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La tentative de Didier Robert de régionaliser les municipales a échoué : perte de plus de 10000 voix et 17,5 points à Saint-Denis

La Section PCR de Saint-Denis fait le bilan des élections municipales

Manuel Marchal / 16 juillet 2020

Didier Robert à Saint-Denis en 2015 : 29000 voix et 58,5 %
Didier Robert à Saint-Denis en 2020 : 18400 voix et 41 %
Didier Robert a perdu 10000 voix et 17,5 points par rapport aux régionales de 2015

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Mathieu Raffini, Julie Pontalba, Alain Gravina et Ary Yée Chong Tchi Kan représentaient hier la Section communiste de Saint-Denis.

La Section PCR de Saint-Denis représentée par Alain Gravina, secrétaire, Julie Pontalba et Mathieu Raffini, nouveaux élus de la majorité dionysienne, et Ary Yée Chong Tchi Kan. Son analyse est la suivante : lors de la campagne des municipales à Saint-Denis, Didier Robert, président de la Région Réunion, a jeté tout le poids de sa fonction dans la bataille. Combien de fois, a-t-il eu droit aux médias sous couvert de sa fonction régionale ? Des membres de son cabinet se sont mis en congé pour coordonner la campagne. Au final, le candidat Président du Conseil Régional est largement battu.

Au premier tour, Ericka Bareigts comptabilise 17 285 voix. Didier Robert enregistre 10 073. En pourcentage, Ericka Bareigts obtient 42,69 % des suffrages exprimés et Didier Robert 24,88 %.
Il est battu par une différence de 7212 voix, soit 17,81 %.

Au deuxième tour, Ericka Bareigts obtient 26 309 suffrages, soit 58,88 %.
Didier Robert en obtient 18 368, soit 41,11 %. Presque 8000 voix de différence.
Sur la base de ces résultats, Ary Yée Chong Tchi Kan, rappelle que Didier Robert « devait être l’homme providentiel, parachuté du Tampon, il devient le plus mauvais candidat dans son propre camp. Il fait moins bien que René-Paul Victoria candidat en 2008 et en 2014 ».

Le plus mauvais candidat de la droite à Saint-Denis depuis longtemps

En effet et pour rappel, précise la Section PCR de Saint-Denis :
• En 2020, au premier tour, il obtient 24,88 % mais René Paul Victoria avait obtenu 25,37 % en 2014 et 34,55 % en 2008.
• Au deuxième tour, il obtient 41,11 %. René Paul Victoria avait obtenu 43,29 % en 2014 et 46,17 % en 2008.

Le constat est le même en nombre de voix.
• En 2020, au premier tour, il rassemble 10 073 voix. RPV a compté 13 117 en 2014 et 23 752, en 2008.
• Au deuxième tour, le palmarès est de 18 368 pour lui, très éloigné des performances de Victoria 24 886, en 2014, et 23 752, en 2008.

« L’échec est retentissant, car le candidat, estampillé Président de Région, avait sur sa liste René Paul Victoria et Michel Lagourgue, les 2 précédentes têtes de liste aux municipales de 2014, plus le Conseiller Général Jean-Jacques Morel et la députée Nadia Ramassamy, sans compter les Conseillers Régionaux et Conseillers municipaux de l’opposition », explique Ary Yée Chong Tchi Kan.

Battu à Saint-Denis et dans l’île

« Ses amis sont battus, dans des villes importantes comme Saint-André, Tampon et Saint-Paul. Le seul maire présent avec lui à la Trinité le 15 décembre 2019 est battu à Cilaos », souligne-t-il.

Et de constater que « pour saisir l’ampleur de l’échec, il faut savoir que Didier Robert avait obtenu sur Saint-Denis, au deuxième tour des Régionales de 2015, 58,47 % des exprimés, soient 28 817 voix. Cette fois, il n’a obtenu que 41,11 %, soient 18 368 voix. Entre les 2 scrutins, il a perdu 17,36 % ». Dit autrement : « 10 449 électeurs qui avaient voté pour lui en 2015 n’ont trouvé aucun intérêt à sa candidature municipale. La sanction est considérable (-17,36 points) ».

Dès lors, la Régionalisation des Municipales, vécue comme une pré-campagne des Régionales, a été fatidique pour Didier Robert. De plus, en s’enfermant à Saint-Denis, il a été inopérant pour les autres grandes communes qui constituent pourtant de gros réservoirs de voix.

Conclusion : « Didier Robert a perdu Saint-Denis. Il vient de perdre la Région. C’est probablement la plus grande leçon à retenir de ce scrutin ».