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Le PCR appelle à la mobilisation contre la casse sociale

Le Parti communiste réunionnais et les projets d’ordonnance pour changer le Code du Travail

Manuel Marchal / 9 juin 2017

Les projets d’ordonnance visant à modifier le Code du Travail présentés par le gouvernement sont une « violence institutionnalisée » estime le Parti communiste réunionnais. Le PCR interpelle tous ceux qui se rendent complices par leur silence d’une nouvelle tentative de démolition des droits sociaux. Le PCR se classe résolument aux côtés des travailleurs, et rappelle que l’alternative immédiate, c’est d’élire des députés du PCR qui s’opposeront résolument à la casse sociale.

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Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR, et Yvan Dejean, porte-parole, ont souligné que « plus que jamais, il faut se préparer au combat et faire en sorte que les candidats du PCR puissent être députés à l’Assemblée nationale ».

Maurice Gironcel souligne que la nouvelle loi travail est un grand danger pour les travailleurs, « c’est la préparation d’une démolition du Code du Travail ». Le gouvernement a dévoilé le calendrier et les pistes de travail avant les ordonnances. « Il veut aller au pas de charge pour tout boucler au mois de septembre », précise le secrétaire général du PCR qui constate que « les syndicats se disent très vigilants et craignent de ne pouvoir tout traiter dans les délais qui sont impartis. Ils attendent de voir les propositions du gouvernement ».

Yvan Dejean rappelle que ce projet est la suite de la loi El-Khomri qui est passée en force avec le 49-3. Le PCR s’était mobilisé en solidarité avec les travailleurs. Le nouveau pouvoir veut gouverner par ordonnances en excluant de modifier la moindre virgule de son projet, puisque la méthode empêche les parlementaires d’amender. « Le PCR dénonce une méthode brutale, et un contenu d’une rare violence », affirme le porte-parole, « des acquis sociaux issus d’années de lutte sont menacés. Le Code du Travail ne protègera plus les travailleurs d’accord d’entreprise moins favorables que la loi. C’est une violence institutionnalisée dénoncée par le PCR qui refuse de se taire ».

Licenciements facilités

« Celles et ceux qui se taisent se rendent-ils compte qu’ils se rendent complices de ce qui se prépare contre tous les travailleurs ? », poursuit-il, « notre rôle est de sonner l’alarme pour que s’organise la lutte contre la casse sociale ».

Le PCR dénonce un projet qui s’applique sur une orientation libérale avec des protections sociales abolies et la porte ouverte à toutes sortes de dérives.

Yvan Dejean cite trois exemples.

Les licenciements seront facilités. Il sera possible de négocier en amont et à l’échelle de l’entreprise le motif du licenciement. Si le niveau de vente d’un commercial n’est pas atteint, le licenciement devient automatique sans possibilité de recours.

Avec le plafonnement des dommages et intérêts en cas de licenciement abusifs, un employeur peut prévoir un “budget licenciement“. De plus, le niveau des indemnités légales de licenciement, la durée de période d’essai, les préavis de licenciement pourraient être négociés au niveau de l’entreprise.

La primauté de l’accord d’entreprise sur le contrat de travail est une grave menace. Actuellement, les modifications du contrat de travail doivent être acceptées par le salarié qui signe un avenant. Le gouvernement veut mettre fin à cette protection.

« Tout cela conduit à l’affaiblissement des syndicats, ce qui n’est pas pour améliorer les conditions du dialogue social », souligne Yvan Dejean.

Graves conséquences à La Réunion

Les conséquences d’une telle loi seront dramatiques à La Réunion, avec déjà plus de 180.000 demandeurs d’emploi et une précarité de plus en plus grande. « C’est comme si en France le gouvernement devait faire face à une situation de 10 millions de chômeurs », rappelle le PCR. « Toutes ces mesures seraient une attaque sans précédent contre la population, nous serons opposés résolument et aux côtés des travailleurs », déclare Yvan Dejean.

« Le PCR alerte les travailleurs. Nous récusons celles et ceux qui camouflent leur étiquette. L’alternative immédiate, c’est de soutenir les candidats du PCR aux législatives. Ils s’opposeront à la casse sociale résolument et défendront les droits des travailleurs réunionnais », précise-t-il, « la situation de La Réunion est qualifiée de « hors norme » sur le plan social. Aucune solution ne saurait venir de Paris, c’est à nous Réunionnais d’élaborer notre projet de développement. Le projet en cours montre la conséquence de l’intégration ».

Le PCR appelle à définir une autre politique, pour que les Réunionnais puissent gérer leurs affaires dans la République. « Tout justifie la demande d’une collectivité territoriale adossée à un fond de développement », indique le porte-parole du PCR.

Elire des députés PCR

Maurice Gironcel rappelle les luttes menées à La Réunion pour obtenir RSTA et prime COSPAR, soit 150 euros par mois. « Ce 13e mois a été remis en cause sous la présidence de François Hollande en 2013, Emmanuel Macron était à l’époque conseiller à l’Elysée ».

Le PCR dénonce également la chasse aux chômeurs, avec la mesure prévoyant la radiation au bout du refus de deux offres d’emploi. Il alarme sur un système de retraite en danger et de nouvelles pertes de pouvoir d’achat à prévoir. « L’augmentation de la CSG se traduira par une baisse de revenu de 250 euros par an pour un salaire de 1200 euros, 300 euros pour 1500 euros », prévient Maurice Gironcel qui conclut : « plus que jamais, il faut se préparer au combat et faire en sorte que les candidats du PCR puissent être députés à l’Assemblée nationale ».

M.M.