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Le cumul des mandats pose problème à la Région Réunion

De nombreux conseillers régionaux absents pour cause de campagne électorale

Manuel Marchal / 17 juin 2017

La Région Réunion compte de nombreux élus adeptes du cumul des mandats. L’absence de nombreux d’entre eux à la séance plénière d’hier pose un problème, car ils ont privilégié leur campagne électorale à leur présence à un débat sur le vote d’un budget supplémentaire de 250 millions d’euros pour la route en mer. Tout élu siégeant dans une institution régionale devrait se consacrer pleinement à cette tâche et ne pas avoir d’autre mandat. S’il compte en briguer un autre, alors il devrait démissionner dès qu’il fait acte de candidature. Ceci permettra de respecter le choix des électeurs qui ont donné leur voix à des personnes qui doivent les représenter à la Région.

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Hier lors de la séance plénière de la Région Réunion, un fait notable était l’absence quasi-totale de l’opposition. Ce fait a été justifié par la campagne électorale des législatives. Pourtant, les élus de la majorité étaient presque tous là, dont des candidats. L’opposition a tenu à dénoncer le fait que cette assemblée se tienne pendant une campagne électorale. Or, le fond du problème, ce n’est pas le calendrier, mais le cumul des mandats.

En effet, depuis le départ de l’Alliance du Conseil régional, le nombre d’élus cumulards a considérablement augmenté dans cette institution. Nombreux étaient en effet les nouveaux élus de l’opposition qui avaient déjà un voire deux mandats. Sur ce plan, la situation est la même dans la majorité. Le redécoupage des cantons a entraîné le départ de plusieurs maires du Conseil général devenu Conseil départemental. Ces maires ont retrouvé un deuxième mandat à la Région en étant élu sur la liste conduite par Didier Robert. Le Conseil régional est donc une assemblée marquée par le cumul des mandats.

Un choix clair

Lors de ces élections législatives, plusieurs conseillers régionaux aspirent à devenir député ou à le rester. Ils sont donc engagés dans la campagne électorale. Pour plusieurs d’entre eux, il était plus important ce vendredi de tenter de convaincre des électeurs plutôt que de participer aux travaux d’une assemblée. Personne n’a obligé ces conseillers à siéger à la Région, ils ont brigué et obtenu les suffrages des électeurs pour accéder à cette fonction.

Ils ont donc fait le choix d’être absent hier. Or, s’il avait bien une assemblée plénière à laquelle il fallait être présent, c’était bien celle d’hier. Le vote d’un budget supplémentaire de 250 millions d’euros pour financer la poursuite des travaux de la route en mer était à l’ordre du jour. 250 millions d’euros, c’est quasiment l’équivalent de la somme investie par Paul Vergès pour construire le boulevard Sud de Saint-Denis, ou le tiers du budget initial de la Route des Tamarins, ou encore la part régionale nécessaire à la construction de 10 lycées en cas de complément par les fonds européens. Il eut en effet été intéressant de connaître le point de vue de tous les élus de la Région sur cette question. Mais la conquête d’un mandat supplémentaire a été jugée plus importante pour beaucoup d’autres.

Une personne, un seul mandat

Ceci permet de démontrer que les lois actuelles régissant le cumul des mandats ne sont pas suffisantes. Il est nécessaire d’aller plus loin. Tous les élus siégeant dans une collectivité compétente dans des domaines touchant tous les Réunionnais devrait se consacrer pleinement à ce mandat et n’en avoir aucun autre. Il faudrait aussi qu’un élu de cette collectivité souhaitant briguer un autre mandat présente sa démission dès qu’il fait acte de candidature. Ceci permettra de maintenir les effectifs de cette assemblée au complet, même en cas de campagne électorale.

Le cumul des mandats est un grave problème pour le fonctionnement des institutions, la séance plénière d’hier à la Région Réunion l’a une nouvelle fois souligné.

M.M.