Port et de La Réunion. Elles attendaient ce logement promis par l’Etat, qui renie ses engagements. Leur frustration et leur colère sont légitimes. De plus 500 entreprises et 2.000 emplois sont menacés. Il faut se mobiliser toujours plus pour arracher le rétablissement de cette allocation logement.

Les retraités, les plus modestes surtout, ont été gravement lésés par la hausse de la C.S.G. décidée par le gouvernement. Retraites diminuées, donc pouvoir d’achat amputé. Et les pensions de reversion, dont bénéficient 80 % des femmes veuves, sont elles-mêmes menacées d’amputation ou de suppression.

Les emplois aidés ont été supprimés pour une très grande part. Décision catastrophique dans la situation de chômage hors norme dont souffre La Réunion.
Les dotations aux collectivités locales ont été fortement baissées, ce qui réduit les moyens pour mener la politique sociale qu’on attend d’elles.

Des postes de fonctionnaires sont supprimés à la vitesse grand V, mettant en danger les services publics (santé, enseignement, lien social…) dont les plus démunis ont le plus besoin.

La plus grande conquête du modèle social français, la Sécurité Sociale, est même menacée dans sa pérennité. La privatisation la menace, sous couvert de “modernisation”.

Toutes ces mesures sont autant d’agressions contre le pouvoir d’achat et les conditions de vie des Réunionnais.

Face à cette détérioration de leur vie quotidienne, les Portoises et les Portois sont en droit d’attendre de la municipalité qu’elle soit un rempart qui protège d’abord les plus pauvres. Malheureusement force est de constater que l’actuelle équipe municipale ne joue pas ce rôle.

Que retient-on du réaménagement des tarifs de la cantine scolaire ? Que la réduction ne bénéficie pas aux quotients familiaux les plus modestes. Tous les tarifs sont en baisse… « seule la tranche la plus basse n’évolue pas » observe un commentateur de la presse écrite.

Que retient-on de la cohésion de l’équipe municipale ? Qu’elle n’existe plus (si elle a jamais existé !). « La raison de ma démission de mon poste d’adjointe au maire » explique l’adjointe démissionnaire en s’adressant à la « population portoise » et au « personnel communal », c’est que « j’ai perdu confiance en la gouvernance de M. le maire » « ne trouvant pas les valeurs de respect et de progrès social que j’ai toujours défendues ».

Quant à la lutte contre l’insécurité, cheval de bataille du maire, quelle est-elle en réalité dans ce contexte de violences ouvertes à répétition ? Le sentiment d’insécurité n’a-t-il pas été renforcé récemment lors du dernier procès d’une « guerre des clans » où beaucoup ont été stupéfaits de voir la municipalité se porter partie civile, « malgré les lourds sous-entendus qu’implique ce choix » comme l’écrit un journal local ?… Ce qui fait dire à un avocat de la partie adverse : « Je n’ai jamais vu ça. Pourquoi s’associer à un clan ? Si on pousse ce raisonnement jusqu’au bout, la rivalité ne se calmera jamais ».

Lors du dernier conseil municipal le 10 juillet dernier, interpellé par Firose Gador, le maire a promis une réponse écrite sur le sujet. On l’attend avec intérêt.

La section portoise du P.C.R.