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Le FLNKS à la tête d’une « majorité océanienne » au Congrès de Nouvelle-Calédonie

Élection d’un président indépendantiste à la direction l’assemblée territoriale

Témoignages.re / 25 mai 2019

En Nouvelle-Calédonie, ce ne sont pas les élections européennes qui sont l’événement principal de l’actualité politique mais les conséquences des élections dans ce territoire autonome de la République. Le Congrès de Nouvelle-Calédonie sera présidé par un indépendantiste, Roch Wamytan. Le FLNKS a réussi à constituer une majorité qui a fait basculer l’assemblée et ouvre la voie à l’élection d’un président indépendantiste en Nouvelle-Calédonie. La dynamique créée à l’occasion du scrutin d’autodétermination s’est donc bien confirmée et va sans doute passer par la convocation d’un nouveau vote sur l’indépendance.

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Roch Wamytan (FLNKS) a été élu président du Congrès de Nouvelle-Calédonie.

La majorité de Congrès de Nouvelle-Calédonie est passée sous la direction des indépendantistes menés par le FLNKS. C’est un véritable coup de tonnerre qui a ébranlé les institutions de ce pays doté d’une large autonomie. La constitution du nouveau gouvernement devrait suivre la même tendance et les conditions sont réunies pour que le prochain président de la Nouvelle-Calédonie soit un indépendantiste.

Le 4 novembre 2018, une consultation sur l’avenir du statut de la Nouvelle-Calédonie avait vu une forte progression de la ligne indépendantiste avec plus de 43 % des suffrages dans un scrutin marqué par une forte participation. Ce score était supérieur à toutes les prévisions.

« Une majorité océanienne et c’est historique »

Lors des élections territoriales qui ont suivi, les indépendantistes menés par le FLNKS ont vu leur nombre d’élus au Congrès augmenter. Avec 26 élus, ils étaient à deux voix de la majorité absolue. Ils ont réussi à concrétiser cette progression en obtenant le ralliement d’un parti, l’Éveil Océanien, traditionnellement membre de la mouvance anti-indépendantiste. L’Éveil Océanien est une organisation politique défendant les intérêts d’immigrés venus notamment de Wallis et Futuna, autre territoire autonome de la République. Cette communauté représente près de 35.000 personnes en Nouvelle-Calédonie, et de 10 % du corps électoral.

C’est l’indépendantiste Roch Wamytan qui a été élu président avec 29 voix sur 54. « C’est une majorité océanienne et c’est historique », a-t-il déclaré. Cette majorité est composée des 26 élus indépendantistes, et des trois de l’Éveil Océanien. L’Avenir en confiance, parti arrivé en tête d’un scrutin à la proportionnelle à un tour, et Calédonie ensemble sont donc désormais dans l’opposition.

« Il est temps que les Océaniens, qui entretiennent des échanges millénaires mais qui ont été séparés par les frontières de la colonisation et artificiellement opposés, se retrouvent aujourd’hui autour de valeurs ancestrales et qu’ils puissent les partager avec toutes les populations qui vivent dans ce pays océanien, leur pays d’adoption », a affirmé Roch Wamytan dans son discours d’investiture, « ce mandat va clôturer solennellement le processus d’émancipation et de décolonisation de la Nouvelle-Calédonie ».

« Un nouveau modèle, moins inégalitaire »

Milakulo Tukumuli, chef de file de l’Éveil Océanien, a dit avoir « choisi ce qui est le mieux pour l’avenir des calédoniens », « la France ou l’indépendance, ce n’est pas la question. Notre ligne s’inscrit dans une certaine majorité océanienne mais nous sommes des hommes libres ». En phase avec les indépendantistes sur de nombreux sujets sociaux et économiques, les membres de l’Éveil océanien souhaitent « un nouveau modèle, moins inégalitaire ».

Dans ce paysage politique, l’Avenir en confiance apparaît comme la force la plus déterminée à maintenir le statu quo institutionnel. Elle promettait d’empêcher l’organisation du prochain scrutin d’autodétermination prévu l’année prochaine, et de celui de 2022 organisé en cas de refus de l’indépendance en 2020. Mais le résultat des élections territoriales a confirmé la progression des thèses indépendantistes dans la population.